Publicité

La coupe du Monde de football et le tourisme ne font pas bon ménage

7 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alain Pinagapany, le directeur de l’hôtel Villas Caroline, à Flic-en-Flac, se prépare à un mois de juin plutôt frileux… Son établissement de 68 chambres cible plus particulièrement la clientèle allemande et affiche des taux de remplissage importants, en temps normal. Mais en juin, il fera grise mine.

La coupe du Monde de football démarre vendredi en Allemagne et durera tout le mois de juin jusqu’au début de juillet. Pendant que la fête du football battra son plein, la grisaille devrait s’installer sur une bonne partie de l’hôtellerie mauricienne, notamment les petits établissements.

“Je ne comprends pas comment on entend certains hôteliers dire que la coupe du Monde ne les affectera pas car chez nous ce ne sera pas le cas”, insiste le directeur de Villas Caroline.

Peu affecté par la crise du chikungunya qui a provoqué un effondrement du marché français, Villas Caroline se dit aujourd’hui touché par la baisse des réservations sur le marché allemand. Et Alain Pinagapany a tenté de réagir. “Nous avons malgré tout prévu un écran géant pour la retransmission des matchs et nous proposons des prix intéressants pour le mois de juin.” Une stratégie qui ne porte pas totalement ses fruits puisque l’hôtel fermera finalement une partie de ses chambres pour rénovation…

Son confrère de Tamarin Hotel, à quelques kilomètres plus au Sud, à Tamarin, n’est pas mieux loti. Il tentera de participer à la fête du football, malgré tout.

“Notre home cinema proposera tous les matchs en direct à notre clientèle étrangère et surtout mauricienne, en cette saison”, précise Cyril Michel, le directeur de cet établissement de 72 chambres.

Le Tamarin Hotel a, lui, été frappé de plein fouet par la crise du chikungunya sur laquelle vient se greffer aujourd’hui l’hiver tropical du mois de juin, jamais très bon, pour les hôtels mauriciens. Et si l’on y ajoute la coupe du Monde, les taux de remplissage seront “bien en dessous de la moyenne” en juin, dans cet établissement…

“Mais c’est sûr que l’effet coupe du Monde dépend aussi de la catégorie des hôtels”, reconnaît Cyril Michel. Chez Naïade Resorts, la coupe du Monde de football est reléguée au second plan.

Si les hôtels du groupe seront tous équipés d’écrans géants pour ceux qui voudront suivre les exploits de leurs équipes, ils n’en feront pas tout un plat…

Un rayon de soleil dans la grisaille</B>

“Nous ne notons pas forcément un ‘effet coupe du Monde’ à proprement parler et le groupe n’a pas dégagé un plan de marketing spécial pour parer à cette éventualité”, indique Richard Ramasawmy, le directeur de communication du groupe.

Il ajoute d’ailleurs que “ceux qui viennent chez Naïade Resorts ne sont pas ceux qui fréquentent les stades.” Une affirmation qui ressemble à un argument de vente…

Pour d’autres opérateurs, la coupe du Monde de football serait même un détonateur de vente… pour la destination mauricienne ! Ainsi, chez Beachcomber, on enregistre une tendance à la hausse pour les réservations en provenance du marché allemand. “Les gens ont visiblement envie d’éviter la cohue et choisissent le calme pour leurs vacances”, explique Mikaël Le Luron, du groupe Beachcomber.

Celui-ci se déclare ainsi plutôt optimiste pour le mois de juin, du moins en ce qui concerne le marché allemand. “A la veille de chaque grand événement, on se pose toujours la question de savoir quelle incidence cela aura sur la destination, mais, dans le tourisme, il est difficile de savoir avec précision”, ajoute Mikaël Le Luron.

Difficile en effet… Et Karl Mootoosamy, le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) choisit de couper la poire en deux. “L’effet coupe du Monde est marginal et ne s’applique qu’au contexte européen”, signale le directeur de la MTPA. Pour lui, l’événement footbalistique peut modifier les intentions de voyage des amateurs du ballon rond, pas influencer les tendances globales de voyage.

Quoi qu’il en soit, juin reste le mois le plus difficile de l’année pour la destination mauricienne, avec le plus faible nombre d’arrivées : 42 900 en juin 2005, pour une moyenne mensuelle de 63 000, sur l’année.

Avec parfois quelques sursauts comme en juin 2005, où la destination avait enregistré 10,7 % de croissance des arrivées, par rapport à juin 2004.

Un rayon de soleil dans la grisaille, sans les effets football et chikungunya, il est vrai, mais une belle éclaircie quand même…

Publicité