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La fourniture gratuite de pain à l?école revue

27 juin 2006, 00:00

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Pression de l?opinion publique aidant, le gouvernement change d?avis. Ce n?est certes pas un revirement total, mais un ajustement. Après l?annonce de la fin pure et simple du Primary school feeding programme le 9 juin lors du discours du budget, le gouvernement décide maintenant d?être moins radical dans son approche.

Un comité élargi est en ce moment même en train d?être mis sur pied au niveau du ministère de l?Education pour voir comment la distribution de pain dans les écoles primaires peut être maintenue en l?adressant uniquement à ceux qui se trouvent au bas de l?échelle sociale. La décision a été prise durant le week-end.

?L?objectif est de discuter avec tout le monde afin de trouver une solution qui plaira à la grande majorité. Ceux qui en ont le plus besoin continueront à avoir leur pain. Du moins, nous travaillons dans ce sens?, assure une source au ministère de l?Education.

Plusieurs options sont à l?étude. L?une d?entre elles est d?octroyer une certaine somme à chaque Parent-Teacher Association (PTA) qui achètera du pain, fourré on non, aux écoliers qui en ont besoin.

Un élève sur cinq concerné

La Government Teachers? Union (GTU) a d?ailleurs fait une proposition dans cette direction lors de sa conférence de presse hier. Son président, Vinod Seegum, estime qu?il faudrait laisser le choix aux parents. ?L?idéal serait de faire remplir un formulaire par chaque parent pour savoir s?il estime que son enfant a besoin de son pain quotidiennement à l?école. Le renouvellement de ce formulaire se ferait sur une base annuelle?, suggère ce dernier.

Si tout le monde est plus ou moins d?accord sur le fait que le school feeding programme, qui a coûté environ Rs 26 millions pour l?année financière 2005-2006, souffre d?une certaine forme de gaspillage, le monde éducatif est en majorité en faveur du maintien du projet, du moins d?une manière ciblée.

?Il est évident que lorsqu?on va dans les écoles, on constate que beaucoup d?enfants apportent du pain de la maison ou ont de l?argent pour s?acheter de quoi manger dans les cantines. Toutefois, il y a également un nombre élevé qui en a vraiment besoin. Nous allons voir comment nous pourrons les aider?, indique Hervé de St Pern, directeur du Bureau de l?éducation catholique (BEC). Ce dernier chiffre le nombre d?élèves en grande difficulté à 20 % de la population des établissements primaires gérées par le BEC.

Aujourd?hui, une réunion aura d?ailleurs lieu autour de ce thème avec les maîtres d?école des établissements primaires catholiques. Un projet sera défini pour effectuer un meilleur ciblage. ?Nous essayerons de formuler quelque chose qui soit bénéfique à chaque élève qui en a besoin. Ce serait bien si nous pouvions trouver un moyen avec l?Etat où il aiderait à contribuer pour ces enfants?, avance Hervé de St Pern.

Le désir de maintenir le programme alimentaire touche également les hautes sphères du mi-nistère de l?Education. ?C?est tout à fait vrai que nous assistions à un énorme gaspillage, cela surtout dans les star schools que fréquentent les enfants provenant de familles aisées. Et c?est vrai également que dans certaines écoles, certains responsables se livraient à un petit commerce en revendant ces pains ailleurs, mais il est tout aussi vrai que beaucoup d?enfants viennent encore toujours le ventre vide à l?école pour diverses raisons. Un ciblage s?impose?, confie un haut responsable du mi-nistère de l?Education.

Formule inadaptée

Le programme d?alimentation continue cependant dans les 30 écoles ZEP du pays. Chaque enfant qui y suit les classes continuera à avoir son petit repas généralement constitué d?un pain fourré et d?un gâteau ou d? un biscuit. Le coût de cet aspect du projet ZEP est d?en-viron Rs 18 millions.

Quant au Primary school feeding programme, il est maintenu sous sa forme actuelle jusqu?au 30 juin. Initialement, ordre avait été donné par le ministère de l?Education pour l?interrompre dès le lundi 12 juin, mais la levée de boucliers devait l?étendre jusqu?au 30 juin. Les autorités espèrent pouvoir appliquer la nouvelle formule du programme dès le 1er juillet.

Quant à la proposition du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, de donner une aide de Rs 225 à ceux au plus bas de l?échelle au lieu de la distribution de pain, elle est jugée inadaptée. Même si ce soutien financier aux nécessiteux est plutôt bien accueilli. ?Comment s?assurer qu?un parent qui a déjà un grand besoin d?argent utilisera cette somme pour donner du pain à ses enfants?, se demande Vinod Seegum.

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