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La désaffection

16 septembre 2005, 20:00

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Les citadins vaquent à leurs occupations pendant quelque cinq ans avant d?être convoqués aux urnes pour élire leurs représentants locaux. Cela aurait dû être un moment important de la vie démocratique régionale. Mais les citadins se demandent toujours ce qu?ont fait ceux qui ont été précédemment élus. Ceux-ci réitéreront qu?ils se sont occupés des services de voirie, de l?éclairage des routes, de la collecte des ordures? Les citadins répondront que les routes urbaines demeurent un enfer, que les ordures pourrissent leur environnement immédiat, que les marchands ambulants sont certes utiles mais encombrants?

Le scénario se répète depuis des décennies. Pourtant les politiques diront, pour cette campagne 2005, que les choses ont évolué. Du côté de l?Alliance sociale, on va plaider pour un changement d?appartenance politique au niveau des villes. Ce qui lui donnerait définitivement un crédit national. Elle ne s?épargnera donc aucun effort pour obtenir cette légitimation. De l?autre, comme des élèves qui ont mal appris leur leçon, l?alliance MSM-MMM-PMSD est partie dans la grande et languissante aventure de la défense de son bilan. Comme quoi, il faudra encore attendre pour voir l?imagination au pouvoir comme elle a été promise et l?imagination au sein d?une opposition qui assurément semble être ignare de l?abécédaire de la communication politique.

C?est dans un tel contexte que prend place la campagne municipale 2005. Et il y a de quoi s?étonner de l?ahurissement des politiques devant le taux annoncé d?abstention aux prochaines municipales. Depuis des années, ils nous sortent une litanie s?articulant autour de quelques grandes expressions telles la décentralisation, la démocratie régionale, la municipalisation du pays? Grands leurres et simples obnubilations politiques ! En fait, il importe de se demander si les politiques voudraient bien changer les choses. Il faut savoir que la question de la taxe municipale est loin de faire avancer le débat. Bien au contraire, elle n?arrête pas de le faire reculer. Dès que l?électoralisme politique s?y mêle?

En attendant, la révolution annoncée des villes reste un v?u pieux. Port-Louis, la survoltée, est l?objet de toutes les convoitises. Beau-Bassin-Rose-Hill est devenue le défi personnel de Rama Valayden. Quatre-Bornes, la ville partielle, vacille entre l?envie de modernité et le repli identitaire. Vacoas-Phoenix se demande toujours quand elle deviendra une véritable ville. Et Curepipe se démène contre ses rats. La caricature dit mieux parfois l?essence des choses que de grandes analyses.

Il n?y a donc pas lieu de s?étonner que les citadins se demandent à quoi servent véritablement leurs votes. Autant que des citoyens ou des apprentis-politiques qui ne voient pas trop à quoi servent leurs fauteuils de conseillers. Sauf évidemment les politiciens carriéristes qui y voient là un moyen d?y faire leurs armes. Hormis le fait qui consiste à expédier les affaires courantes, les municipalités ne serviraient-elles qu?à cela? Il y a eu sous l?ancien gouvernement une volonté de faire avancer le dossier dans le bon ou le mauvais sens. On ne sait pas encore quelles sont les intentions réelles du gouvernement de l?Alliance sociale. Mais une chose est sûre aujourd?hui. Nos villes sont dans un état sclérosé. Et c?est loin d?exagérer les choses.

Il ne s?agit pas seulement de rétribuer les conseillers ! Encore moins est-il question de revoir leurs cahiers des charges ! Une nouvelle ambition urbaine est nécessaire pour donner un nouvel élan à tout le pays. Dans l?immédiat, les municipales 2005 ne représentent qu?un bras de fer entre deux camps dont les seuls objectifs sont, pour l?un, de donner une plus grande ampleur à sa dernière victoire aux législatives et, pour l?autre, de limiter les dégâts. Bien tristes enjeux !

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