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"La maison de cire"

22 septembre 2005, 20:00

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En 1953, le réalisateur André De Toth signait House of Wax, dans lequel on voyait Vincent Price assassiner ses semblables pour les transformer en statues de cire. Outre le fait de porter le même titre que le classique d?André de Toth, La Maison de cire, premier long-métrage du réalisateur espagnol Jaume Collet Serra, reprend le même sujet, mais en l?adaptant assez librement pour qu?on ne puisse pas en parler comme d?un simple remake.

Il y a même de quoi s?inquiéter au début, le film démarrant comme n?importe quel slasher movie, montrant six post-adolescents censés être à l?université, mais qui sont tellement idiots qu?on se permet d?en douter.

On sait qui survivra : Nick, le délinquant (Chad Michael Murray) et sa s?ur, Carly (Elisha Cuthbert) et qui se fera charcuter, ou cirer (les autres). Les acteurs sont naturellement mauvais et l?apparition de Paris Hilton jouant la pétasse blonde avec beaucoup de naturel n?arrange rien.

Tous les clichés étant au rendez-vous pour les personnages, on s?attend donc aux situations convenues. Celles-ci y sont : le bivouac en pleine nuit en rase campagne dans le fond du sud des États-Unis, le cloaque dans lequel tombe une des jeunes filles, l?indigène aux m?urs répugnantes et aux dents toutes pourries, le petit village perdu et désert, l?indigène qui paraît accueillant et qui s?avère être un psychopathe meurtrier, etc.

C?est fait exprès, les scénaristes (Chad & Carey W. Hayes) nous poussant à souhaiter la mort de ces personnages, pour rendre le spectacle plus jouissif, possiblement. Le film joue sur la médiocrité de ses acteurs, Paris Hilton en tête, qui ne semble pas se rendre compte de la farce dont elle est l?objet. Cela donne aussi un double sens à cette histoire : ces personnages insipides, insignifiants et lamentablement interprétés finissent par être transformés en statues de cire.

La Maison de cire est un film astucieux, intelligent dans ses allusions. Mais le coup de maître se trouve dans la façon dont scénaristes et réa-lisateur sont parvenus à intégrer les éléments du film d?épouvante d?autrefois à l?univers du film d?horreur d?aujourd?hui. La maison, faite de cire, abrite des statues de cire figées dans les années 1960.

Les paroissiens assistant à un enterrement et le pasteur qui officie sont des statues de cire. La vieille dame épiant derrière ses rideaux est une statue de cire animée. Le public du cinéma est un public de statues en cire. Il regarde quoi ? Un film d?une cruauté inouïe.

Voilà un film qui pousse le sadisme à un degré de raffinement rarement atteint dans le cinéma grand public d?aujourd?hui. Rien que pour cela, il mériterait le déplacement, mais le clou est bel et bien cette fin apocalyptique. Baroque et dantesque, elle est une référence directe aux films des deux maîtres, tout en portant sa propre part de symbolisme.

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