Publicité
La folle journée d?Anil Bachoo
La journée d?hier marquera à jamais la vie d?Anil Bachoo. Elle est pleine d?émotions, mais elle représente surtout un tournant important dans sa carrière politique. Il reste pourtant très calme et souriant. Derrière cette façade, il finit par avouer son regret, dans l?après-midi. ?On ne franchit pas une telle étape sans éprouver beaucoup de regret. Mais cela fait partie de la vie. Bizin aksepte?, lance-t-il quelques minutes avant de livrer ses états d?âme à la presse.
Tôt le matin, vers 8 heures, Anil Bachoo arrive à son bureau pour entamer sa dernière journée comme ministre des Infrastructures publiques, du Transport et de la Navigation. A partir de ce moment, et jusqu?à ce qu?il quitte son bureau vers 10 h 45 pour la State House, une grande effervescence s?empare du quatrième étage de l?hôtel du gouvernement. C?est la bousculade pour le rencontrer, alors que l?atmosphère est très lourde.
Le député Dev Hurnam, lui rend visite. Son conseiller, Noël Lee Cheong Lem, vise sa lettre de démission en compagnie de quelques proches. Le ministre de l?Education Steven Obeegadoo, qui se rend à ce ministère pour faire le point sur les travaux dans les collèges, passe devant son bureau sans s?arrêter. Dans le couloir, les fonctionnaires font un va-et-vient incessant, pendant qu?Anil Bachoo donne ses derniers coups de fil en tant que ministre.
Quinze minutes avant qu?il ne sorte pour soumettre sa lettre de démission au président de la République par intérim, Raouf Bundhun, son conseiller, Noël Lee Cheong Lem, affirme qu?Anil Bachoo est serein et confiant.
Le conseiller témoigne de l?amertume du démissionnaire à l?encontre du leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth. ?Il a tout fait pour ramener son leader à la raison. Et surtout, pour lui faire comprendre des aspirations légitimes de son électorat. Mais en vain. Il a choisi de se complaire dans sa position de ?dormant partner? au sein de l?alliance gouvernementale.?
Un proche d?Anil Bachoo commente l?événement : ?Ramloll inn fer mardaye.? Un autre réplique : ?Non linn sone pou soutenir li.?
Une fois rentré de Réduit, le ministre démissionnaire enchaîne les rencontres. Le lieu où il doit donner sa conférence de presse pose problème. Certains ont avancé que comme il n?est plus ministre, il ne peut occuper son bureau. Son secrétaire permanent, Narainduth Bachraz, le rassure. Auparavant, des démarches avaient été entreprises pour que la rencontre se fasse à la salle de conférences de l?Assemblée nationale.
Les hauts fonctionnaires défilent. Une quarantaine d?autres attachés aux différents départements tombant sous la responsabilité du ministère des Infrastructures publiques attendent d?être reçus. Le député Megduth Chumroo veut le rencontrer, mais il doit patienter assez longtemps.
Il reçoit finalement la majorité de son personnel vers 13 h 35, dans la bonne humeur. Outre les formules d?usages, il dit espérer ?que nous pourrons travailler ensemble à nouveau?. Il est applaudi chaudement. Les fonctionnaires font la queue pour lui parler. Le ministre échange des plaisanteries sous le regard plus tendu de son épouse, Shanondevi Bachoo.
C?est ensuite la rencontre tant attendue avec les journalistes, dans son bureau. D?un ton toujours très calme, il explique les raisons de sa démission. Pressé de questions, il reste de marbre.
Après cette journée très mouvementée, l?ex-ministre souhaite quand même recevoir ses mandants chez lui. Avant, il devait visiter un bureau, qui sera désormais son pied-à-terre, à la rue la Poudrière, à Port-Louis.
Il se ravise et retrouve le calme de sa maison à la route Royale, Plaine-des-Roches. Anil Bachoo ne manque pas ses prières au temple, dans l?après-midi. Il se consacre ensuite à sa famille, venue de l?étranger. Il accompagne son beau-frère à l?aéroport. Pour lui aussi, c?est un nouveau départ !
Publicité
Publicité
Les plus récents