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La dure loi du marathon
Cela faisait des mois qu?on parlait de Menon Ramsamy sur le marathon, plus particulièrement après sa victoire sur 10 000 mètres aux Jeux des îles de l?océan Indien, l?année dernière. Hier, à l?occasion du Marathon de Maurice, Menon Ramsamy faisait donc son baptême du feu sur la distance la plus infernale de l?athlétisme.
Malheureusement, la fête a tourné court. Au bout de 28 kilomètres de course, Menon Ramsamy s?arrête. C?est la fin d?un rêve, ou plutôt une désillusion.
D?un coup, la course n?est plus aussi croustillante. Devant, c?est sûr que le Kenyan Paul Rugut se dirige vers une victoire attendue.
Au coin de la route, Menon Ramsamy est debout. On ne comprend pas tout de suite. Est-ce un petit souci quelconque ? Ou est-ce qu?il abandonne vraiment ? La réponse tombe quand Menon Ramsamy enlève son dossard. L?abandon est confirmé.
En fait, novice sur le marathon, Menon Ramsamy s?est laissé prendre par plusieurs pièges. Le marathon est une des courses les plus dures qui existent? Peut-être que Menon Ramsamy n?a pas abordé cette nouvelle expérience avec suffisamment de recul.
?Ça a été une véritable leçon pour moi?, lâche Menon Ramsamy. ?J?ai vraiment découvert ce qu?était un marathon aujourd?hui (NdlR : hier)?, soupire-t-il.
Et pourtant durant la première partie de la course, Menon Ramsamy était bien et ne donnait aucune impression de souffrir. Mais qu?est-ce qui n?a pas marché alors ?
?J?ai commis beaucoup d?erreurs dans la première partie de course?, confie, sans complexe, Menon Ramsamy.
?C?était mon premier marathon, et je me retrouvais en tête dans la course. Je crois que cela a joué contre moi. Je me suis laissé dominer par l?émotion. C?est sans doute la plus grosse erreur que j?ai faite?, poursuit-il.
En effet, difficile de gérer les choses quand, pour son baptême du feu, on se retrouve à la place du leader de la course. Un scénario incroyable, car on attendait tous le redoutable Kenyan, Paul Rugut.
?Je savais que tôt au tard, il reviendrait sur moi. C?est quand même un marathonien d?expérience qui se situe à 2h17:00?, soutient Menon Ramsamy.
Dans toute cette euphorie, notre néo-marathonien allait commettre une autre erreur.
?À un moment, j?ai eu Judex Durhône en point de mire, et j?ai fait l?effort pour le rattraper. Je pense, après réflexion que je n?aurais pas dû le faire. Il dispute un semi-marathon et moi un marathon?, analyse-t-il.
Mais à partir du vingt-quatrième kilomètre, Menon Ramsamy perd pied et son rythme de course chute drastiquement. Il passe de 3:20 à 3:50 au kilomètre.
Une différence trop importante : ?Je n?étais plus dans le bon rythme. Conscient, qu?à ce rythme-là, je terminerai le marathon en plus de 2h40, j?ai préféré m?arrêter quatre kilomètres plus loin. C?est une grosse déception pour moi?, confie-t-il.
Menon Ramsamy conclut : ?Quelque part, c?est bien d?avoir été confronté à la dure réalité du marathon. Cette expérience m?a permis de prendre conscience ce qu?est un marathon véritablement. C?est sûr que j?aborderai mon prochain marathon différemment. C?est-à-dire, plus sereinement et surtout plus prudemment??. Pour que la défaite d?hier se transforme en victoire demain?
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