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La liberté conditionnelle comme alternative
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La liberté conditionnelle comme alternative
Huit détenus sur dix récidivent après avoir purgé leur peine. Ces chiffres, contenus dans un document de travail rendu public hier par Kinouété, Right Now ! et la Société d’entraide et de bienfaisance (SEB), devrait convaincre ceux qui doutaient encore de l’inefficacité du système pénitentiaire actuel. Ces trois organisations non-gouvernementales (Ong) militent pour la mise en place d’un “régime de liberté conditionnelle à Maurice”.
“On insiste sur l’importance de la réinsertion. Il y a une possibilité de changer la situation à Maurice”, affirme la présidente de Right Now !, Shakti Callikan. Une logique rendue d’autant plus pertinente par les chiffres. Les délinquants sexuels et meurtriers constituent moins de 2 % de la population carcérale. Et les prisons, qui peuvent accueillir jusqu’à 2 087 détenus, sont surpeuplées. Ce qui engendre des problèmes de contrôle. Selon Juliette François de Kinouété, les gardiens de prisons se plaignent régulièrement de se sentir “impuissants. Si les gardiens n’arrivent pas à gérer les prisonniers, cela devient extrêmement dangereux.”
Les trois Ong sont donc en faveur de la création d’un système de liberté conditionnelle, en partie parce qu’il amènera les détenus à “adopter une attitude plus constructive”. Juliette François avance que “si on veut faire qu’une personne ne retourne pas en prison, il faut l’encourager, lui donner les outils pour qu’elle puisse changer de comportement”.
Les trois Ong se disent “certaines que la répression pure et dure ne portera pas de fruits”. Face à cela, “la liberté conditionnelle prévoit que le détenu puisse, après avoir rempli de nombreuses conditions, sortir et finir de purger sa peine hors des murs de la prison. Elle ne prévoit pas que la peine d’un détenu soit réduite.”
“Ainsi le détenu reste sous surveillance des services judiciaires et carcéraux mais peut recommencer une vie familiale et professionnelle à peu près normale. S’il manque à ses engagements, il est renvoyé en prison. La liberté conditionnelle est un pont entre la vie en milieu carcéral et la vie en société”, explique le document.
Évaluation
Une commission présidée par un ancien juge serait chargée de décider quels prisonniers méritent la liberté conditionnelle. “Des facteurs primordiaux sont à prendre en compte pour évaluer la situation et déterminer s’il existe un risque que le délinquant récidive durant sa période de liberté conditionnelle.”
Parmi ces facteurs, l’on compte la nature du délit commis, ses antécédents criminels, sa santé mentale, entre autres. Sa conduite durant son incarcération ou ses projets de réinsertion seront également pris en compte par la commission.
Le Bureau du Premier ministre et le ministre de la Justice sont déjà en possession du document qui a été bien accueilli, affirme Juliette François. Gérard Weil de SEB, estime que la réussite d’un tel système dépendra d’un “consensus national” entre tous les partenaires, en l’occurrence les autorités pénitentiaires, le gouvernement et la société civile.
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