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La participation selon les invités de “l’express”
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La participation selon les invités de “l’express”
Nous parlons moins aujourd’hui qu’il y a un quart de siècle de participation de tous à l’entreprise. Est-ce parce que la mode n’a plus présentement les mêmes préférences idéologiques ? Est-ce parce que cette participation est un fait acquis ? Est-ce parce que les entreprises n’ont plus de rêve à partager avec leurs salariés ? Bien malin qui le dira. Il sera peut-être plus facile de répondre à ces questions, en reprenant contact avec les propos tenus sur ce thème, en 1980, lors d’un forum organisé par l’association des chefs du personnel.
Il y est dit, en préambule, que la participation est derrière la porte et qu’il y est temps qu’on s’y prépare. D’autres prônent la participation au travail avant celle des bénéfices. D’autres enfin privilégient la formation, la communication et les moyens susceptibles de faire progresser ce nouveau type de relations industrielles.
Raymond Rivet de l’Union démocratique mauricienne rappelle que l’homme doit être au centre de tout. Il ne peut y avoir de participation à l’entreprise, sans participation de ses employés à son capital. Il y a faillite tant du système capitaliste que de celui communiste. Le salarié se retrouve coincé entre l’enclume capitaliste et le marteau communiste ou vice versa, d’où le besoin pour lui de chercher une nouvelle formule. Celle-ci doit placer l’homme, la famille et la société au centre de l’économie. La participation au capital encourage le salarié à une productivité accrue, à une plus grande assiduité. La grève n’affecte plus le seul patronat mais l’entreprise et l’ensemble du personnel. Le livre blanc du gouvernement travailliste sur la participation équivaut à la mort de la libre entreprise. Il cite l’exemple négatif de Rose-Belle S.E. Une participation authentique ne peut s’obtenir par démagogie afin d’engranger rapidement et par n’importe quel moyen une popularité facile mais factice.
Paul Bérenger du MMM réclame un rôle plus actif des chefs du personnel. La participation doit s’inscrire dans un mouvement global visant un changement de l’entreprise et de la société. Le MMM souscrit à la participation du personnel au capital. Elle reçoit toute sa signification dans celle de la gestion. Si celle-ci existe, le reste suit. Cadres et travailleurs ont droit à accéder à des informations capitales les concernant car affectant directement le fonctionnement de leur entreprise. Il en va de leur gagne-pain.
Il ne doit y avoir opposition entre syndicats et comités d’entreprise. La participation se fera avec les syndicats ou ne se fera pas. Pas de participation sans amendement au préalable de l’Industrial Relations Act (IRA). Les travailleurs doivent être libres de choisir comme ils veulent leurs représentants syndicaux.
Freddy Appasamy de Prosi veut avant tout revaloriser le travail. L’île Maurice se meurt de dévalorisation. Les Mauriciens veulent de plus en plus gagner davantage d’argent en travaillant le moins possible. La participation pour la participation et sans cette volonté d’améliorations tous azimuts ne sera pas la panacée que l’on désire. Il faut améliorer la production nationale avant de se préoccuper des techniques de répartition. Chacun doit apprendre à améliorer sa productivité, à consolider son gagne-pain. La situation sociale se dégrade de jour en jour. L’île Maurice s’assoit sur un baril d’explosifs. Il faut aussi songer à former les futurs représentants des salariés. Il faut prévoir l’introduction des techniques de communications éprouvées, évoluant graduellement vers une concertation de bon aloi, vers une co-surveillance. L’entreprise ne doit pas oublier qu’elle a une vocation sociale qui ne s’arrête pas à la liste de ses employés. Elle est liée à la société. Elle dépend de l’environnement social pour exister et pour progresser.
Christian Couacaud, directeur exécutif de Rogers, préconise l’établissement d’un climat de confiance entre le patronat et le salarié. La participation ne doit pas mettre en péril l’entreprise. Bon nombre d’entreprises sont fragiles. La participation au capital ne doit pas être gratuite. Elle doit être le résultat d’une acquisition financière même si celle-ci peut être aidée par des facilités de crédit. Le personnel doit être privilégié au moment de toute vente d’actions. La communication doit être privilégiée au sein de l’entreprise.
Pour Donald Ah Chuen, il faut éviter de créer différentes catégories d’employés. Les fonctionnaires et les salariés de petites entreprises risquent de se retrouver dans une situation moins intéressante que celle des employés des grosses entreprises. On peut commencer par mettre en place une participation au niveau qui affecte le plus la masse des employés et qui ne concerne pas forcément les grandes instances décisionnaires.
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