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La fin des soins gratuits à l?hôpital de Mayotte
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La fin des soins gratuits à l?hôpital de Mayotte
À partir du 1er avril , les Mahorais devront être immatriculés à la sécurité sociale pour jouir de la gratuité des soins à l?hôpital et dans les dispensaires de l?île Hippocampe. Cette mesure mettra un terme à l?accès libre aux soins jusqu?alors en vigueur à Mayotte. ?En prévision de cette échéance longtemps repoussée, la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) a commencé en 1999 à immatriculer les assurés potentiels?, explique Mayotte Hebdo dans son dernier numéro.
?Quatre-vingts pour cent de la population concernée est aujourd?hui immatriculée?, confie le directeur adjoint de la Caisse, Saindou Assani, dans les colonnes de l?hebdomadaire mahorais. Début mars, la CSSM entamait une campagne dans les 24 communes de l?île destinée à enregistrer les personnes qui n?ont pas encore effectué les démarches nécessaires pour obtenir leur numéro de ?sécu?.
patients filtrés à l?entrée de l?hôpital
?Trois équipes de deux agents se sont rendues chaque jour sur le terrain, pour imprimer les attestations aux personnes qui avaient déjà effectué les démarches et pour ouvrir les dossiers des personnes non enregistrées?, explique Mayotte Hebdo. La campagne s?est poursuivie la semaine dernière et pourrait si nécessaire continuer tout au long du mois de mars. ?La venue des agents de la Caisse dans les communes est annoncée au préalable par des communiqués sur Radio Mayotte, par des affiches dans les mairies et par un travail de communication réalisé par les gardes champêtres?, souligne l?hebdomadaire.
Le directeur adjoint de la CSSM reconnaît que ?tout le monde n?aura pas son attestation au 1er avril?. ?Les dernières inscriptions se feront au fur et à mesure?, affirme-t-il encore. Chaque personne désireuse d?obtenir un numéro de sécu doit fournir son extrait de naissance, sa carte d?identité ou son titre de séjour, un justificatif d?adresse et un relevé d?identité bancaire. ?Des papiers que tous les Mahorais ne sont actuellement pas en mesure de fournir, un certain nombre de personnes âgées n?ayant jamais eu de carte d?identité?, note Mayotte Hebdo. Saindou Assani remarque qu??il arrivera un moment où il restera un petit nombre de personnes sans dossier. Il y aura pour elles des démarches à effectuer?.
Partant du principe qu?un habitant de Mayotte sur cinq est un clandestin le plus souvent d?origine anjouanaise, et que ce dernier ne pourra pas envisager de payer les consultations médicales pas plus d?ailleurs que les médicaments, les médecins du secteur public s?interrogent : ?Si certains praticiens refusent d?abandonner à son sort toute une frange de la population de Mayotte, ils risquent de ne pouvoir continuer à les soigner, ces patients étant arrêtés par le bureau d?entrée des dispensaires et de l?hôpital?, constate Mayotte Hebdo.
Le directeur adjoint de la CSSM souligne que ?la sécurité sociale est chargée de l?accès aux soins et du remboursement des assurés potentiels, c?est-à-dire des Français et des étrangers en situation régulière. Elle ne s?occupe pas de ceux en situation irrégulière?.
Le Quotidien de la Réunion
La consultation à 10 euros sans la carte de sécu
À partir du 1er avril, s?ils ne disposent pas de leur immatriculation à la sécurité sociale, les patients devront payer avant la consultation à l?hôpital ou au dispensaire. Il leur en coûtera 10 euros pour une consultation dans un dispensaire, 15 euros pour une consultation spécialisée ? ce forfait comprend les médicaments et les soins prodigués pendant dix jours ?, trente euros pour un passage aux urgences et 300 euros pour un forfait périnatal comprenant l?accouchement et les soins liés à la naissance.
?L?inscription à la sécurité sociale permettra également le remboursement des consultations de médecins privés lorsqu?une convention aura été signée, ainsi que celui d?une partie des médicaments achetés en pharmacie?, précise Mayotte Hebdo. Les versements se feront directement sur les comptes bancaires des assurés. ?Si le patient n?a pas de compte, elle pourra toujours se faire rembourser en espèces, mais ce sera moins pratique?, note la CSSM.
Le remboursement à 100 % des médicaments pour les traitements de longue durée, de même que le remboursement total ou partiel de la part non prise en charge par la sécurité sociale pour les personnes démunies, sont prévus à Mayotte. Ce principe, s?il est admis, n?a cependant pas encore été formalisé.
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