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La danse dans le ventre
Raqs sharqi, la danse du ventre est en train de se trouver une place au soleil. Les Mauriciennes se laissent séduire par son rythme, ses ondulations et ses vertus quasi thérapeutiques. Pamela Chung enseigne ce style avec passion et détermination.
Elle dirige une école de danse à Rose-Hill. Son intérêt pour la danse du ventre naît à Manchester, dans les années ?80. A cette époque, elle est à l?université. Ce sont ses camarades, originaires du Moyen-Orient, qui l?initient. C?est le déclic.
Il faut dire que Pamela Chung était prédisposée pour devenir une professionnelle de la danse. Petite déjà, elle prenait des cours à l?école de Jane David. Un classique, dans le parcours de toute danseuse mauricienne. ?Cela vous donne une base, indispensable?, soutient-elle. D?ailleurs elle n?hésite pas à affirmer que les meilleures danseuses sont celles qui ont une base classique. Et ce ne sont pas forcément des Arabes.
A l?origine, Raqs sharqi est un mélange de kathak et de flamenco. Un style popularisé, depuis l?Asie, à travers l?Europe et le Moyen-Orient par les gitanes, femmes libérées par excellence. ?Mais attention, ce n?est pas une danse à visée séductrice. C?est plutôt le regard que les gens lui portent qui lui donne cette connotation?, prévient Pamela Chung.
Pour elle, la danse du ventre est avant tout un moyen de se désinhiber. C?est le message qu?elle fait passer à ses élèves. Ce style est devenu très populaire dans des pays comme l?Australie ou les Etats-Unis. Pamela Chung cite par exemple le groupe Bellydance Superstars, formation qui se produit actuellement aux Folies Bergères, à Paris.
Contrairement aux idées reçues, la danse du ventre demande une grande technique et se pratique suivant une chorégraphie. Comme dans chaque style, il y a une discipline à respecter Mélange de rythmique et d?ondulation, ce style sied bien aux femmes? même si quelques hommes s?y essaient également. ?Et la grosseur n?est pas un handicap, bien au contraire?, ajoute Pamela Chung.
Plus sophistiquée que le séga
La danse du ventre est encore méconnue à Maurice. C?est un style qui est beaucoup plus sophistiqué que le séga. Elle reste victime de certains tabous. A un point tel que l?école de danse de Pamela Chung ne possède aucune pancarte. Volontairement? Mais, petit à petit, les Mauriciennes se laissent séduire ?Elle a un côté mystique, presque thérapeutique?, insiste Pamela Chung. C?est un style qui ?transcende la féminité?.
The dancers of the Nile, le premier spectacle de danse du ventre, fin 2006, a eu peu d?effet sur le grand public. Pamela Chung et ses élèves espèrent avoir plus d?impact lors du prochain spectacle qu?ils sont d?ailleurs de préparer activement?
Passionnée de danse, Pamela Chung n?hésite pas à populariser des styles qui sont complètement étrangers à la culture mauricienne. Sa façon à elle de briser les tabous. Elle a une autre passion : les claquettes, un genre qui est ?en train de mourir?, selon elle.
Finalement, Pamela Chung n?enseigne pas que la danse. Elle suscite, chez ses élèves, une plus grande ouverture vers les autres cultures.
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