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La pauvreté persiste et la population devient plus miséreuse
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La pauvreté persiste et la population devient plus miséreuse
Classé au 146ème rang sur 177 pays dans le monde, Madagascar figure parmi les pauvres et se trouve toujours parmi les trente pays dont le niveau de développement est le moins élevé, selon le dernier rapport mondial sur le développement humain 2005.
Avec un indicateur de développement humain (IDH) de 0,499 contre 0,399 en 1993, Madagascar a un indice de pauvreté stagnant autour de 70 % depuis les années 90. Il va sans dire que Madagascar, malgré les appuis techniques de ses bailleurs, reste au point mort. Plus d?un s?attachent à dire que la pauvreté persiste et que le niveau de vie de la population va de mal en pis.
Réformes insignifiantes
D?ailleurs, le ministre de l?Economie, des Finances et du Budget, Benjamin Radavidson Andriamparany, l?a reconnu, la semaine dernière, au cours de l?atelier sur la revue du programme pays de la Banque mondiale, en avançant que ?ni le montant exorbitant des fonds alloués, ni le nombre de projets mis en ?uvre par la Banque mondiale ne sont, pour l?instant, prêts de venir à bout d?une pauvreté de plus en plus persistante à Madagascar.?
Un professeur d?économie va plus loin, en expliquant que ?les statistiques officielles, indiquant une petite progression, sont imperceptibles. Elles sont loin de traduire la réalité vécue par la population. Il suffit de descendre dans les bas quartiers et les zones reculées de la capitale pour constater la réalité ?, ajoute-t-il.
En tout cas, le rapport des Nations unies, sur les conditions économiques et sociales de l?Afrique de l?Est, souligne que ?l?incidence des réformes entreprises, par Madagascar depuis 1996 sur la réduction de la pauvreté, est encore insignifiante.?
Pour preuve, au niveau de l?éducation, la proportion de la population analphabète est restée au même niveau depuis 1999, soit 48 %, tandis que la population scolaire a crû de 1,6 %.
Par contre, le taux net de scolarisation a progressé, passant de 72 % en 1998-1999 à 76,5 % en 2000-2001. Au niveau de la santé, la mortalité infantile a baissé de 85 pour 1 000 naissances vivantes en 2000, à 50 pour 1 000 en 2004, contre 91 pour 1 000 en 1997. De même, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a également baissé, passant de 148 pour 1 000 en 199,à 136 pour 1 000 en 2000.
Concernant la mortalité maternelle, l?enquête démographique de santé (EDS 2003-2004) souligne qu?elle n?a connu qu?une faible diminution, passant de 488 décès à l?accouchement pour 100 000 naissances vivantes, en 1997, à 469 en 2003.
Malgré ces quelques résultats positifs dans les domaines de l?éducation et de la santé, le niveau de pauvreté demeure élevé. La proportion des personnes, vivant en dessous du seuil de pauvreté, est presque stagnante, passant de 73,3 %, en 1997, à 69,6 % en 2001 et à 71 % en 2002. Cette évolution quelque peu positive a favorisé le milieu urbain, au détriment de la zone rurale où la misère gagne une ampleur certaine, ces dernières années.
Immenses espoirs pour les pays en développement
À ce rythme, il est difficile de prétendre, pour Madagascar, atteindre, à l?horizon 2015, les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), à savoir l?élimination de ?l?extrême pauvreté et de la faim, l?éducation pour tous, l?égalité des sexes et l?autonomisation des femmes, la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, l?amélioration de la santé maternelle, la lutte contre le sida, le paludisme et d?autres maladies, la promotion d?un environnement durable et la mise en place d?un partenariat mondial pour le développement?.
Adoptés au Sommet du millénaire des Nations unies en septembre 2000, les OMD avaient pourtant suscité d?immenses espoirs chez les pays en voie de développement.
Au vu des statistiques, la réduction de moitié de la pauvreté extrême s?avère être la plus utopique, étant donné que le taux correspondant, estimé à 70 % en 2004, n?a pas connu de régression depuis les années 90. Le coordonnateur du système des Nations unies, et non moins représentant du Programme des Nations Unies pour le développement à Madagascar, Bouri Sanhouidi, reste optimiste. ?Madagascar est en bonnes conditions pour atteindre certains objectifs, par exemple ceux visant à favoriser l?égalité des sexes et à assurer l?éducation primaire pour tous. D?ailleurs, les stratégies sont déjà calquées dans le Document stratégique pour la réduction de la pauvreté. Il faut de la détermination?, affirme-t-il.
L?express de MADAGASCAR
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