Publicité

La langue des signes quand la télé brise le silence

23 octobre 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Quand ses mains parlent, elles permettent à des téléspectateurs d?entrer dans l?univers des sourds-muets. Depuis peu, Iranee Boolakee présente un spot de conscientisation sur la langue des signes mauriciennes après le journal télévisé de 19 h 30. L?initiative de ce programme vient du Ministère de la Sécurité Sociale et de la MBC en collaboration avec l?école des sourds.

« C?est pour le moment, un ongoing process. On n?a pas décidé si cela durera un mois ou deux. Il y a environ mille signes dans le dictionnaire de langue des signes mauricienne. La première phase, c?est cette campagne.

La deuxième phase ira vers l?intégration dans certaines émissions », devait faire ressortir Palmesh Cuttaree, responsable des relations publiques à la MBC.

C?est tout sourire qu?Iranee Boolakee, présentatrice du spot de conscientisation, arrive au studio A en compagnie de Danny Ramos, puéricultrice et Arrtee Bissoonauthsing, cadre à la Society for the Welfare of the Deaf.

C?est l?école des sourds qui a choisi Iranee Boolakee afin de présenter ce programme. « C?est la première fois qu?il y a le langue des sourds mauriciens à la télévision. C?est une importance que l?on donne à la communauté des sourds. Ils peuvent enfin comprendre ce qui se passe à la télé », explique-t-elle très enthousiaste. C?est une toute nouvelle notoriété que connaît Iranee Boolakee. Dans la rue, les gens la reconnaissent et la saluent. « A la foire, à la poste ou à la banque, on me sourit, on me reconnaît. Et cela peu importe dans quelle ville, je suis. A la poste, par exemple, on me dit même merci et au revoir en langue des signes ! »

Grande flexibilité

Deux spécialistes d?origine mauricienne ? Alain Gébert et Dany Adone ? sont venus étudier la langue qu?utilisaient les sourds entre eux. « Les Mauriciens parlent naturellement beaucoup avec les mains. Ils se sont rendus compte que la langue des signes mauricienne existait et que cela apportait une sécurité sociale pour les sourds-muets. Cela a été prouvé de manière scientifique.

Le public mauricienne n?est cependant pas assez au courant. Ces programmes à la télévision ne sont pas que pour les sourds mais aussi pour les entendants », explique Noorjeha Joonas, présidente de la Society for the Welfare of the Deaf.

L?équipe du réalisateur Arjoon Putlajee se charge de ce programme. C?est avec une grande gentillesse et une grande flexibilité que se déroulent les enregistrements. La patience et le calme du caméraman Kumaren Parianen permettent de garder une ambiance détendue. Dany Ramos veut voir le premier enregistrement avec le son. La requête est tout de suite acceptée. Au moindre souci Arjoon Putlajee intervient.

Le réalisateur nous explique que dans chaque production, il y a quelque chose de différent. Il souligne que cette production n?est pas très compliquée à réaliser car elle ne requiert qu?une caméra fixe. Le décor est aussi simple. Le matériel du Mauritian Sign Language est ainsi utilisé.

De toute sa carrière, c?est bien la première fois que le réalisateur se retrouve dans un tel projet. Il avait plutôt l?habitude des artistes. « Au début, j?avais systématiquement besoin de Danny Ramos et de Artee Bissoonauthsing. Maintenant, tout doucement, j?arrive à communiquer directement avec Iranee. Disons que j?y arrive à 25 %. C?est définitivement un plus pour moi ! », explique Arjoon Putlajee. Dans son équipe, tous commencent, d?ailleurs, à s?y connaître un peu en langue des signes.

Palmesh Cuttaree, responsable des relations publiques à la MBC, souligne l?importance de ce projet. « La MBC est partie prenante de cette initiative. Nous espérons pouvoir ainsi aider davantage dans l?interaction entre les sourds-muets et les entendants », ajoute-t-il.

Dany Adone, linguiste dans une université allemande, sera bientôt à Maurice pour former des interprètes à la langue des sourds mauricienne. Ils devraient, par la suite, être présents à la télévision dans des programmes spécifiques tels que Picsidou ou encore pour un journal télévisé hebdomadaire.

Publicité