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La déco fait maison
Armée de ses 32 ans d?expérience dans la couture, c?est en toute logique que Vidia Appadoo ouvre, en 2001, un Centre de coupe et création de mode, à Belle-Rose. Elle y donne non seulement des cours de confection de rideaux, mais aussi des cours de patronage, de coupe et de couture. Une formation reconnue et approuvée par la Mauritius Qualifications Authority (MQA).
Issue d?une famille maniant avec agilité les travaux d?aiguille ? sa grand-mère fait de la couture et sa mère, de la broderie ? elle ne s?y intéresse qu?à partir de 17 ans. Dans un premier temps, elle apprendra à faire des patrons pour confectionner des minis-jupes et d?autres vêtements pour garnir sa garde-robe. Elle s?achète des catalogues de mode et s?inspirant des modèles et des patrons qu?elle voit, elle se coud la jupe de ses rêves. «J?étais sidérée parce que j?avais fait. Je sais que cela a l?air prétentieux mais c?est vrai. Le résultat était tellement bien que j?ai voulu continuer dans cette voie.»
Refusant la demi-mesure, elle décide de faire un apprentissage auprès d?une professionnelle de la couture. Dany Soobhanee, couturière reconnue, donne justement des cours à la mairie de Quatre-Bornes. Vidia s?y inscrit donc. Un an durant, et à raison de trois cours hebdomadaires, elle s?inspire de son mentor. Douée, elle assimile vite les conseils de son professeur.
En un rien de temps, elle coud elle-même ses vêtements, pour lesquels elle reçoit moult compliments. «Déjà, en 1974, je faisais des jupes à panneaux spirales et des raglans qui sont à la mode.» Ses proches lui suggèrent alors d?assurer des commandes, mais aussi de former les personnes intéressées par le patronage et la couture. Cette idée l?intéresse mais Vidia veut d?abord se perfectionner davantage.
En pleins préparatifs pour son mariage avec Sooriadev Appadoo, elle décide de suivre des cours de patronage et de couture par correspondance. Elle obtient son diplôme au bout de deux ans. Une fois mariée, elle enseigne la couture, à domicile, à des petits groupes de dames et aux jeunes filles. «C?était des cours théoriques sur le patronage et la coupe. Mes élèves allaient compléter le montage chez elles pour avoir plus de temps et me présenter un travail plus peaufiné.»
Avec la naissance de ses deux filles, ses cours ne sont désormais plus à plein temps mais à mi-temps. Lorsque la famille Appadoo déménage pour Belle-Rose, Vidia est en mesure de reprendre ses cours.
Outre les cours qu?elle offre, elle s?attelle aussi à la confection de robes de mariée et de vêtements qu?elle place dans plusieurs magasins, afin de contribuer davantage aux finances de la famille. Elle embauche deux couturières pour l?épauler, mais se réserve le patronage et la coupe. «Un patronage et une coupe réussis donnent obligatoirement un vêtement parfait.» Vidia travaille d?arrache-pied. Souvent couchée à deux heures du matin, elle se réveille et recommence aussitôt à coudre dès cinq heures du matin, histoire d?honorer les engagements pris.
Ce sera son lot quotidien pendant 20 ans. Et un jour? saturation et rejet. Elle arrête tout. Ne coud uniquement que pour ses filles et elle-même. Son intérêt se porte alors vers l?habillage des intérieurs, en particulier les rideaux. Le fait d?avoir une mémoire quasi-photographique lui permet de pouvoir reproduire un modèle de rideau dès qu?elle l?examine.
Après des essais fructueux à domicile, qui lui permettent de développer «14 différents modèles de rideaux», Vidia s?enregistre auprès de la MQA et lance, en 2001, son centre de formation susmentionné au 82, route Royale, Belle-Rose.
Vidia enseigne, certes, à ses élèves les techniques d?habillage de l?intérieur. A savoir : la literie pour la chambre à coucher, la couture de nappes, de serviettes et de dessous de plats pour la cuisine, des housses de coussins et des rideaux pour le salon.
«On ne doit pas être une couturière hors pair pour y arriver. Il faut simplement de l?application, un peu de créativité et une dose de passion.»
Mais son point fort demeure la confection de rideaux. Les volants ondulés, inclinés, dit tachi, tête ou ballons, n?ont, pour elle, plus aucun secret. Tout comme les jabots doubles, plissés ou classés. Elle conseille aussi ses élèves sur le choix des tissus. «Le tissu que je recommanderais pour le bureau diffère de celui que je choisirais, par exemple, pour la maison. Pour le premier, ce sera du coton ou du lin. Alors que pour le second, j?opterais pour des filets qui absorbent la poussière extérieure en n?abîmant pas les rideaux eux-mêmes. Pour ces derniers, ce sera du voile brodé ou du lin imprimé. Le satin est très en vogue pour les salons et les modèles de rideaux sont assez chargés en ce moment. Je conseille aussi les tissus de rideaux en fonction du climat qui prévaut là où la personne habite.»
Ce cours dure trois ans et demi et se fait en deux modules. Vidia donne aussi une formation de patronage et de couture, son premier amour. Pour ladite formation, les modules sont nettement plus nombreux. L?examen final pour ces deux cours consiste à réaliser un projet. Une remise de diplôme ponctue la fin des cours.
A partir de ce mois-ci, les personnes désirant maîtriser uniquement la couture de vêtements spécifiques, pourront choisir le module de leur choix.
Valeur du jour : la confection des rideaux a la cote. Vidia l?explique par le fait qu?acheter des rideaux coûte souvent cher. «Celles qui n?ont pas le temps opteront pour cette possibilité mais paieront le prix. Par contre, il y a celles qui veulent apprendre par elles-mêmes. Le faire soi-même revient évidemment moins cher et permet d?avoir exactement ce qu?on a en tête et de changer assez régulièrement les rideaux.»
Ce n?est pas sorcier d?y arriver, précise Vidia. «On ne doit pas être une couturière hors pair pour y arriver. Il faut simplement de l?application, un peu de créativité et une dose de passion.» Comme en toutes choses?
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