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?La paroisse de St. Julien?, une vision de l?esclavage
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?La paroisse de St. Julien?, une vision de l?esclavage
Le tout dernier livre de Monseigneur Amédée Nagapen, La Paroisse de St. Julien ? Haut-de-Flacq, paru aux éditions du Diocèse de Port-Louis, a été lancé à l?Evêché à la fin de l?année dernière par le cardinal Jean Margéot. Cet ouvrage de 158 pages, abondamment illustré, porte en couverture une agréable peinture stylisée de l?église paroissiale de Saint-Julien ? érigée en 1770 ? dans son écrin de verdure. Cette illustration est signée Pascal Lagesse.
Ce livre vient confirmer, s?il le fallait encore, la rigueur du chercheur qu?est Amédée Nagapen. Ce qui n?occulte guère l?humanisme de l?auteur-historien. Surtout si l?on tient compte des périodes choisies et des récits de visiteurs, basés sur des faits. Voilà qui cadre avec la célébration, le dimanche 1er février 2004, du 169e anniversaire de l?abolition de l?esclavage à Maurice (1835-2004).
Après son étude conséquente, Le Marronnage à l?Isle de France ? île Maurice 2001, primé par l?ADELF et également Grand Prix littéraire de l?océan Indien et du Pacifique, La Paroisse de St. Julien illustre, en filigrane, entre autres préoccupations, le souci de dévoiler les souffrances de l?homme. Cela, dans un contexte où la philosophie qui prime s?écrit en haut de casse, sans nécessité aucune de justification.
Cette philosophie s?élaborait en cinq mots : ?Sans nègres, point de colonies.? Sentence, qu??à l?époque, l?on répétait à satiété?, selon l?auteur. ?Paradoxalement, poursuit-il, la main-d??uvre servile était devenue une ?nécessité? incontournable. Etrangement, pour être une entreprise féroce, menée dans des conditions atroces, la traite des noirs n?était pas moins une opération légale.? Comme en atteste les faits suivants.
Sous l?occupation française, l?abbé Nicolas Louis de la Caille, ?clerc mais pas prêtre?, précise l?auteur, savant astronome et mathématicien (?) circula sur le littoral flacquois, lors de la triangulation complète de l?île, ?avec son imposante expédition (?) : accompagné des Sieurs Desny et Godin, d?un détachement de cinq soldats, de deux caporaux, ainsi que d?une bande de neuf esclaves, dont cinq Indiens et quatre Guinéens.?
L?on apprend qu?à l?époque néerlandaise, ?les vrijburgers (colons libres) eurent à faire front à plusieurs calamités naturelles à la fois : ouragans, inondations, sécheresses, destruction des récoltes, ainsi qu?au marronnage inévitable des esclaves.? N?oublions pas que, selon la croyance apparemment répandue, l?homme blanc n?était pas fait pour se faire brûler la peau au soleil. Alors que celle du Noir serait spécifiquement appropriée en ce sens.
Mais, une anecdote veut que l?esclave n?était pas en toutes circonstances astreint aux travaux serviles. Ce qui semble être, malgré tout, une exception. Car, au chapitre VII, La Colonisation britannique. Le fantasque abbé Ribiero 1808 ? 1813, l?on apprend que le fantasque résident passait le plus clair de son temps à Port-Louis. A l?exaspération des paroissiens.
Les mourants étaient privés de viatique et du sacrement des malades. Mais l?abbé demeura fidèle à sa conduite, au point où ?le sacristain, un esclave?, raconte Mgr Nagapen, ?suppléait à l?absentéisme du curé !? Ainsi, c?était lui qui officiait aux funérailles, d?après les Mauritius Archives. L?abbé fut d?ailleurs suspendu de ses fonctions par le préfet apostolique, désolé d?avoir à prendre une telle décision.
Mais, ne limitons pas La Paroisse de St. Julien au seul souci de dénoncer la souffrance du Noir. Au long de la triple perspective choisie, notamment, le cimetière paroissial, l?église éponyme du lieu, et l?évangélisation, Mgr Nagapen documente, de façon exhaustive, le lecteur, ?autant sur des faits de l?Histoire de l?Eglise à Maurice, que sur celle du pays, son histoire politique, entre autres?, selon ses propres mots.
-Disponible à Rs 150 au Centre de documentation religieuse (Rose-Hill), à la procure de Ste. Thérèse (Curepipe) et dans les principales librairies de l?île.
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