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La nouvelle recette du succès

11 juillet 2003, 20:00

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Contrôler le budget et étoffer le scénario : tel est la première leçon apprise par les réalisateurs et les producteurs durant les six premiers mois de l?année. Alors que plusieurs films ont rapporté gros, le timide succès de Main Prem Ki Diwani Hoon en Inde, sorti en juin, met fin à une période que tous croyaient faste.

En dépit de films gagnants comme Bhoot, Chalte Chalte, Jism, Ishq Vishk et Andaaz, l?industrie du cinéma a perdu Rs 1,2 milliard durant le premier semestre 2003. Sur 117 sorties, 110 films ont été des échecs. Les désastres les plus célèbres restent The Hero, Khushi, Talaash, Kucch To Hai, Ek Aur Ek Gyarah et Dum.

Le public a ostensiblement boudé des films annoncés comme très ambitieux : Bas Yun Hi, Stumped, Armaan, Nayee Padosan et Praan Jaaye Par Shaan Na Jaaye.

Chalte Chalte a déjà rapporté Rs 70 millions et devrait dépasser la barre des 100 millions. La diffusion sur les chaînes satellites devrait ensuite rapporter entre Rs 30 et 40 millions à Shahrukh Khan, heureux producteur du film. Des chiffres très encourageants pour un film au budget relativement modeste : Rs 120 millions.

Le sourire est aussi de mise pour Ram Gopal Varma. Il ne lui a fallu que trois jours pour rentrer dans ses Rs 65 millions de frais. Entretemps, il avait causé une peur bleue à des centaines de milliers de cinéphiles. Bhoot avec Urmila Matondkar et Ajay Devgan ? devrait également rapporter plus de Rs 100 millions.

<B>La vente des droits fait la différence</B>

En dépit de ses proportions plus modestes, Jhankar Beats du réalisateur débutant Sujoy Ghosh, a déjà engrangé Rs 10 millions de recettes. Cette comédie devrait facilement couvrir ses Rs 30 millions de budget.

«Avec une conjoncture si difficile, quand un film couvre ses frais, c'est déjà un succès. Dans le passé, les profits devaient s'élever au double de l'investissement de départ,» explique Amod Mehra, économiste. Même succès pour Khwahish : un budget de Rs 22 millions pour des recettes de Rs 10 millions durant sa première semaine d?exploitation en salles. Avec Ishq Vishk, les chiffres sont déjà plus importants : des profits de Rs 70 millions. Andaaz joue dans la cour des grands : Rs 130 millions.

La nouvelle recette du succès à Bollywood se définit ainsi : «de petits films réalisés en trois ou quatre mois», estime Shahrukh Khan, roi indétrônable de Bollywood. Les réalisateurs font le bonheur des distributeurs en vendant leurs films à des prix réduits.

Aujourd'hui, la vente des droits des films peut également faire toute la différence entre la réussite et le succès. Ainsi, quand Sur est sorti dans une centaine de salles, tous ceux impliqués dans le film, y ont laissé des plumes. Les mêmes producteurs ont choisi de lancer Jhankar Beats dans cinquante salles et ont ainsi retrouvé le sourire.

L?industrie du cinéma veut, de toute évidence, éviter la débâcle de 2002 quand les pertes pour les producteurs, distributeurs et musiciens se sont élevées à Rs 6,6 milliards. Taran Adarsh explique : «Un film est grand ou pas seulement après sa sortie. Le public est prêt à accepter n'importe quel genre, de film pour jeune à une étude sociale, en passant par un film sur les fantômes ou un film torride. Aussi longtemps que le public n?a pas l'impression d?être arnaqué, il est satisfait.»

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