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La cour refuse à Sheila le droit d?emmener son fils à Paris
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La cour refuse à Sheila le droit d?emmener son fils à Paris
Sheila et Mohammad s?aiment. Ils se marient et vivent heureux pendant sept ans. Leur fils Rayyaan naît en avril 2000, huit ans après leur mariage. Le couple commence à battre de l?aile cinq mois après et décide de se séparer.
Le divorce provisoire est prononcé en mai 2001. Rayyaan est alors âgé d?un an. C?est Sheila qui en obtient la garde. Elle vit avec ses parents à Morcellement Beeharry, Centre-de-Flacq. En juin 2002, Rayyaan est âgé de deux ans, quand Sheila quitte le pays pour la France. Sheila y suit des cours d?esthéticienne et obtient un emploi. Durant son absence, Mohammad, un garde-chiourme, s?occupe de son fils qui habite chez lui à Brisée-Verdière.
Sheila retourne au pays le 4 février 2005. Elle a entre-temps épousé un dénommé Dumas. Elle loge une motion en Cour suprême réclamant un ordre l?autorisant à emmener Rayyaan vivre avec elle en France. Mohammad objecte. La juge Saheeda Peeroo n?accède pas à la requête de Sheila.
Pour son propre avenir
La raison évoquée par Sheila pour son départ en France est qu?elle se sentait humiliée par ses voisins parce qu?elle a épousé un homme d?une autre religion.
Mohammad donne sa version. Quand Sheila était à Maurice, Mohammad exerçait son droit d?hébergement de son fils en week-end. Il est établi, qu?aussitôt Sheila partie en France, Rayyaan est allé vivre chez son père. Mohammad explique qu?il a élevé son fils seul depuis le départ de son ex-femme.
La juge note, qu?à un moment où Rayyaan avait le plus besoin d?amour maternel, Sheila a laissé tomber son fils pour poursuivre son propre intérêt et sa carrière. Par contre, au départ de Sheila, Mohammad a donné à Rayyaan toute son affection. Il s?est remarié et a donné à Rayyaan une deuxième mère pour s?occuper de lui.
Lors du contre-interrogatoire, Sheila a admis n?avoir aucun reproche à faire à Mohammad en tant que père et mari. Elle a par contre fait des allégations à l?effet que, quand elle était enceinte, Mohammad entretenait une liaison amoureuse avec une autre femme avec qui il s?est marié après son divorce.
Après avoir considéré les faits, la juge a rejeté l?allégation de Sheila à l?effet que Rayyaan est un enfant négligé. Les témoignages au dossier révèlent que Rayyaan doit rester avec son père à Maurice avec qui il vit heureux ?dans le cadre d?une famille étendue?.
Sheila a concédé lors du contre-interrogatoire que Rayyaan s?est habitué à l?école maternelle qu?il fréquente et qui se trouve près du lieu du travail de son père. Comparé à elle, Mohammad serait généreux et responsable quant au développement social de Rayyaan. Sheila affirme cependant que, si Rayyaan vit avec elle à Paris, il aura un bel avenir et une meilleure éducation.
Il a été établi, lors du procès, que Mohammad et sa deuxième femme ont montré leur amour pour Rayyaan. Ils prennent un intérêt absolu dans son éducation et peuvent assurer son avenir. Il n?y aucune preuve que l?enfant vit dans de mauvaises conditions chez son père.
Mêmes opportunités
Comme en France, l?éducation primaire et secondaire est gratuite à Maurice. Il existe aussi des écoles privées et des lycées français qui sont accessibles de n?importe quel coin du pays. Si Sheila veut que son fils reçoive une éducation privée, elle est libre de l?assurer avec le consentement du père.
La juge note qu?ici l?enfant aura l?avantage d?être bilingue ? français et anglais ? et aura la possibilité d?étudier une autre langue orientale dans la gamme dispensée dans les écoles selon sa culture.
A cet effet, la juge écrit: ?Nous devrions nous considérer chanceux de vivre dans une société multilingue, multiculturelle, tolérante et paisible. La petite île Maurice, qui a toujours à c?ur le bien être de ses citoyens et qui est très connue pour son traditionnel respect de la liberté, est admirée et enviée par beaucoup de nations.?
La juge a donc tranché en faveur du père. Sheila n?a donc pas été autorisée à emmener Rayyaan vivre avec elle à Paris.
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