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La culture d?impunité des policiers hors la loi
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La culture d?impunité des policiers hors la loi
Pour une fois l?expression n?est pas galvaudée. On parle souvent de justice à deux vitesses dans notre pays, mais il y a rarement eu un meilleur exemple de la façon dont s?est déroulée l?enquête dans l?affaire Ramlugon. Même le président de la Commission des droits de l?homme, Dhiraj Seetulsingh, le dit : ?Quand on soupçonne un membre du public d?avoir commis un crime, on l?arrête tout de suite. S?il y a des présomptions assez fortes contre ces policiers, pourquoi est-ce qu?ils n?ont pas été arrêtés??
Rajesh Ramlugon est mort samedi mais ses agresseurs présumés n?ont été arrêtés que mercredi. Pourtant, dès le premier jour, ils pouvaient être identifiés. On n?avait pas besoin d?avoir le flair des grands enquêteurs pour soupçonner les quatre policiers qui l?avaient interrogé jeudi et vendredi derniers d?être ses tortionnaires. La procédure s?est, malgré tout, enclenchée avec lenteur.
On pourrait être tenté d?imputer cette défaillance à une faiblesse des lois. Ce n?est pas si sûr. Les dispositions existantes sont adéquates pour traiter de ce type de situation. D?ailleurs la preuve est apportée par le fait que la police a finalement arrêté les quatre officiers incriminés. Leur inculpation a beau être tardive, mais elle est tout de même réelle. Si le cadre légal existant ne le permettait pas, ces policiers n?auraient jamais pu être arrêtés.
Pour expliquer le grand nombre d?agression en cellules policières, les politiciens vont montrer du doigt la législation et les structures actuelles. Ils le font pour cacher leur propre responsabilité. Sous tous les gouvernements, les policiers hors la loi ont toujours opéré avec la conviction qu?ils peuvent compter sur l?indulgence des dirigeants politiques. Ceux-ci obtiennent en contrepartie l?appui inconditionnel de la police, sans lequel aucun gouvernement ne peut conserver toute son autorité.
Deux facteurs exceptionnels ont donné une tournure inhabituelle à la dernière bavure policière et ont permis d?aboutir à des arrestations. D?abord, il y a eu la surprenante démarche de l?avocat Ramchurn qui a fait une accusation de brutalités policières devant le magistrat Denis Mootoo. Celui-ci a pris tout le monde de court en émettant un mandat d?arrêt contre le surintendant Raddhoa, en conformité avec le ?District and Intermediate Courts Act? (criminal jurisdiction). De ce fait, l?affaire échappait au contrôle de l?exécutif. Le parquet et les Casernes centrales étaient mis en demeure d?agir très vite et de lâcher du lest pour reprendre la main. Dès lors, il était évident que les quatre officiers qui ont conduit l?interrogatoire de Ramlogun allaient être acculés.
Ensuite, il y a une raison politicienne qui explique pourquoi la protection habituelle n?a pas joué en faveur des policiers. Le Premier ministre aurait créer une perception de favoritisme s?il avait ménagé les hommes de la MCIT. Prem Raddhoa est considéré comme un de ses favoris. Le pays entier connaît les circonstances dans lesquelles Raddhoa a fait son come-back triomphal aux Casernes centrales après la victoire du Parti travailliste aux législatives. Du reste, le chef de la MCIT ne cache pas son lien avec le pouvoir, allant jusqu?à promettre en public, une ?raclée? au leader du MSM.
Des policiers soupçonnés de meurtre sont en état d?arrestation depuis hier. Désormais, il faut invoquer la faiblesse des hommes et non celle des lois pour expliquer l?impunité qui a régné jusqu?ici.
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