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?La loi ne sert à rien si on ne change pas de mentalité?
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?La loi ne sert à rien si on ne change pas de mentalité?
?Mankind cannot be made virtuous by an act of parliament !? C?est sur le ton de la détente, que l?ancien juge Vidya Narayen, qui préside la Sex Discrimination Commission, explique aux uns et aux autres la loi contre la discrimination sexuelle. Elle s?adressait hier au patronat.
?Cette loi promulguée le 8 mars dernier, explique-t-elle, vise à maintenir les engagements pris par l?Etat vis-à-vis des Conventions internationales des Nations unies.? Mais Vidya Narayen estime qu?il n?en sortira rien de bon s?il n?y a pas un changement d?attitudes et de mentalité. La discrimination étant généralement orientée vers les femmes, les objectifs sont donc de promouvoir l?égalité, d?éliminer la discrimination sur la base du sexe, du statut marital, de la grossesse et des responsabilités familiales dans l?emploi.
Dans son survol de la loi, l?ancien juge se limite à l?emploi. Discriminer signifie être traité défavorablement par rapport au sexe opposé. La discrimination est directe, par exemple, dans des avis d?entreprises souhaitant recruter uniquement des hommes ou des femmes. Elle est indirecte dans la publication d?un avis de recrutement dont une condition d?embauche serait de n?avoir pas pris de congés durant les cinq dernières années. Ce qui disqualifie d?emblée celles qui ont bénéficié de congé de maternité.
Le statut marital dénote si la personne est célibataire, mariée, veuve, divorcée ou vivant en concubinage. ?Autrefois, il fallait être célibataire pour faire certains métiers. Ce temps est révolu, mais dans l?esprit de certains recruteurs, il y a souvent un parti pris défavorable envers la femme qui vit en concubinage. Il faut changer cela : c?est la qualité du travail et non la vie privée qui doit être considée.?
La discrimination par rapport aux responsabilités familiales survient quand un employeur hésite à employer une femme qui en a. De même que refuser d?employer une femme pour cause de grossesse, du fait qu?elle est en âge de procréer ou qu?elle manifeste son intention de le faire.
La discrimination ne doit pas se situer dans les conditions d?embauche. A travers, par exemple, des allocations de repas ou de transport, différentes en fonction du sexe de la personne. En revanche, il n?y a pas discrimination quand l?employeur peut prouver qu?il y a reasonable test. C?est-à-dire que sa décision est justifiée dans les circonstances. Exemple : une augmentation de l?allocation repas d?une employée enceinte pour qu?elle s?achète des fruits ou un transport plus confortable à des employés souffrant du dos.
Les exceptions dans la loi concernent les compétences réelles pour l?emploi. Comme pour les mannequins, pour le port de vêtements spécifiques ou encore des acteurs pour des rôles précis. ?Un employeur est dans son droit s?il organise une formation rien que pour ses employées qui n?ont pas une compétence voulue. Ces exceptions sont des actions positives.?
Si cette loi tient compte du harcèlement sexuel, c?est parce ce délit est considéré comme une forme de discrimination en jurisprudence internationale. Il s?agit d?un comportement sexuel non bienvenu, non sollicité et non encouragé qui fait que la personne concernée se sent humiliée.
Le harcèlement sexuel peut se traduire par des regards insistants, des blagues salaces, l?envoi de SMS inappropriés et la présence constante de magazines érotiques sur un bureau. Des comportements qui rendent le lieu de travail inconfortable à la personne à qui ils s?adressent. Le harceleur peut être le patron ou son agent, un supérieur hiérarchique mais aussi un collègue. ?C?est dommage, dit Vidya Narayen, que la loi mauricienne ne soit pas comme celle de la Grande-Bretagne, qui rend l?employeur responsable pour le harcèlement sexuel sur le lieu de travail quand il a été averti, mais qu?il n?a pas agi. Je suggérerai d?amender la loi en ce sens.?
La personne victime de discrimination peut porter plainte devant la Sex Discrimination Division. Cette dernière entend les parties concernées sous serment et en toute confidentialité avant de tenter la conciliation. En cas d?échec, la plainte est référée au Directeur des poursuites publiques.
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