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La grève, oui, mais en dernier recours

6 juillet 2004, 20:00

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La grève, ultime arme. C?est la réflexion à laquelle semblent vouloir pousser les représentants et du Bureau international du travail (BIT) et ceux du gouvernement. Avec des syndicalistes et des employeurs, ils sont réunis pour un séminaire sur la liberté d?expression du travailleur et le droit de s?organiser.

Le séminaire, qui se tient au Domaine Les Pailles, dure trois jours. Une délégation du BIT a fait le déplacement pour encadrer une réflexion sur les implications de la ratification de la convention 87 du BIT, relative aux thèmes susmentionnés. Cette réflexion est jugée primordiale dans le cadre de la révision de l?Industrial Relations Act (IRA) de 1971, loi-cadre régissant les relations industrielles.

A l?ouverture hier, le Premier ministre par intérim, Jayen Cuttaree, qui a dans le passé présidé un Select Committee sur l?amendement de l?IRA, a fait comprendre ses réserves : une grève doit être utilisée en dernier recours même si elle demeure un droit fondamental. ?Si la grève n?est pas utilisée à bon escient, elle risque de mettre en péril l?économie du pays, actuellement menacée par l?érosion graduelle des accords préférentiels comme, par exemple le sucre?, a-t-il dit.

C?est également sur ce point qu?ont insisté les responsables du BIT. ?Le droit de grève est certes fondamental mais il droit être utilisé comme une arme de dernier recours. L?inclure dans la Constitution n?est pas un problème mais il faut savoir comment l?utiliser?, a déclaré Bernard Gernigon, Chief Freedom of Association Branch du BIT. Jean-Claude Javillier, directeur du Département des normes internationales du BIT, a souligné à l?intention des syndicalistes la nécessité d?une ?approche consensuelle ?.

Avant la grève, il y a le dialogue, a poursuivi le ministre. Il a lancé un appel à développer une atmosphère de dialogue et de patriotisme entre la classe travailleur et patronale. C?est là l?essentiel, a-t-il dit. ?Je crois que l?avenir dépend de l?étendue et de la qualité du dialogue social entre les partenaires tripartites.?

Mais pour que ce dialogue en soit un, pour que les travailleurs puissent discuter avec leurs employeurs, il faut qu?ils soient mieux informés, a ajouté Showkutally Soodhun, ministre du Travail et des Relations industrielles, après avoir approuvé les propos de son collègue. Il invite les uns et les autres à plus de prudence dans des actions industrielles, une prudence d?autant plus nécessaire que la période est marquée par des pertes d?emploi.

A l?instar de Rashid Imrith, les syndicalistes semblent bien décider dans leur revendication. Le représentant de la National Trade Union Confederation a rappelé que c?est le Mouvement militant mauricien qui a eu, dans son manifeste électoral de 1983, l?idée d?inclure le droit de grève dans la Constitution. Selon lui, maintenant que le leader de ce parti est Premier ministre, il n?y a aucune raison pour que la promesse ne devienne pas réalité.

Rashid Imrith a déploré le fait que les différents gouvernements, qui se sont succédé depuis 1973, n?ont pu amender l?IRA afin d?assouplir les procédures pour déclencher une grève. Outre la reconnaissance du droit de grève, Rashid Imrith a présenté deux autres propositions : non à l?arbitrage obligatoire pour résoudre un problème industriel et l?amendement de la loi pour empêcher un employeur de renvoyer un travailleur pour avoir participé à une action industrielle.

Le séminaire prend fin demain. Plusieurs thèmes sont inscrits à l?agenda, notamment le droit de se syndiquer, les pouvoirs du Registrar concernant l?enregistrement et l?administration des syndicats, et le mécanisme de résolution des conflits industriels.

Un incident a failli perturber la cérémonie. Un groupe de syndicalistes a menacé de faire un walk-out lorsqu?ils ont appris qu?il n?était pas prévu qu?un représentant du syndicat prononce un discours d?ouverture. Fort heureusement, le programme a été vite amendé.

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