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La fraise a la pêche
Investir dans la culture de fraises, c?est le rêve d?enfance de Roumila Mungur devenu vrai. A la tête de Fresh Strawberry Ltd, la Managing Director, aidée de ses deux fils Navin et Kamlesh, voit grand. La société, créée en 2005, compte la plus grande culture de fraises sous serre, soit sur une superficie de 1 500 mètres carrés et projette même de se lancer dans la transformation des fruits en confiture et marmelade dès l?année prochaine.
Avec ses huit employés à plein-temps, l?entreprise familiale située à Floréal, a su se tracer un chemin dans un secteur comptant une soixantaine de cultivateurs, dont quatre gros planteurs.
Produisant sur une base semi-commerciale, Fresh Strawberry Ltd fait son marketing et sous-traite auprès de maraîchers, grandes surfaces (Shoprite, Super U, etc.) et hôtels, La Pirogue, Sugar Beach, entre autres, tout en lorgnant de nouveaux marchés. La vente ne s?opère jamais directement avec le particulier.
?Le marché au niveau des supermarchés est saturé. Mais on trouvera de nouveaux clients.? Navin Mungur, qui gère l?entreprise conjointement avec sa mère, est confiant.
De 1 000 à 20 000 plants
?Nous nous distinguons de nos concurrents car nous apportons un plus à notre clientèle : la qualité. Nous respectons les normes et guidelines soumises par l?Agricultural and Research Extension Unit dans la culture de fraises et nous garantissons la qualité de notre produit qui est frais de surcroît?, ajoute le jeune homme, encore étudiant à la DCDM Business School.
C?est ce qui explique en partie l?investissement massif dans la construction d?une serre à Sadally qui sera opérationnelle à 100 % dès 2008. Ce sera d?ailleurs un pas pour obtenir la certification ISO car la plantation en culture protégée permet une récolte de fraises d?une meilleure qualité. En effet, les cultures en plein air courent plus de risques d?être affectés par les averses et les insectes, entre autres.
Ses premiers plants de fraises locaux, Roumila Mungur, pionnière dans le domaine, les a obtenus en 1992 d?un bon samaritain qui connaissait son désir pour la culture de fraises. Elle exploite alors un terrain d?une superficie de six perches et n?injecte que Rs 3 000 pour démarrer son business. Si pendant deux ans, elle cultive un terrain de 15 perches à Tamarind Falls, elle décide de retourner vers Floréal pour faciliter la livraison aux clients.
Au fil des ans, son exploitation passe de 1 000 à près de 20 000 plants. Mais cela, pas sans difficultés. Changement climatique avec notamment davantage de pluie, pourriture grise (une des maladies affectant les fraises) et bêtes nuisibles jouent souvent aux trouble-fêtes.
Mais ni le long délai pour l?obtention d?un emprunt de la Development Bank of Mauritius, ni l?annulation des facilités hors-taxe sur les véhicules destinés aux planteurs n?empêcheront la petite entreprise de s?étendre et de songer à de nouveaux horizons pour faire connaître ses fraises portant le label ?Made in Mauritius?.
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