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La partie d?échecs continue

23 février 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Il était très difficile d'imaginer une solution à la crise tant les positions étaient diamétralement opposées. Mais le temps a résolu la question. Rama Sithanen a finalement décidé de rester. La réforme est sauvée. L?alliance au pouvoir doit maintenant réparer les dégâts et retrouver sa cohésion. Ce ne sera pas facile de panser les blessures à l?amour-propre des uns et des autres.

On doit parler de trêve fragile plutôt que d?accord final à l?issue des pourparlers qui ont terminé tôt ce matin. Car rien ne permet de penser que Rama Sithanen a obtenu la clarification qu?il souhaitait. En attendant la conférence de presse conjointe prévue pour ce matin, Navin Ramgoolam s?est contenté de quelques vagues déclarations. Il n?a pas eu une prise de position plus nette qu?avant et n?a pas condamné publiquement les membres de la majorité qui essaient de se désolidariser de l?action gouvernementale.

Les deux rounds de négociations n?ont pas permis d?avancer sur les problèmes de fond qui ont mené à l?offre de démission de Rama Sithanen. Dans ses déclarations publiques hier, le Premier ministre a seulement réitéré le soutien qu?il a maintes fois exprimé en faveur de la réforme. Il n?a pas donné la garantie qu?il mettra au pas l?aile radicale de son parti ni fait de compromis sur la nomination de Rundheersing Bheenick à la Banque centrale. Du reste, cette question n?était pas négociable.

La situation garde toute sa gravité, même si l?irréparable a été évité. L?attitude qu?adopteront, à l?intérieur du PTr, les opposants à Rama Sithanen et à ses méthodes sera déterminante pour la suite. Le danger d?une plus grande polarisation au sein de la majorité est réel car le coup de force du ministre des Finances face aux contestataires a exacerbé les antagonismes dans son parti.

Très vite, le ?malentendu? dont parle Navin Ramgoolam pourrait virer à l'affrontement. Les ressentiments de quelques contestataires sur le dossier sucre, par exemple, vont remonter à la surface dès aujourd?hui avec l?examen du ?Sugar Industry Efficiency Bill? par le Parlement.

Ce qui est apparu comme un compromis équitable avec l?excision du paragraphe sur la production d?énergie du texte de loi en question, n?est en fait qu?une ruse politicienne pour contourner un problème délicat. Mais dans un mois, le gouvernement devra signer le protocole financier ouvrant la voie au décaissement de l?aide de l?Union européenne. Il sera alors forcé de respecter l?engagement pris auprès des bailleurs de fonds et élaborer un cadre juridique permettant aux quatre groupes sucriers restants de produire de l?électricité et de l?éthanol. Or, les partisans de la démocratisation de l?économie ne l?entendent pas de cette oreille.

Navin Ramgoolam a su naviguer adroitement au cours de cette semaine épique surtout en laissant du temps au temps. Grâce à une bonne gestion de la crise, il écarte pour l?instant le danger de contagion du syndrome Sithanen. Le roi a été mis en échec mais il s?y est soustrait. La partie continue.

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