Publicité
La desserte régionale est-elle rentable ?
Catovair annonce la fin de ses opérations. Cette décision semble sonner le glas de la jeune compagnie d’aviation du groupe IBL. Elle avait misé sur la desserte régionale. Isolée, cette option ne semble pas rentable. Pour Air Mauritius, qui a aussi démarré sur une base régionale, le trafic régional reste limité.
Chez Catovair, l’humeur est à l’orage. En juin, la petite compagnie aérienne va cesser ses opérations sur Rodrigues, après des mois de turbulences. Les 25 employés de la compagnie n’ont pas cru leurs oreilles lorsqu’ils ont pris connaissance, vendredi dernier, du communiqué émis par IBL Aviation Ltd, la maison mère. Interruption temporaire, nous dit-on à partir du 1er juin
“Nous ne savons quoi penser”, lâche un des 25 employés de la compagnie qui craint pour l’avenir. Car Catovair n’a aucune autre destination sur laquelle se replier : elle n’effectue que des trajets Maurice-Rodrigues. Une cessation des opérations signifie la mort lente de la compagnie. Elle est même devenue “un gouffre financier sans aucun redressement à l’horizon”, accumulant des pertes de Rs 200 millions, après 18 mois d’opération.
Le contrat de location d’un Saab, l’appareil qui est actuellement en opération, arrive à expiration fin mai. Il ne sera pas renouvelé. Catovair affirme que l’interruption est temporaire. Guy Le Sann, le directeur de Catovair est en congé et François de Gersigny, le directeur d’IBL Aviation n’a pas souhaité faire de commentaires.
“Trouver un équilibre sur l’ensemble du réseau” </B>
Catovair affirme toutefois conserver son autorisation d’opérer et se tient prête à reprendre ses activités aussitôt qu’elle aura reçu la désignation de deuxième transporteur de l’état mauricien. La compagnie voulait mettre en service le Saab en attendant l’achat d’un ATR, plus spacieux, “pour minimiser les pertes”. Mais Catovair lorgnait aussi les dessertes de la Réunion, des Seychelles et Madagascar. Car la rentabilité est liée à la multiplication des dessertes, conditon sine qua non.
C’est d’ailleurs ce modèle qu’a adopté Air Mauritius. “On ne peut pas se fier à des routes individuelles. Il y a un équilibre à trouver sur l’ensemble du réseau”, insiste Donald Payen vice-président communication et porte-parole d’Air Mauritius. La compagnie d’aviation nationale avait, elle-même, démarré ses opérations sur des bases régionales, en faisant des vols sur Rodrigues, puis la Réunion. Mais elle a vite dû étendre ses ailes. Elle a donc pris le parti d’exploiter un réseau international.
Air Mauritius rejoint en cela d’autres compagnies qui ont démarré sur une base régionale. Air Austral, Air Madagascar, Air Seychelles… “ Le trafic régional est limité et chez Air Mauritius nous utilisons l’ensemble de notre réseau pour le soutenir”, indique Donald Payen.
Sur Rodrigues, Air Mauritius souhaiterait, elle aussi, opérer des appareils de plus grande capacité afin d’optimiser le coût par siège. Air Mauritius a perdu Rs 250 millions sur Rodrigues, ces cinq dernières années.
Le trafic régional n’est pas suffisamment important en termes de volume. La Réunion qui est un peu le réservoir de voyageurs de cette région est aussi un marché saisonnier. Pourtant, malgré la déroute de Catovair, d’autres opérateurs régionaux n’hésitent pas à se positionner. C’est le cas d’Air Transport Transit Regional, une compagnie malgache qui a vu le jour en décembre. Elle s’intéresse à une desserte entre Madagascar et Maurice. Avec des visées sur la région. Comme quoi, le malheur des uns ne réduit pas forcément l’ambition des autres…
Publicité
Publicité
Les plus récents