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La panne de l?opposition
La plus virulente contestation de la politique du gouvernement est venue ces jours-ci de l?intérieur. Un conseiller du Premier ministre a exploité toutes les occasions qui se présentent, allant des glissements de terrain à la congestion routière en passant par les nouvelles taxes. C?est un signe du mauvais fonctionnement de notre démocratie. Il résulte de la situation embrouillée dans laquelle l?opposition est plongée.
Le n?ud de cet imbroglio réside dans les demandes du MSM auprès du MMM pour une place dominante dans une éventuelle alliance. Le plus petit des deux réclame un partage égal des investitures et insiste sur le poste de Premier ministre. Il joue sur l?idée qu?il serait le ?joker? qui ferait pencher la balance. Quant au MMM, il est tenaillé entre la peur de jeter le MSM dans les bras de Navin Ramgoolam et la crainte d?être cocufié dans un partenariat trop généreux à l?égard du petit allié. Le résultat de cette situation complexe est que ceux qui aspirent à diriger le pays sont incapables d?organiser une contestation efficace de l?action du gouvernement.
Ceux qui devraient incarner l'alternative au pouvoir travailliste s?occupent à se chamailler entre eux. Ils n?ont pas le temps d?organiser l?alternance. L?opinion publique, elle, ne se trompe pas. Elle ne voit pas de possibilité d?alternance politique. Donc, elle ne suit pas quand les partis d?opposition veulent mobiliser. Elle a boudé les manifestations sur le CPE, la DWC et les frais d?inscription aux examens. Le jour où un parti ou une alliance émergera comme un challenger crédible au PTr, l?électorat rompra avec sa passivité.
Il est clair que l?équation entre le MSM et le MMM est insoluble dans l?état actuel du paysage politique. Ce qui est moins évident, c?est la raison qui contraint le MMM à passer autant de temps à courir après un partenaire. Il a tort s?il se croit condamné à rechercher une alliance à tout prix. Le PTr a démontré en 2005 qu?il peut déjouer les mathématiques électorales en remportant seul les législatives. Mais, il faut pour cela un projet politique et des structures pour le porter.
Le PTr a réussi à s?imposer parce qu?il avait vendu un concept nouveau, la démocratisation de l?économie, et une équipe motivée pour le marketing du produit. Pour certains, c?était un beau projet, pour d?autres c?était une espièglerie politique, mais une majorité de l?électorat la considérait comme un véritable projet alternatif. En revanche, on ne sait pas quelles sont les lignes de force de la pensée politique sur lesquelles s?articulera le programme du MMM. Aujourd?hui, se limite-t-il à des discussions sur la gestion quotidienne du parti ou réfléchit-il aux grands enjeux ? A-t-il un porte-parole sur le sucre ou sur l?éducation ?
Le rejet de la politique gouvernementale n?entraîne pas forcément l?adhésion aux partis de l?opposition. L?alternance se construit sur des fondations plus concrètes.
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