Publicité
La crédibilité de Marie Linley Savriacooty à l?épreuve
Par
Partager cet article
La crédibilité de Marie Linley Savriacooty à l?épreuve
L?enquête policière sur les allégations d?enlèvement et d?attentat à la pudeur, portées par Marie Linley Savriacooty, sera réorientée en raison de contradictions majeures relevées dans les témoignages recueillis. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) qui prend la relève, s?apprête à consigner une autre déposition de la présumée victime pour éclaircir les ?zones d?ombre? de l?affaire.
Stéphano Savriacooty a, hier, fait savoir à la police qu?il est inquiet pour son épouse, victime d?une crise d?hystérie chez des proches où elle réside actuellement, et qu?elle aurait besoin de l?assistance d?un psychiatre. Des dispositions ont été prises pour qu?elle soit aujourd?hui examinée par un psychiatre.
Depuis vendredi, une nouvelle équipe d?enquêteurs s?est constituée pour faire la lumière sur les allégations de Marie Linley Savriacooty. Le surintendant Clifford Parsad, l?ancien patron de la Major Crimes Investigation Team et le chef inspecteur Clency Meeterjoye ont, hier, commencé à vérifier la version de la présumée victime.
Les indications de Marie Linley Savriacooty, selon lesquelles elle aurait été enlevée mardi, ont abouti à l?inculpation de Dev Manna, vendredi. En effet, dans sa déposition elle affirme avoir entendu un de ses agresseurs être désigné par le nom de Dev.
Motion de remise en liberté
Ce dernier, qui a déjà eu des démêlés avec la victime, nie être impliqué dans son enlèvement et l?attentat à la pudeur. Il invoque comme alibi qu?il se trouvait, au moment des faits, sur son lieu de travail. Son avocat, Me Ritesh Sumputh, présente une motion de remise en liberté ce matin devant la cour de Pamplemousses.
Par ailleurs, les résultats du Forensic Science Laboratory s?avèrent négatifs sur la présence de substances chimiques dans les échantillons sanguins prélevés sur la victime alors qu?elle dit avoir été forcée d?avaler des pilules qui l?ont plongée dans un état inconscient. Le rapport du médecin légiste est aussi attendu pour déterminer si ses blessures ont été ou non self-inflicted.
Mercredi, Anil Goreeba, un camionneur habitant Bel-Air-Rivière-Sèche donne une déposition à la police. Il affirme avoir aperçu Marie Linley Savriacooty la veille ? soit le jour de son enlèvement ? marchant le long de la route de Camp-de-Masque en direction de Fuel, vers 16 h 45, alors qu?il roulait en direction de la station- service, accompagné d?un aide-chauffeur, Il dit n?avoir rien remarqué d?anormal mais qu?il ne l?a pas revue en retournant du rond-point de Fuel.
Contacté hier, Anil Goreeba confirme qu?il connaît Marie Linley Savriacooty depuis longtemps et qu?il l?a bien reconnue ce mardi-là. Il se refuse à faire d?autre commentaire arguant qu?il a déjà tout dit à la police. C?est l?avocat de Marie Linley Savriacooty, Me Jean-Claude Bibi, qui a communiqué les coordonnées de ce témoin à la police après les avoir obtenues de Stéphano Savriacooty lui-même quelques minutes avant que son épouse ne donne sa déposition.
?Stéphano Savriacooty m?a dit qu?il connaissait cet homme et qu?il n?a aucune raison de croire qu?il est en train d?inventer, explique l?homme de loi. Il fallait immédiatement remettre ses coordonnées à la police et celle-ci m?a donné l?assurance qu?elle allait enquêter sur cet aspect. C?est chose faite.?
Similitudes
Marie Linley Savriacooty allègue avoir été enlevée alors qu?elle tentait de faire un retrait au guichet automatique de la banque Barclays à Rose-Hill vers 16 heures. Elle aurait senti une main exhalant du chloroforme sur sa bouche avant de revenir à elle dans un champ de cannes avec ses agresseurs, encagoulés et proférant des menaces.
Par ailleurs, des similitudes se dégagent entre ce présent enlèvement et un autre rapporté par Marie Linley Savriacooty. Le 29 mai 2000, elle avait consigné une déposition au poste de police de Vacoas, accusant son ancien époux, Bruno Bignoux, et les deux cousins de celui-ci, d?enlèvement et de viol. Elle se trouvait à Curepipe quand ses présumés agresseurs encagoulés l?auraient forcée à entrer dans une voiture avant de l?emmener dans les environs de Grand-Bassin pour abuser d?elle sexuellement. Là, elle aurait reconnu la voix de son ex-époux.
Les trois présumés suspects plaidèrent non coupables en cour intermédiaire mais la plaignante ne s?étant pas présentée, le Directeur des poursuites publiques prononça un non-lieu.
Publicité
Publicité
Les plus récents