Publicité
La peine de prison de Rajaonarivelo confirmée
Par
Partager cet article
La peine de prison de Rajaonarivelo confirmée
L?ex-dauphin de Didier Ratsiraka, Pierrot Rajaonarivelo, aujourd?hui chef de file de l?Avant-garde de la rénovation malgache ? le parti politique fondé par l?ancien président (Arema) ? vient d?être condamné à trois ans de prison par la cour d?appel de Tananarive. Celle-ci jugeait vendredi par contumace l?ancien vice-premier ministre malgache qui vit en exil en France. Pierrot Rajaonarivelo, qui a été le dernier vice-premier ministre du régime de Didier Ratsiraka, avait été condamné une première fois par contumace le 14 mars 2003 à cinq ans de prison pour ?complicité d?usurpation de fonction? par le tribunal de première instance.
Le tribunal lui reprochait d?avoir continué de faire valoir ses prérogatives de ministre après le 6 mai 2002, date officielle de la prise de pouvoir par Marc Ravalomanana. Il avait condamné à quatre ans de prison l?auteur principal de l?acte, Elire Rabemananjara, ancien directeur de cabinet de Pierrot Rajaonarivelo. Le 1er août 2003, la cour d?appel confirmait ce jugement contre Pierrot Rajaonarivelo et ajoutait le motif de ?concussion?. Mais le 10 février dernier, la cour de cassation cassait cet arrêt pour vice de procédure, et renvoyait l?affaire devant une cour d?appel ?autrement composée?.
Les avocats de l?ancien vice-premier ministre réclamaient à la fois l?acquittement et la levée du mandat d?arrêt. La défense n?aura finalement obtenu qu?une révision à la baisse de la condamnation ; la cour d?appel d?Anosy a également renouvelé le mandat d?arrêt à l?encontre de Pierrot Rajaonarivelo. Ses défenseurs ont d?ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation. L?affaire devrait donc être portée devant la Cour suprême. ?La peine étant suspensive, Pierrot Rajaonarivelo pourrait rentrer à Madgascar. Reste à savoir si cela en vaut la peine. C?est un risque à courir et c?est à lui de prendre la décision?, a remarqué Me Maria Raharinarivonirina, l?un de ses avocats.
<B>Un second procès en attente</B>
Pierrot Rajaonarivelo est également appelé à comparaître le 17 juin prochain devant la cour d?appel d?Anosy pour une autre affaire portant sur un ?délit d?importation sans déclaration?. Celle-ci concerne des exonérations fiscales jugées illégales et délivrées à trois sociétés privées par Pierrot Rajaonarivelo et Elire Rabemananjara, de janvier 2000 à mai 2001 et de février à juin 2002. Le 31 décembre 2003, l?ancien vice-premier ministre et son ex-directeur de cabinet avaient été condamnés respectivement à un an de prison ferme et à un an de prison avec sursis dans le cadre de cette affaire.
Le tribunal leur infligeait en outre une amende de 106 milliards de francs malgaches, soit l?équivalent de 9,4 millions d?euros. Candidat déclaré à l?élection présidentielle de 2007, Pierrot Rajaonarivelo, à la veille du procès, envisageait alors de retourner dans son pays : ?Si Pierrot Rajaonarivelo est libre, il rentrera au pays sans doute à l?occasion de la visite officielle de Jacques Chirac prévue en juillet à Madagascar?, déclarait au début de la semaine dernière Benjamin Vaovao, le secrétaire national administratif du parti de Didier Ratsiraka.
<B>Une man?uvre politique</B>
Cette condamnation, pour peu qu?elle soit confirmée après le pourvoi en cassation, l?empêcherait donc de se porter candidat. ?Nous condamnons ce verdict?, remarquait hier dans L?Express de Madagascar le secrétaire national adjoint de l?Arema, M. Andriamanisa. ?Cette décision est tout simplement injuste. Notre secrétaire national est victime de la justice?, affirme-t-il, convaincu qu?il ?n?existe aucune preuve pour affirmer la culpabilité de Pierrot Rajaonarivelo?.
?L?auteur principal du délit, (NdlR : Elire Rabemananjara), l?a confirmé dans ses déclarations. Il était étonnant qu?un complice écope d?une peine plus lourde que l?auteur principal. On peut dire que la justice s?est rattrapée après sa première erreur en réduisant la peine infligée au complice?, ajoute M. Andriamanisa. Pour le secrétaire national adjoint de l?Arema, ?la pression de l?état? sur le tribunal ?a été trop forte?. ?Pour nous, il ne s?agit ni plus ni moins que de l?élimination politique d?un adversaire politique aux prochaines élections présidentielles.?
?Il ne perd pas espoir?. Le chef de l?Arema en exil, selon M. Andriamanisa, ?est immédiatement entré en contact? avec lui ?le jour du verdict?. ?Il nous a encouragés et nous a demandé de ne pas perdre espoir, affirmant que la lutte continue?. Interrogé par L?Express sur l?existence d?une éventuelle ?solution de rechange aux présidentielles? après cette condamnation de Pierrot Rajaonarivelo, ce responsable de l?Arema soutient qu??il n?a jamais été question de plan B au sein de la direction du parti?.
?Nous sommes toujours persuadés de la présence de Pierrot Rajaonarivelo sur la ligne de départ des présidentielles?, lance M. Andriamanisa. Une opinion que ne partage pas nécessairement les autres opposants au régime de Marc Ravalomanana : ?Pierrot Rajaonarivelo n?est pas le candidat naturel de l?opposition pour 2007, il y en a d?autres?, estime ainsi José Rakotomavo, du Rassemblement des forces de la nation (RFN), qui co-organise à partir de jeudi avec d?autres mouvements d?opposition une ?conférence nationale de réconciliation?, dans la banlieue d?Antananarivo. Pierrot Rajaonarivelo est appelé à comparaître une nouvelle fois devant la cour d?appel d?Anosy, le 17 juin prochain, pour une autre affaire portant sur un ?délit d?importation sans déclaration?.
Pour les partisans de l?Arema, le parti politique fondé par l?ex-président Didier Ratsiraka, la condamnation à 3 ans de prison - au lieu des 5 ans en première instance - du leader de leur parti n?est qu?une man?uvre politique destinée à l?empêcher de se présenter aux élections présidentielles de 2007.
Publicité
Publicité
Les plus récents