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La crédibilité de Blair

9 août 2003, 20:00

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Alors que la Grande-Bretagne porte en terre David Kelly, le scientifique qui s?est donné la mort après avoir été pris dans le scandale sur la présence ou non d?armes de destruction massive en Irak, beaucoup de Britanniques expriment également leur perte de confiance en Tony Blair.

Déstabilisé par la guerre en Irak, dans laquelle il s?est engagé à fond derrière George W. Bush, le Premier ministre subit de plein fouet une crise de confiance face à des électeurs désenchantés par sa personne comme par ses méthodes de gouvernement.

Les sondages montrent que la popularité de M. Blair est au plus bas et celle du Labour revenue à l?étiage de 1987. Et pourtant, l?économie britannique se sort mieux que ses rivales européennes de la stagnation ambiante, avec seulement 5 % de chômeurs ; les services publics semblent commencer à remonter la pente et Tony Blair vient de battre le record de longévité aux affaires d?un Premier ministre travailliste.

Pourquoi donc les Britanniques, si pragmatiques, perdent-ils confiance en un Premier ministre qui, après tout, n?a pas si mal réussi ? La réponse à cette question se trouve avant tout dans la stratégie de gouvernement de M. Blair. Élu sur la base de la confiance qu?il inspirait, il subit de plein fouet les conséquences de sa politique de spin, dont le but est de présenter sous le meilleur jour possible ? et parfois par tous les moyens ? les objectifs du n° 10, Downing Street. Le meilleur exemple des limites de cette méthode qui met la médiatisation au c?ur de la politique est le départ probable d?Alastair Campbell, l?un des conseillers les plus anciens et les plus écoutés de M. Blair.

Car la survie politique du Premier ministre britannique dépend en tout premier lieu d?un retour de la confiance. Tout d?abord de la part d?une opinion longtemps séduite par ses promesses d?une moralisation de la vie publique et qui ne cache plus sa déception. En particulier depuis la découverte que le fameux dossier sur la présence d?armes de destruction massive à Bagdad ? qui a servi de justification officielle à la guerre américano-britannique en Irak ? était pour le moins léger, sans doute même exagéré.

Ensuite au sein du Labour, qui pardonne mal à « Tony » sa fidélité envers un président américain symbole du conservatisme religieux. Fragilisé par la crise, enfermé dans un bunker au milieu de ses fidèles, il a perdu bon nombre de ses compagnons d?origine, partis du gouvernement à la suite de scandales, de désaccords ou tout simplement pour passer dans le privé. Et tout cela alors que sa rivalité avec le respecté chancelier de l?Échiquier, Gordon Brown, architecte de la réussite économique et qui n?a pas abandonné l?espoir de devenir Premier ministre, paraît plus vive que jamais.

Tony Blair entend désormais réduire le rôle des conseillers en communication et se concentrer sur la politique intérieure. C?est là qu?il dispose des meilleurs atouts face à une opposition conservatrice dont le chef, Iain Duncan Smith, s?est montré incapable de tirer profit des faiblesses et des erreurs récentes de M. Blair.

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