Publicité
La planète a besoin de nos efforts
Réchauffement climatique, dégradation de la couche d?ozone, pollution des rivières, disparition des espaces verts, augmentation de la quantité de déchets produits par habitant par jour... Notre village, notre ville, notre planète sont en danger. Ces catastrophes ne sont pas fatidiques, elles peuvent sinon être réduites, au moins être évitées.
«Nous pouvons encore sauver la planète», a déclaré Nicolas Hulot, l?un des grand prêtres mondiaux de la protection et de la promotion de l?environnement récemment dans un hebdomadaire français. Il a raison. A la veille de la Journée mondiale de l?Environnement, il faut se rendre à l?évidence : la survie de notre monde dépend de notre volonté à tous de changer nos habitudes au quotidien. Il ne s?agit pas là de chambouler nos existences mais simplement de mettre en pratique des petites choses pour contrecarrer un abus de l?environnement qui est déjà bien avancé. Le thème de la journée, «Des villes vertes, un plan pour la planète».
Plusieurs partenaires dans le domaine de l?environnement ont bien voulu nous confier leur point de vue sur les défis auxquels fait face le pays, ainsi que sur les mesures de redressement qui sont à la portée de tout un chacun. Les membres de divers Ong et du ministère de l?Environnement, l?avouent volontiers : leur souhait le plus cher est de voir plus d?arbres et de plantes dans nos villes. Leurs suggestions n?ont rien de draconien, bien au contraire, elles proposent d?utiliser tous les espaces au service de la nature.
«L?avenir de la terre est l?affaire de tous», affirme l?éco-conseillère et coordonnatrice nationale pour le Small Grants Program du Fonds pour l?environnement mondial (FEM), Pamela Bapoo-Dundoo. Le FEM finance les Ong environnementales à la hauteur de Rs1,4 millions afin qu?elles puissent renforcer leur capacité.
Pour Doris Sénèque, d?Eco-Sud, «il faut désormais créer des espaces verts et les intégrer aux nouvelles constructions au lieu de tout bitumer». Elle avance, en outre, que tout plan d?urbanisation devrait comporter «des pelouses permettant aux enfants de jouer, des arbustes et des arbres à pousse rapide pour créer des zones ombragées, des allées bordées d?arbres, des parkings clôturés par des haies plutôt que des murs et des bacs de plantes ornementales sur les trottoirs et les parkings». Une tâche qui devrait, précise-t-elle, revenir aux municipalités et aux Conseils de village.
«Les espaces verts dans nos villes sont en diminution. Plantons des arbres dans chaque cour et dans les espaces publics pour purifier l?air. Privilégions les plantes endémiques qui consomment moins d?eau», dit-elle pourdevelopper le thème de la Journée mondiale de l?Environnement.
Vikash Tatayah et Yacoob Mungroo, respectivement gestionnaires de la faune et de la flore dans la principale Ong environnementale du pays, la Mauritius Wildlife Foundation (MWF), sont du même avis. «Il faut mettre en place des espaces verts dans tous les villages et les villes», estiment-ils. Et d?ajouter qu?il faudra toutefois surmonter un obstacle de taille : la mentalité des Mauriciens. «On doit changer notre attitude envers l?environnement et agir de manière plus responsable.» Pour cela, il faudra conscientiser la population quant à «nos trésors nationaux et les moyens de les sauvegarder et, surtout, inculquer ces valeurs aux jeunes générations».
Le secrétaire de Nature Watch, John Lam partage cette opinion. «C?est à nous d?être moins insouciants et d?établir la relation entre nos gestes quotidiens et le salut de notre planète.» Sauver la planète est donc à la portée de tous. «Un arbre dans le jardin nous procure de l?oxygène, de l?ombre, ainsi qu?un habitat pour les oiseaux et les insectes», suggère-t-il.
<B>Recycler certains déchets</B>
Même son de cloche chez Eco-Sud, qui concède que cette responsabilité revient aux Ong. «Les Ong oeuvrant pour l?environnement devront sensibiliser les habitants. Elles doivent inviter les gens à ne pas abattre d?arbres même s?ils grignotent une partie de l?espace disponible, à ne pas bétonner leur cour et ses allées, même si cela leur simplifie la vie, question d?entretien, mais planter du gazon et des arbustes et faire filer des plantes grimpantes sur leurs clôtures, suggère Doris Sénèque, dans les villes, les quartiers ou les cités où le mal est déjà fait et où le béton règne en maître, il n ?est pas trop tard pour que les municipalités essayent d?y remédier en ajoutant un maximum de bacs de plantes là où un petit espace s?y prête».
Autre thème récurrent : triage des déchets et recyclage. « Nous devons moderniser nos services de ramassage et introduire le tri, le recyclage et le compostage», explique le conseiller du ministre de l?Environnement, Ananda Rajoo. «Notre plus grand défi environnemental est de préserver l?habitat humain et la biodiversité de notre île.» Pour cela, il faudra «relever les défis» que posent l?urbanisme, la gestion foncière, la pression sur le littoral et son impact sur les lagons et les récifs.
Pour Doris Sénèque, la seule façon de freiner la saturation des centres d?enfouissement est «le recyclage de certains déchets». Elle estime que «chaque Mauricien devra apprendre à trier ses déchets au lieu de les jeter en vrac à la poubelle.»
Une des méthodes préconisées est le compostage de déchets végétaux de la cuisine et du jardin. Les Mauriciens pourront ainsi produire leur propre engrais. «Même si l?on se contente d?entreposer au fond du jardin les déchets végétaux de la cuisine, par le simple fait de ne pas les jeter à la poubelle, on fait preuve de civisme parcequ?on soulage le centre d?enfouissement de Mare-Chicose», avise-t-elle. Est-ce si difficile pour chaque citoyen de se lancer dans le compostage des déchets végétaux ?
John Lam détaille la pertinence du compostage. «Les légumes qu?on jette à la poubelle sont très efficaces comme engrais. La plupart des déchets organiques peuvent être compostés. Le composte est un mélange fermenté de résidus organiques et minéraux, donc un bon fertilisant.» Il met également en garde contre le gaspillage. «Ne gaspillons pas l?eau et l?électricité car cela exerce une pression sur l?environnement. Au bureau, utilisez le recto-verso du papier en sachant qu?une tonne de papier recyclé est une économie de 2,5 tonnes de bois coupé. Achetez du papier recyclé.»
Être responsable se traduit également dans nos achats, renchérit Pamela Bapoo-Dundoo. «Un exemple concret est le choix entre une boisson en cannette en aluminium et une bouteille en verre. La cannette qui a nécessité énormément d?énergie pour être fabriquée restera comme déchet dans la nature pendant des années. Le verre est recyclable à l?infini. Mais trouver de nos jours des boissons gazeuses dans des bouteilles en verre relève de la chasse au trésor.»
Pour Ananda Rajoo, il est primordial que cette évolution soit universelle. «Chaque Mauricien a le devoir de revendiquer un environnement plus sain, mais il a également des responsabilités, telles que la salubrité, le respect des règles de bon voisinage, de modes de vie plus saines et plus eco-friendly.»
Entreprises, hôtels, hôpitaux, écoles et autres institutions peuvent aussi contribuer à faire de notre pays un endroit plus vert et à rendre son développement plus durable. «Si un million d?habitants appliquent ces petits conseils au moins une fois par semaine, nous arriverons sûrement à diminuer la pollution et nos villes et villages seront plus vertes», conclut Pamela Bapoo-Dundoo. Alors, prêts pour la révolution verte ?
Publicité
Publicité
Les plus récents