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La MCB prend de la hauteur

30 août 2005, 20:00

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Des journaux informent de temps en temps, de nos jours, leurs lecteurs de la progression des travaux de construction du nouvel immeuble de la Banque de Maurice. A juste titre, ils soulignent que ce dernier sera beaucoup plus haut que celui de la Mauritius Commercial Bank Ltd. D’ailleurs, la Telecommunication Tower et les immeubles d’Air Mauritius et de la State Bank n’ont déjà rien à envier à la MCB en ce qui concerne le nombre d’étages. A la fin d’août 1980, les travaux de construction, tout en hauteur, de la doyenne de nos institutions bancaires (167 ans à ce jour) retiennent l’attention de tous, au point qu’on peut se demander comment les employés de cette banque ont-ils fait jusque-là pour s’agglutiner dans les seuls 25 000 pieds carrés de l’ancien quartier général, immeuble portant le nom de Raymond Lamusse, son directeur général de 1952 à 1967.

Dès 1949, le conseil d’administration de cette banque entrevoit pourtant la nécessité de locaux plus spacieux pour son QG. La MCB commence par acheter, en janvier 1950, deux immeubles appartenant à MM. Gujadhur and Sons Ltd. L’un, de 15 perches, est situé au n° 8 rue La Reine et l’autre, de six perches, à la rue William-Newton. En 1975, elle fait l’acquisition de l’immeuble Closel, 96 toises, à l’angle des rues Royale et William-Newton.

Elle décide alors la construction d’un nouvel immeuble de dix étages et d’une superficie totale de 125 000 pieds carrés. L’architecte Frank Lincoln est choisi en raison de son expérience internationale dans l’élaboration des plans de construction de banques. Il est aidé dans sa tâche par les firmes Rey, Ménagé et Van Nuwenborg, Sigma, Ovearup and Partners et par la compagnie Mecalec pour l’installation électrique. Les travaux sont confiés à Mauritius Building et à General Construction. Le personnel devra attendre jusqu’au 12 mai 1981 pour prendre possession des nouveaux locaux. Plus tard, la MCB fera l’acquisition de deux autres immeubles mitoyens, appartenant aux firmes Mohamed Hossen et Hatteea, afin de compléter les travaux commencés en décembre 1977.

Le nouvel immeuble compte bon nombre d’innovations dont deux escaliers roulants Schlinder, une fontaine décorative géante, quatre ascenseurs dont deux réservés aux employés. Ils peuvent accueillir 16 personnes (clients et employés) et 6 personnes (employés seulement). En cas de danger, les occupants de l’immeuble disposent de deux escaliers de secours. Le dernier étage est surmonté d’un vaste réservoir d’eau, utilisable en cas d’incendie. Le parking souterrain est accessible de la rue Royale.

L’architecture angulaire de l’immeuble permet à l’immeuble d’éviter les rayons de soleil sans rien perdre de la lumière du jour. Cette exposition moindre permettra une dépense moins grande en terme de climatisation sans devoir forcer sur l’éclairage électrique. L’immeuble dispose d’un puissant générateur de secours qui démarre automatiquement à la moindre interruption de la fourniture électrique.

Une attention particulière est accordée à l’entretien de l’immeuble, un des points faibles des immeubles publics. Des contrats prévoient que les fournisseurs des différents équipements et accessoires assurent un service après-vente et d’entretien des plus rigoureux. Un cadre est en charge de tout ce qui a trait de l’entretien du bâtiment. Il est responsable des services internes d’entretien.

Le « MCB Centre » est relié à l’immeuble Raymond-Lamusse par une passerelle aérienne surplombant la rue La Reine. Elle sera assez haute pour ne pas gêner la circulation automobile. Le Parlement doit voter des amendements pour permettre la construction de cette passerelle aérienne, une des premières à Maurice.

En 1980, la MCB compte 600 employés. On parle déjà, sinon de gratte-ciel, du moins de construction en hauteur. Mais au moment où l’immeuble de cette banque s’élève dans le ciel portlouisien, les seuls bâtiments comptant plus de cinq ou six étages sont ceux de l’Anglo-Mauritius, de Rogers, des deux Government Centres (Vaghjee Hall et Emmanuel-Anquetil), Astor Court, et le bâtiment d’Harel Mallac et celui de la Banque de Développement. En septembre 1975, l’immeuble d’Harel Mallac à la rue Edith Cavell est la proie de flammes. Cet incendie donne lieu à une commission d’enquête présidée par le juge Victor Glover.

Les premières succursales de la MCB datent de 1920 (Curepipe), 1952 (Rose Hill), 1955 (Mahébourg), 1957 (Quatre-Bornes), 1958 (Centre de Flacq et Triolet), 1963 (rue Desforges, Vacoas et Goodlands), 1967 (Beau-Bassin), 1970 (rue Edith-Cavell), 1971 (Université, Réduit), 1973 (Bell Village), 1974 (Grand-Baie), 1976 (Chemin Grenier, Rose Belle, Rivière du Rempart), 1979 (les Jamalacs, rue Jules-Koenig et Saint Pierre) et en 1980 (Phoenix, Plaine des Papayes et Rivière des Anguilles). Le service touristique de la MCB peut, cette année, célébrer son jubilé d’or car, à partir de 1955, l’inoubliable Ben Théveneau se met journellement à la disposition des clients du Park Hotel à Curepipe (aujourd’hui QG des New Mauritius Hotels). D’autres comptoirs touristiques s’ouvriront ensuite au Morne, à Trou-aux-Biches et à l’aéroport de Plaisance.

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