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La Croix-Rouge au chevet des démunis
Dans cette terre boueuse de Rivière-Citron, à Pamplemousses, des petites têtes brunes s?amusent.
À côté de l?entrée bistre, se trouvent de petites bicoques en tôle. Rafistolées par quelques poutres en bois et des feuilles rapiécées, elles abritent plusieurs familles. Un drap, qui porte les marques du temps, sert de rideau à côté d?un lit adossé à une bicyclette d?antan. Quelques récipients tapissent une table, ainsi qu?une thermos usagée en guise de seul luxe de la case.
« Lontan mo ti pe reste Arsenal me apre mo fine vine ici. Mo fine separe ek mo misie et depi, mo fine tom malad. Avan mo ti pe travay dan karo legime, aster la avek mo malad, mo nepli kapav », déclare Valérie, 71 ans. Parmi ses maladies, elle nomme l?hypertension.
Il y en d?autres, mais son esprit trouble n?arrive pas à les énoncer. Elle est préoccupée par la grossesse de Marjorie, sa fille, qui est atteinte de troubles mentaux. « Mo gagne bocou diffikilte me bizin vive koum sa mem. Sa ban madam la croix rouze vine guette nou, zot kapav soulaz nou enn ti guitte », ajoute-t-elle.
Sa peine est lancinante. Elle lui pèse au c?ur ! Comme elle, Imelda, 68 ans, et sa mère, Roselyne, 90 ans, vivent dans ces pénibles conditions. « Nou saye fer avec seki nou ena me li bien dir. Parfois pa gagne narnie. Mwa mo ena diabet ek mo lipie pe fer abces. Mone fer loperasyon lizie. Depi de trois zours, nous gagne frais me pena mem enn bout molleton pou kouver. Li dificil sa miser la me ek sa associasyon la, nou saye vive », confie-t-elle.
Une cinquantaine de familles vit un calvaire
Au total, une cinquantaine de familles, habitant la région de Pamplemousses, Rivière-du-Rempart et Port-Louis-Nord, vivent ce calvaire.
Si il n?y avait pas eu les membres de la Croix-Rouge, elles seraient tenaillées par la faim ! « Beaucoup de membres de ces familles se retrouvent confrontés aux dures réalités de la vie. Certains sont âgés et livrés à eux-mêmes, d?autres sont handicapés, amputés, malades, dans l?incapacité de travailler et ont des enfants souffrant de leucémie », confie Nariman Peertum, la responsable de la Croix-Rouge du Nord.
Pour leur venir en aide, elle prépare des petits colis de nourriture, qui proviennent des donations, pour leur permettre de subsister. La remise des colis a lieu chaque troisième mercredi du mois. Cela dit, les dons de denrées se font rares, tandis que le nombre de familles nécessiteuses, lui, croît ! « Nous avons aménagé une petite réserve pour conserver les aliments, mais nous manquons énormément de moyens. Quelquefois, nous essayons d?obtenir des dons des supermarchés. Récemment, nous avons pu avoir quelques poulets mal coupés à un prix relativement bas. Nous payons ces aliments avec les cotisations qu?on reçoit, mais cela ne suffit pas », ajoute notre interlocutrice.
Hormis les aliments, les responsables de la Croix-Rouge du Nord essaient de trouver des vêtements afin de les remettre aux pauvres. Mais cela n?est pas évident. Ces dons-là aussi sont infimes ! « Nous cherchons des couvertures, des pulls. Certes, tout type d?habit qui peut leur être utile », indique Nariman Peerthum.
« Sans les dons, nous ne pouvons pas avancer »
Un coin a été aménagé pour la vente des quelques vêtements et chaussures en bon état pour ceux qui peuvent les acheter entre Rs 5 et Rs 50. La Croix-Rouge essaie également de collecter des équipements médicaux tels que des lits mécanisés, des fauteuils roulants, des matelas, entre autres, pour les donner aux démunis.
Toutefois, malgré tous les efforts, il en manque toujours. « Sans les dons des gens, nous ne pouvons pas avancer.
Si seulement des personnes de bonne volonté pouvaient se joindre à nous. Les jeunes peuvent devenir membres ou même être bénévoles », dit-elle.
Hormis l?assistance sociale aux pauvres, les responsables de la Croix-Rouge organisent plusieurs activités. Des cours de secourisme sont dispensés aux individuels, mais aussi aux employés dans l?hôtellerie. La durée de la formation est de huit heures. Deux salles de classe ont été aménagées au siège de l?association à l?hôpital du Nord.
Les membres travaillent également avec l?organisation Link to Life, qui encadre les personnes atteintes du cancer. Des visites aux malades sont également effectuées.
Une fois par an, ils disposent un caddie alimentaire devant les supermarchés afin d?interpeller les gens pour qu?ils fassent des dons de denrées. Des visites aux personnes âgées et aux enfants (photo) sont effectuées, et des cadeaux issus de dons leur sont remis.
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