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La grippe aviaire est de retour
Grande-Bretagne, Hongrie, Nigéria, Indonésie. Un an après la dernière crise majeure de grippe aviaire, l’apparition de nouveaux foyers relance les craintes d’un retour de l’épizootie. Le ministre de l’Agriculture français, Dominique Bussereau, a annoncé récemment dans un communiqué avoir saisi l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), dont la réponse est attendue lundi, après la détection du virus H5N1 de la grippe aviaire dans un élevage au sud de l’Angleterre.
“Une évaluation de la situation et du niveau de risque en France a été demandée à l’Afssa”, a indiqué le ministère. Ce dernier a également rappelé “que des mesures de surveillance de la faune sauvage et des élevages sont mises en œuvre en permanence et n’ont pas permis de déceler la présence du virus H5N1 sur le territoire de la France en 2007”. “Les mesures en vigueur prévoient que l’alimentation et l’abreuvement des oiseaux doivent être protégés de tout contact avec la faune sauvage”, poursuit le communiqué qui précise que “des mesures complémentaires seront prises si nécessaire dès connaissance de l’avis de l’Afssa”.
L’Irlande a également mis en place des mesures de précaution, plaçant ses laboratoires en état d’alerte, augmentant les capacités des services vétérinaires et renforçant une ligne téléphonique dédiée. Un comité ministériel chargé des épizootie et épidémies a aussi été réuni, a expliqué la ministre de l’Agriculture Mary Coughlan. En revanche, Dublin n’a pas décidé d’imposer de restrictions sur le transport des volailles et n’a pas demandé aux propriétaires d’élevages d’enfermer leurs volailles dans des lieux clos, a-t-elle précisé.
En Europe, la confirmation le 29 janvier du virus H5N1 dans un élevage hongrois marque la réappartion du virus après six mois d’absence : le dernier cas détecté remontait à août dernier, au zoo de Dresde, en Allemagne. Samedi, la Grande-Bretagne a confirmé la présence dans un élevage de dindes de l’est de l’Angleterre d’une souche du virus hautement pathogène H5N1 originaire d’Asie, semblable à celle trouvée le mois dernier en Hongrie.
La réapparition quasi simultanée du virus dans deux pays européens réveille de très mauvais souvenirs : au plus fort de la dernière crise, entre fin 2005 et juin 2006, quatorze pays de l’Union européenne avaient été touchés par le virus H5N1. Ils avaient dû prendre des mesures draconiennes de surveillance et de confinement des élevages, coûteux pour les professionnels. La chute des ventes de volailles avait atteint 15 % au plus fort de la crise en France. Les experts de l’UE prévoient des mesures précises en cas de suspicion de grippe aviaire : abattage de toutes les bêtes de l’élevage, zone de protection dans un rayon de trois kilomètres autour de l’exploitation et zone de surveillance dans un rayon de dix kilomètres. Dans la zone de protection, les volailles doivent rester enfermées et tout déplacement de volailles vivantes ou morte est interdit. La viande ne peut être vendue. Les autorités britanniques ont entrepris samedi l’abattage des 159 000 dindes de l’élevages touché.
Une nouvelle version du plan grippe aviaire, qui vise à faire face à une éventuelle pandémie grippale en France, sera présentée “dans les jours à venir”, annonce Matignon.
Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a réuni à Matignon les ministres concernés par le dossier de la grippe aviaire. Le dispositif français de protection et de surveillance contre la grippe aviaire, déjà adapté, sera “réévalué en tant que de besoin au vu de l’évolution de la situation épidémiologique”, précise Matignon dans ce communiqué.
L’Afssa a cependant jugé que le niveau de risque pour la France devait passer de “négligeable” à “faible”. L’hypothèse d’une pandémie grippale affectant l’homme reste à l’étude.
“La nouvelle version du plan grippe aviaire sera rendue publique bientôt, le même plan ayant été ce présenté hier aux préfets auxquels un effort particulier de sensibilisation et de mobilisation des acteurs locaux sera demandé”, indique le communiqué.
Le dispositif décidé par les autorités françaises prévoit le renforcement de la surveillance des oiseaux sauvages et des élevages, l’interdiction des lâchers de pigeons “avec départ ou survol des pays où des cas sont apparus” et l’interdiction du transport des appelants, oiseaux employés pour la chasse au gibier.
<B> © Le Monde 2007
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
PRÉVENTION
<B>Djakarta, Baxter signent un accord sur un vaccin</B>
■ Le gouvernement indonésien a signé hier un protocole d’accord avec une unité suisse de la société américaine Baxter International portant sur la fabrication d’un vaccin contre la forme humaine de la grippe aviaire.
Ce protocole d’accord donne à l’Indonésie le droit de produire des vaccins et de les commercialiser dans certains autres pays, selon le projet d’accord.
L’accord a déclenché une polémique parce qu’elle a été associée à la décision de l’Indonésie de ne pas partager ses échantillons de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire avec des laboratoires étrangers. Mais la compagnie Baxter a assuré que cette décision-là n’avait rien à voir avec le protocole d’accord conclu.
L’Indonésie est le pays au monde qui porte le plus lourd fardeau en termes de victimes humaines (63) de la grippe aviaire, sur un total de 166 décès enregistrés dans le monde entier au cours des quatre dernières années. Un porte-parole du ministère indonésien de la Santé avait déclaré avant-hier que le vaccin visait à empêcher la transmission du virus des volatiles aux humains, ce qui est nécessaire pour la situation actuelle mais pas en cas d’éventuelle pandémie où la maladie pourrait se transmettre d’homme à homme.
INQUIÉTUDES
<B>Nouvelle victime au Nigéria</B>
■ Les pays d’Afrique n’ont pas la même logistique de soins que les pays de l’Europe de l’Ouest. Il est toujours possible d’éliminer une souche lorsqu’on sait d’où il vient. Néanmoins, les recherches vont être difficiles. Abdoullahi Nasidi, le directeur de la Santé publique au au ministère fédéral indique qu’il a été établi avec certitude qu’une personne est morte au Nigéria de la grippe aviaire. Que va-t-il se passer ?
Suite à la mort d’une femme le 17 janvier 2006, une enquête a été diligente pour expliciter la mort de celle-ci. Selon les propos d’Abdoullahi Nasidi (le directeur de la santé du Nigéria) “Nous avons établi avec certitude qu’une personne est morte de la grippe aviaire. Deux autres cas mortels ne sont pas encore confirmés”. La victime du virus H5N1, décédée en janvier. était une jeune femme âgée de 22 ans. Elle était originaire de la capitale économique du Nigéria : Lagos. La mère de la victime, qui présentait des symptômes similaires, est décédée une douzaine de jours avant, le 4 janvier, mais aucun prélèvement n’a été effectué sur cette femme en vue d’analyses, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce décès est le premier cas humain enregistré en Afrique sub-saharienne. Plusieurs personnes cependant sont décédées récemment, après avoir présenté des symptômes grippaux. L’OMS précise toutefois que, dans deux autres cas mortels suspects, toujours au Nigeria, dans l’Etat de Taraba , à la frontière avec le Cameroun, les analyses préliminaires n’ont pas encore permis de déceler le virus H5N1. D’après le Centre national de la crise contre la grippe aviaire, l’un de ces deux cas suspects habitait dans la même maison que la jeune femme décédée. Le 7 février 2006, le Nigeria avait été le premier pays africain à annoncer un cas de grippe aviaire dans l’Etat de Kaduna où, depuis, quelque 950 000 volatiles sont morts : 350 000 poulets ayant officiellement été décimés par le virus.
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