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La course contre la montre

9 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les récentes démissions d?anciens ministres et de secrétaires parlementaires privés ont favorisé une entrée en matière (électorale) plus tôt que prévu. Les grandes man?uvres politiques ont déjà commencé. Le gouvernement qui s?était donné jusqu?à la mi-mars pour déclencher les hostilités se voit quelque peu contraint de revoir son agenda politique. Il se doit de réagir face à une opposition galvanisée par les récentes secousses.

Le gouvernement donne toutefois l?impression de ?business as usual? Pourvu que cela dure et se vérifie dans les faits. Il reste encore beaucoup de chantiers de réformes incomplets. La restructuration économique en cours est trop cruciale pour qu?elle soit entravée par le calendrier électoral.

D?importants projets de loi touchant à la politique économique devront être votés avant la dissolution du Parlement. Mais le plus gros morceau reste le budget qui sera présenté prématurément, soit vers la fin du mois de mars. Le ministère des Finances maintient les traditionnelles consultations pré-budgétaires bien que très contraint par le temps. Mais c?est le contenu du budget qui est déterminant sur plusieurs plans.

Pravind Jugnauth sait qu?il ne pourra pas jouer sur les effets d?annonce pour convaincre la population. Il faudra des mesures budgétaires concrètes pour cela. Le gouvernement a toujours déclaré son attachement aux principes de discipline et de responsabilité fiscale. Présenter un budget électoraliste viendra trahir son discours à un moment peu opportun.

Le grand argentier doit aussi répondre aux exigences du ?terrain? à la veille d?une consultation nationale. A Maurice, l?économie est souvent mal prise en charge à l?approche des élections. Ce régime pourra-t-il faire mentir cet état de choses ?

Le gouvernement a encore des décisions difficiles à prendre. Les finances publiques subiront encore plus de pression dans les années à venir si la question du déficit et de la dette publique n?est pas ramenée à des proportions plus justes. Il faut générer plus de recettes, réduire les dépenses et mieux gérer la dette tout en gardant le coût du service de la dette sous contrôle.

Le gouvernement s?est fixé comme objectif de ramener le déficit fiscal à 5 % du produit intérieur brut. Le prochain exercice budgétaire devra initier un changement radical dans la stratégie de ramener des revenus à la caisse de l?Etat. Le système de taxation doit être revu pour être plus conforme aux aspirations de l?économie mauricienne. L?exemption annoncée des droits de douane sur de larges gammes de produits devrait être compensée par d?autres sources de revenus fiscaux dont l?impôt direct et la taxe sur la valeur ajoutée.

L?instrument de politique économique qu?est le budget ne devrait surtout pas être ignoré, même en campagne électorale. Le pays a besoin d?une nouvelle orientation pour relancer la croissance sur de nouvelles bases. Il faut aujourd?hui trouver plusieurs sources de création de la richesse au lieu de compter sur deux ou trois gros secteurs d?activité.

Le prochain budget de Jugnauth devra répondre à toutes ces attentes s?il se veut complet. L?échéance électorale impose ses contraintes. Il incombe au gouvernement de s?élever au-dessus de ces considérations pour faire la démonstration que l?économie n?est pas sacrifiée sur l?autel de la politique.

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