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La faute à la ?com?
La réalité n?a pas grand-chose à voir avec ce tableau idéal que les intervenants réunis hier au Domaine Les Pailles ont voulu dépeindre. Si les gouvernants continuent à s?enfermer dans leur tour d?ivoire d?autosatisfaction, ils ne pourront pas relever les dysfonctionnements et les erreurs de leur parcours avant les prochaines élections.
L?alliance au pouvoir se félicite de sa politique et annonce qu?elle va garder le cap à un moment où elle aurait pu dire aux Mauriciens, et en particulier à l?électorat du n°7, qu?elle les a entendus et compris.
Les Mauriciens s?inquiètent de leur avenir ? Pour les dirigeants, cela ne peut provenir que d?un déficit de communication. Ainsi, pour ces derniers, il suffit de changer l?emballage, et pas le contenu, pour mieux vendre leur produit.
L?action du gouvernement ne répond pas aux interrogations des Mauriciens. La baisse des investissements, la menace qui pèse sur notre industrie textile, la dégradation du climat des affaires, l?incertitude qui règne sur l?industrie naissante de l?informatique, la confiance perdue dans nos capacités à combattre la corruption ainsi que les malaises qui traversent telle ou telle frange de la société ne méritent aucun débat, selon lui. Il suffit que le gouvernement communique mieux pour que l?électorat comprenne que ses besoins ne sont pas ignorés?
Le ministre des Finances a mis l?accent hier sur le faible taux d?inflation. Il a raison, mathématiquement. Le taux est contenu à 3,9 %. La communication peut neutraliser, selon lui, l?exaspération des citoyens devant les prix qui grimpent.
Le verbe ne peut tenir lieu d?action. Les discours officiels creux n?ont jamais masqué la réalité. Si le but de l?opération d?hier est d?attribuer les malheurs du pouvoir à la ?com?, elle est ratée. Ceux qui s?attendaient à un diagnostic de nos faiblesses et une réflexion en profondeur sur la stratégie économique sont déçus. D?un côté, il y a eu des ministres contents de leurs réalisations et convaincus qu?il suffit de corriger certaines perceptions pour gagner les prochaines élections. De l?autre, il y a eu des ?backbenchers? qui, eux, ne veulent pas prendre le risque de contrarier les leaders en exprimant des réserves sur la politique officielle.
Les dirigeants ont beau vouloir placer leur discours sur le terrain des réalisations sociales et économiques, à la fin de la journée on aura compris que leur préoccupation est politicienne. Pour cette journée de réflexion, les deux partis au pouvoir ont convenu d?éviter les sujets qui fâchent. Le système électoral, la ?Muslim Personal Law? et le ménage au sein de l?Icac n?ont pas fait l?objet de discussions. Les décisions et les choix cruciaux sont renvoyés sinon abandonnés. Les réformes douloureuses mais indispensables comme celle du système des pensions sont loin de constituer une priorité gouvernementale. Elles ne franchissent guère l?étape des discussions.
L?échéance électorale est trop proche pour que le gouvernement prenne le risque de se battre contre vents et marées et appliquer des réformes dont les conséquences immédiates sont pénibles pour le salarié. Au vu des discours prononcés hier, on peut déduire que le pouvoir s?occupera plus à reconquérir l?opinion qu?à mener une action efficiente.
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