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La première victoire de l?Icac
Les millions engloutis par l?Independent Commission against Corruption (Icac) auront cette fois servi à quelque chose. La commission a remporté sa première affaire en cour cette semaine, avec la condamnation de l?ancien patron du Central CID, l?ACP Oozageer Sunneechurra, qui était accusé d?avoir reçu un pot-de-vin.
On reprochait à l?assistant commissaire de police d?avoir logé gratuitement à l?hôtel Oberoi avec des proches entre le 2 et le 4 août 2002, alors que son équipe enquêtait sur une sombre affaire de chantage et de vols dans cet établissement cinq-étoiles de Pointe-aux-Piments.
Dans son verdict rendu mardi en cour intermédiaire, la magistrate Véronique Kwok a estimé que les éléments réunis par la commission démontrent que le fonctionnaire de police a bien accepté une gratification dans l?exercice de ses fonctions. Et elle l?a condamné à trois mois de prison.
Un jugement contesté
Mais le jugement est contesté par l?ACP Sunneechurra et son homme de loi, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, qui ont fait appel. Des points, comme le fait que des témoins susceptibles d?avoir corroboré la version de l?accusé n?ont pas été appelés à la barre, sont mis en avant.
La caissière que le policier et son beau-frère ont approché pour régler la note n?a, d?autre part, pas été entendue. Les mémos à la réception sur lesquels était notés que les convives allaient payer cash leur séjour, le jour de leur arrivée à l?Oberoi, n?ont pas été pris en compte, ni même été produits.
Oozageer Sunneechurra maintient qu?il ne s?était pas rendu dans cet hôtel sur l?invitation des deux directeurs pour y mener une enquête undercover. Son beau-frère, qui vit en Angleterre, était de passage et voulait séjourner dans un hôtel du littoral. Oozageer Sunneechurra lui a alors suggéré l?Oberoi.
Le fait que l?officier, lors de son séjour, ait fait quelques observations on site, aurait agi en tant que directeur du Central CID, et non comme enquêteur, souligne son avocat. Ce dernier soutient que Sunneechurra a agi par déformation professionnelle, et que comme un journaliste ou un homme de loi, il a voulu voir comment fonctionnait l?hôtel, vu qu?une enquête était en cours.
En fin de compte, même si la loi semble avoir condamné celui qui s?est laissé corrompre, ceux qui sont censés être les corrupteurs n?ont pas été inquiétés. Car d?après Oozageer Sunneechurra, il aurait essayé, à plusieurs reprises, de payer la note, mais la direction de l?hôtel aurait toujours refusé qu?il le fasse?
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