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La fin tragique de Jason

18 septembre 2004, 20:00

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Antoine Choolaye se penche sur un amas de tôles calcinées dans l?espoir de récupérer quelques affaires. De temps à autre, il jette un regard machinal sur le spectacle de désolation qui s?offre à lui. Des débris, des savates calcinées, des roues de bicyclette tordues, un réfrigérateur carbonisé, c?est tout ce qui reste de sa pauvre vie.

Mais Antoine ne peut s?empêcher de penser à la souffrance qu?a dû endurer son cadet Jason, deux ans, qui a connu une fin horrible dans l?incendie survenu vendredi après-midi. « Mo zanfan inn mor, monn perdi tou », lance-t-il aux journalistes qui l?assaillent de questions.

« Mo pas konne kin arive. » Il a l?air perdu, atterré par le désastre qui vient de s?abattre sur sa vie.

Jason est prisonnier des flammes

Le père de Jason est aide-chauffeur, et c?est avec difficulté qu?il arrive à subvenir aux besoins de sa femme et de ses quatre enfants. Il était d?ailleurs au travail quand on lui apprend la nouvelle.

Il accourt alors, la peur au ventre, avec le fol espoir que rien ne soit arrivé à sa famille. Mais le drame s?est déjà joué. Sa femme est en larmes, face à leur maison carbonisée. Leur cadet Jason est prisonnier des flammes, lui sanglote-t-elle. Ne se sentant pas bien ce matin-là, elle s?était rendue au dispensaire après avoir confié Jason à un proche. Antoine confirme que l?enfant n?était pas seul. Comment s?est-il donc retrouvé dans cette maison en flammes ? « Personne pa kapav repon sa kestion la », affirme un proche venu soutenir la famille. Ni l?épouse d?Antoine. Bouleversée par les événements, elle s?est trouvée mal et a dû être transportée à l?hôpital.

Face à la violence des flammes, les pompiers n?ont rien pu faire pour sauver l?enfant, sauf éviter que l?incendie ne se propage à d?autres maisons.

« Mo dir ou zot inn ariv bien tar. Zot lapomp pa ti pe marse, letan sa, dife inn fini fane », soupire Micheline Laboucherie, en regardant des volutes de fumée qui s?échappent encore des décombres. Et dire que c?était jadis sa maison et celles des Choolaye, des Bisnath et des Castel.

La frousse de sa vie

Bien qu?ils aient tout perdu, ils s?estiment plus chanceux que les Choolaye. Micheline Laboucherie raconte qu?elle était en train de faire le ménage chez un particulier à Beau-Bassin quand sa s?ur lui a appris la terrible nouvelle. Et dire qu?elle préparait une belle fête pour son fils dans quelques jours. « Nou ti bizin fer so premie kominion. Tout inn brile. Selma rezma zot pa ti lakaz. »

Kathleen Bisnath, une autre occupante de la maison, affirme avoir eu la frousse de sa vie. Au moment où l?incendie éclate, elle se trouve chez des voisins. « Mo trouv ene lafime et enn gran laflam inn pran. Pa kone kot li sorti? »

Le Premier ministre Paul Bérenger, qui est également député de la circonscription, a rendu visite aux familles sinistrées pour constater les dégâts provoqués par l?incendie. Suivi d?une horde de gamins, il leur a adressé quelques mots de réconfort. « Bann voizin bizin donn enn kout men. Nou aussi nou pou donn maximum kout men. Pran kouraz? »

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