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La femme est en mesure d?occuper la place qu?elle mérite
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La femme est en mesure d?occuper la place qu?elle mérite
La majorité des intervenantes au forum-débat sur Les femmes et le pouvoir de décision dans les secteurs public et privé, qui s?est tenu hier après-midi à la mairie de Port-Louis, n?ont jamais subi de discrimination dans l?emploi. Elles estiment que pour que la femme puisse accéder aux instances de décision, elle doit d?abord se battre pour occuper la place qu?elle mérite. Ce forum était organisé par les clubs Soroptimist International de Port-Louis et Rose-Hill, la Media Watch Organisation et l?Association mauricienne des femmes chefs d?entreprise.
Prabha Chinien, premier Registrar of Companies, n?a jamais pensé qu?elle pouvait être désavantagée professionnellement parce qu?elle est femme. Une conviction héritée de l?éducation parentale reposant sur l?égalité des chances. Elle reconnaît toutefois que la femme peut subir une discrimination directe et indirecte dans sa profession. Les emplois doivent être construits de manière ?family friendly?, pour que la femme n?ait plus à choisir entre sa famille et son travail. Cependant, Prabha Chinien estime aussi que les opportunités pour qu?elle se perfectionne existent. La femme doit savoir les saisir. ?Si nous agissons en faisant comme si les barrières n?existaient pas, elles tomberont d?elles-mêmes. Nous devons continuer à nous battre pour nos droits et exercer notre pouvoir décisionnel à chaque fois que nous le pouvons.?
Vedna Mulloo-Essoo, assistante directrice à la Mauritius Employers? Federation, ne croit ni au fait que la femme doit être deux fois plus compétente, travailler deux fois plus qu?un homme pour être son égale, ni en la discrimination positive. Le meilleur moyen pour la femme de réussir professionnellement passe par l?éducation et la formation. ?Dans le monde du travail, la femme doit être professionnelle d?abord, et femme ensuite?, affirme-t-elle. Elle croit aussi dans la force des réseaux de professionnelles. Elle admet que l?État a aussi son rôle à jouer en adoptant des lois appropriées et en facilitant davantage l?accès à l?éducation et la formation.
Son perfectionnisme joue contre la femme
Jyoti Jeetun, Chief Executive Officer du Sugar Investment Trust, se dit convaincue qu?il n?y a pas d?obstacles empêchant quiconque d?atteindre les postes de décisions, à condition d?avoir ?une forte détermination et de travailler très dur?. Elle affirme n?avoir jamais subi de discrimination, ni avoir vu ses opinions rejetées à cause de sa condition féminine. La femme est professionnellement qualifiée et capable de se hisser à des postes clés. De telles opportunités existent. Si peu d?entre elles s?y trouvent, c?est parce que les spécifications et les demandes requises par ces positions obligent la majorité des femmes à contenir leurs aspirations et ambitions pour ne pas sacrifier leur vie familiale. Jyoti Jeetun n?a pas de solution pour renverser la vapeur.
D?après Yanembal Moorghen, Principal Assistant Secretary au ministère de la Fonction publique, la femme ne grimpe pas l?échelle professionnelle car elle est exclue du réseau informel. De plus, elle manque d?expérience en gestion, a du mal à se faire valoir, sous-estime ses capacités de négociation, notamment salariales. Son côté perfectionniste joue contre elle, car elle pense qu?elle doit maîtriser l?emploi à 90 % avant de rechercher une promotion alors qu?avec seulement 10 % de maîtrise, l?homme n?hésite pas à se positionner pour être promu.
À ses yeux, plusieurs facteurs permettront aux femmes d?améliorer leurs positions au sein de la fonction publique. Ce sont : la formation continue, un changement d?état d?esprit, l?établissement d?un réseau d?échange entre les fonctionnaires et les employés du secteur privé et le développement de partenariats aux niveaux national, régional et international. De manière plus générale, elle se prononce pour des horaires de travail plus flexibles, une plus grande harmonisation entre le travail et les responsabilités familiales entre homme et femme. À ces facteurs-là, elle ajoute aussi la participation de la femme à la prise de décision au sein du foyer, une formation au leadership pour elle, la création d?une banque de données pour suivre l?évolution de la femme au sein des partis politiques et des syndicats.
Le poids des réseaux
Aline Wong, commissaire chargée des programmes d?Afrique pour les femmes chefs d?entreprises mondiales et ex-présidente de la branche locale de ce mouvement, croit dans le poids de la constitution de réseaux. Il manque des liens entre les femmes occupant les postes clés et celles à un échelon inférieur, d?où l?importance de la création d?un réseau qui soit vivant et interactif. ?Un tel réseau est un moyen pour les femmes d?échanger des informations mais aussi de trouver le soutien nécessaire au développement et à l?atteinte de leurs buts.?
Plusieurs femmes dans l?assistance qui comprenait quelques hommes, sont intervenues. La pédagogue Paula Atchia a fait le rêve qu?en 2044, ce soient les hommes qui parlent d?égalité des chances et d?avancement pour eux. Selon elle, ce rêve peut devenir réalité dès les élections générales de 2005, quand les femmes auront compris ce que leur répètent les hommes depuis des années : la majorité doit régner dans le pays et le futur Premier ministre doit en être issu. ?Les femmes constituent la majorité et si elles appliquent le principe de khoon ke khoon, elles peuvent changer la situation du jour au lendemain. C?est seulement une question de réalisation??
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