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La junte birmane se replie dans la jungle
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La junte birmane se replie dans la jungle
La junte militaire du Myanmar, classée par les Etats-Unis parmi les “avant-postes de la tyrannie”, a entrepris hier de déplacer certains ministères clefs dans des lieux tenus secrets hors de la capitale.
Ce déménagement n’a donné lieu à aucune annonce officielle mais des observateurs de la situation en ex-Birmanie estiment que les généraux veulent pouvoir se replier sur des sites mieux protégés en cas d’attaque extérieure.
Le lieu choisi est situé à Pyinmana, à 320 kilomètres au nord de Rangoon, dans une région de jungle et de montagnes.
“Nous avons commencé à déplacer les effectifs ce matin. Des convois de camions, transportant du matériel et le personnel de divers ministères, sont partis pour Pyinmana tôt ce matin”, a déclaré hier à Reuters un haut fonctionnaire.
Les Affaires étrangères, l’Intérieur, le Commerce, le Plan et le Développement économique sont les premiers ministères concernés. “D’après ce que je sais, tous les ministères devront déménager, du moins en partie”, a-t-il ajouté.
Les fonctionnaires concernés par ce déménagement n’en ont été informés que vendredi matin. Ils ignorent ce que sera leur vie à Pyinmana. “Nous ne savons rien de cet endroit, où nous allons vivre, ce que nous allons manger, etc.”, précise ce fonctionnaire.
Les premières rumeurs d’un déménagement des sites sensibles de la junte sont apparues il y a près de deux ans. Mais la brutalité du déménagement a pris de court les fonctionnaires.
“Je ne pouvais pas en croire mes oreilles lorsque j’ai entendu parler de ce projet pour la première fois. Nous n’en avons tous été officiellement informés que vendredi, nous étions choqués de l’entendre”, témoigne un fonctionnaire du ministère du Commerce.
“Mon père, qui travaille pour un autre ministère, est parti ce matin pour Pyinmana. J’irai là-bas avec la seconde vague, peut-être en décembre. Ma mère qui est malade restera seule ici”, ajoute-t-il.
La junte n’a pas donné le choix au personnel des ministères et ces délocalisations sont obligatoires. Un fonctionnaire rapporte que les démissions sont interdites et les demandes de transfert gelées. “Nous n’avons pas l’autorisation d’amener nos familles avec nous”, précise-t-il.
De sources birmanes, on indique que les généraux sont en train d’équiper la région de Pyinmana d’une piste d’aviation, d’un hôpital et d’une centrale hydroélectrique.
Mais les raisons véritables de ce déménagement restent mystérieuses. “Dieu seul le sait”, répond un diplomate en poste à Rangoon. “Nous nous demandons si nous devrons nous rendre là-bas pour rendre des visites de courtoisie aux ministres.”
Aung HLA TUNPublicité
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