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La productivité, clé de prospérité, dit le FMI

27 juin 2006, 00:00

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Moins de règles, plus de rendement. La dérégulation de l?emploi aura un effet positif sur la productivité. Le dernier country report du Fonds monétaire international (FMI) sur Maurice soutient qu?un marché du travail assoupli pourra accommoder plus d?opportunités pour récompenser l?effort des salariés.

Le faible taux de productivité est au c?ur de nos déséquilibres macroéconomiques. Des salariés et des technologies plus performantes pourront aider l?économie à rester compétitive face au démantèlement des filets de protection commerciale.

Il est vital, selon le FMI, que le taux de change de la roupie ne subisse pas à lui seul tout le poids de cet ajustement. En d?autres termes, la dépréciation de la roupie ne peut se substituer indéfiniment à des politiques visant à encou-rager la productivité et l?efficience de la main-d??uvre, de même que les autres intrants à la production.

Le FMI invite le gouvernement à investir davantage dans le capital humain à travers l?éducation, la formation et les technologies nouvelles pour s?assurer d?une main-d??uvre plus productive. D?autre part, la refonte du système centralisé des salaires, dont le démantèlement des tripartites, s?inscrit dans le droit fil des actions pour rehausser la compétitivité de l?économie.

?La décentralisation du système de déterminer les salaires pourra renforcer le lien entre la productivité et les salaires et éviter une inflation des salaires dans des secteurs peu compétitifs?, écrivent les rédacteurs du country report.

Mais il faut aussi agir sur d?autres leviers, suggèrent-ils. Des initiatives monétaires pourront enlever la pression sur la monnaie locale et s?attaquer au déficit du compte courant de la balance des paiements. Une hausse du taux d?intérêt devrait améliorer l?attrait des actifs financiers libellés en roupies. Et renforcer la monnaie locale face aux devises des pays fournisseurs.

Il faut raffermir les fondamentaux du taux de change de la roupie pour éviter une dépréciation trop prolongée et une chute dans nos réserves internationales, dit le FMI. ?Même si les réserves nettes de la Banque de Maurice sont à un niveau confortable, celles-ci ne sauraient financer un déficit du compte courant qui résulte d?une perte de compétitivité.?

Les menaces sur les réserves en devises doivent être prises avec beaucoup de sérieux, surtout dans un contexte où nos industries d?exportation traditionnelles sont en déclin. Les recettes d?exportation peinent à suivre la cadence des importations accentuées, du coup, par la flambée des cours pétroliers.

Le country report rappelle la situation délicate du sucre et du textile-habillement, malmenés par la libéralisation commerciale. La fin de l?Accord multifibre dans le textile a enlevé les barrières quantitatives qui protégeaient Maurice de concurrents féroces dont la Chine, le Pakistan et l?Inde. L?industrie sucrière, de son côté, fait les frais de la réforme sucrière en Europe, avec, à la clé, une baisse de 36 % du prix garanti d?ici 2009.

Les analystes du FMI disent prendre note des mesures initiées par le gouvernement pour restructurer, moderniser et diversifier l?économie. ?Les perspectives économiques dépendent de la capacité du pays à améliorer l?efficience et la productivité. Toutefois, ses qualités d?adaptation (...)ses institutions solides, son niveau de capital humain et sa cohésion sociale indiquent qu?il peut assurer une croissance durable?, dit le rapport.

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