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La menace verte

19 juin 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elles sont une vingtaine à nous empoisonner la vie. « Elles », ce sont les plantes envahissantes, de véritables armes de destruction de la forêt indigène. La situation est si grave que le National Invasive Alien Species Committee (NIASC) a été mis en place en mars. Son objectif : trouver des solutions pour combattre cet ennemi venu d?ailleurs.

Sur les berges des rivières, dans les régions humides, comme à La Brasserie, des lianes cerf s?enroulent autour des arbres dans des étreintes étouffantes. Ces lianes ont même contribué au décroissement d?un arbre très connu : le manglier. Dans les forêts, les arbustes ? jambosses et goyaves de Chine ? disputent désormais la moindre parcelle de terre aux arbres indigènes.

N?ayant aucun ennemi naturel, les envahisseurs prolifèrent à vitesse grand V. Non seulement ils poussent plus vite que les plantes endémiques de l?île, mais ils absorbent aussi d?énormes quantités d?eau. Dans certains pays, comme en Afrique du Sud, ils sont même responsables des feux de forêts. Ce pays a d?ailleurs établi un plan d?action pour venir à bout de ces végétaux nuisibles.

Tout l?écosystème risque de disparaître

La menace est en effet bien réelle : les quelque 2 % de forêts d?origine restant risquent de disparaître. Et l?effet se répercutera sur la faune. « Plusieurs espèces animales dépendent d?une centaine de variétés de végétaux. Tout l?écosystème risque de disparaître si les plantes envahissantes prennent le dessus », craint Vincent Florens, conférencier à l?université et président du comité.

Ces plantes ont été introduites dans l?île, certaines à cause de leur beauté, et d?autres pour leurs fruits. « À cette époque, il ya une centaine d?années, on n?avait aucune idée du danger qu?elles pourraient représenter pour l?écosystème. Ce n?est que récemment que nous en avons pris conscience », affirme Claudia Baider, Technical Officer au Mauritius Herbarium du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI).

Maintenant, il s?agit d?en venir à bout. Claudia Baider ne cache pas que c?est « assez compliqué ». « Des insectes, ennemis naturels des vieilles filles, avaient été introduits dans les années 60 pour les éliminer. Cela marchait bien jusqu?à ce qu?on l?utilise comme ornement. L?utilisation des pesticides diminue la population des insectes. » Dans les forêts, les goyaves de Chine sont déracinées et des herbicides sont mis à l?essai. Les mêmes méthodes peuvent être utilisées pour les berges des rivières. « Il faut sensibiliser les gens. Dans certains pays, les habitants s?occupent eux-mêmes de leur environnement immédiat. »

La NIASC, qui regroupe le National Parks & Conservation Service, le secteur privé et différents ministères, se penche actuellement sur la meilleure stratégie à adopter. Une chose est sûre, le Plants Act de 1976, obsolète, devra être revu et amélioré. De plus, la liste des plantes envahissantes devra être mise à jour. Tout un programme?

Voici une liste des plantes envahissantes :

Aloès, poivre marron, tecoma, prune malgache, bois d?oiseau, yatis, liane cerf, acacia piquant loulou, arbre de Noël, goyave de Chine, jambosse, privet, thé, vigne marron, ravenala, l?herbe tourterelle, vieille fille.

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