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La libéralisation des tarifs de téléphonie mobile effraie
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La libéralisation des tarifs de téléphonie mobile effraie
Laisser jouer la concurrence en laissant les opérateurs de la téléphonie mobile décider librement des tarifs qu?ils imposent au public. Pour l?Information & Communication Technologies Authority (Icta), qui jusqu?ici doit donner son accord pour les tarifs, cette proposition devait faire chaud au c?ur d?opérateurs et usagers. Mais c?était mal connaître leurs sentiments. La proposition faite à la mi-janvier par l?autorité régulatrice du secteur des télécommunications donne des frissons : la peur du grand méchant loup s?est emparé d?Emtel et de Cellplus.
Et ils l?ont fait savoir à MT en soumettant des dossiers à l?Icta en espérant pouvoir la convaincre. Les consultations sur la libéralisation des tarifs du mobile prennent fin aujourd?hui.
La crainte des deux opérateurs est de se faire dévorer par un opérateur plus puissant qui risquerait de les étrangler en proposant des tarifs tellement bas qu?ils ne pourront suivre, subissant ainsi une hémorragie de clients. Et dans de tels cas, la mort n?est jamais loin. Ici, le loup est le géant indien Mahanagar Telephone Nigam Ltd (MTNL) qui se lance sur le marché prochainement.
?Il n?y a aucun filet de sécurité. Il peut casser les prix, donner des téléphones mobiles en cadeau et étouffer ainsi le marché?, commente Shyam Roy, directeur exécutif d?Emtel.
Chez Cellplus, une équipe travaille également sur un document visant à empêcher une mise hors-circuit rapide à cause de tarifs trop bas. ?La libéralisation des tarifs de téléphonie mobile ne nous pose pas problème, au contraire. Reste que des tarifs en dessous du coût réel de la communication ne peuvent être permis. Ce serait de la tricherie?, soutient un cadre de Cellplus.
L?Association des consommateurs de l?île Maurice (Acim) est également très réservée sur la question de libéralisation des tarifs. ?A court terme, la mesure peut être bonne pour l?usager puisqu?il assistera à une guerre des prix. Mais si un opérateur décide de faire du dumping, c?est-à-dire de casser les prix jusqu?à tuer tout le monde pour ensuite imposer ses tarifs, cela ne peut qu?être néfaste?, est d?avis Jayen Chellum, directeur de l?Acim.
Et un poids lourd tel que MTNL a les ressources financières pour pouvoir supporter de vendre ses services au consommateur à perte pendant un laps de temps suffisamment long pour étouffer la concurrence. La compagnie a, en effet, un profil financier extrêmement sain. Actuellement, elle dispose de réserves et d?un surplus d?environ Rs 56 milliards. Vendre à perte durant quelque temps ne lui ferait pas grand tort.
D?autant plus que le marché mauricien est relativement petit, et cela même avec environ 500 000 usagers de mobile. Dans les pays développés, le problème ne se pose pas. Vendre à perte sur un marché qui compte des dizaines de millions d?usagers serait un suicide. ?S?ils cassent les prix, et rien dans la proposition de l?Icta ne l?empêche, comment allons nous pouvoir rivaliser ??, se demande-t-on à la Telecom Tower.
Et MTNL n?a certainement pas l?intention de jouer au touriste avec les pieds dans le sable et la tête dans les palmiers. Que ce soit au niveau de la téléphonie classique, la téléphonie mobile ou la téléphonie internationale, la compagnie a de l?appétit.
En un an, la multinationale compte séduire 50 000 usagers. En visite au pays l?année dernière, Ashok Kumar Girotra, directeur exécutif de MTNL, devait déjà promettre de vendre ses produits ?en dessous des tarifs de MT?.
Il est cependant un fait que Cellplus et Emtel elles-mêmes, lorsque MTNL était encore loin de songer à poser ses valises à Maurice, demandaient plus de flexibilité dans la tarification. Ce qui est toujours le cas aujourd?hui. ?Nous sommes pour la libéralisation des tarifs, mais il faut que cela se fasse de manière civilisée. L?on ne peut offrir la possibilité à un opérateur de casser les prix?, souligne Shyam Roy.
Chez MTNL, l?on reste toutefois très discret sur la question. La date de démarrage de ses opérations, qui a pris un retard de plusieurs mois, ainsi que son opinion sur la tarification est comparable à un secret d?Etat. En l?absence de Brijesh Mittal, directeur général de la branche mauricienne, les cadres de la compagnie se sont abstenus de tout commentaire.
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