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La contraception sans tabou

20 novembre 2004, 00:00

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De l’adolescente encore vierge à la mère de famille proche de la ménopause, du couple stable au serial tombeur, les besoins des couples en matière de contraception sont très différents. Il n’y a pas de méthode miracle, selon ses risques personnels, deux soucis doivent guider votre choix : éviter une grossesse non désirée, mais aussi prévenir les maladies sexuellement transmissibles (MST).

A l’adolescence : la double protection

On conçoit facilement le drame que peut provoquer une grossesse non désirée à l’adolescence. A cet âge, plus d’une grossesse sur deux se solde par un avortement. La prévention du sida et des autres MST est par ailleurs indispensable, que ce soit lors du premier rapport sexuel ou au début de toute relation. Mais on sait bien qu’elle est parfois négligée. La présence de ces deux risques conduit à conseiller aux adolescents la double protection, par le préservatif et par la pilule.

La contraception orale semble en effet la meilleure méthode contraceptive pour les jeunes filles, qui doivent bénéficier d’une contraception très efficace, car leur fertilité est optimale, et qui ont très peu de risque de complications sous pilule.

En revanche les méthodes locales (spermicide, diaphragme) doivent être évitées à cet âge, car moins efficaces et, surtout, difficiles à utiliser en pratique. La pilule peut très bien être prise avant même que le premier rapport sexuel soit précisément envisagé, mais cette sécurité, sur le plan contraceptif, ne doit pas conduire à négliger le préservatif le moment venu.

Si le rapport sexuel s’est déroulé sans aucune précaution efficace, il existe une très bonne solution de rattrapage avec la contraception d’urgence ou pilule du lendemain. Il s’agit d’un progestatif (lévonorgestrel ou NorLevo) qui doit être pris en deux fois, le premier comprimé le plus tôt possible dans les 72 heures qui suivent le rapport et le deuxième comprimé entre 12 et 24 heures plus tard.

Jeune femme sans enfant

En cas de rapports épisodiques, le préservatif reste indispensable pour prévenir les MST. A noter qu’il existe un préservatif féminin, efficace pour prévenir les infections. Les spermicides ne sont pas une garantie contre les infections, en revanche ils semblent plus efficaces que le diaphragme associé à la gelée spermicide sur le plan contraceptif. Leur utilisation est toutefois assez contraignante, ce qui conduit, là encore, à souligner l’intérêt de la pilule, surtout lorsque les rapports deviennent plus fréquents.

Lorsqu’une relation stable s’installe, il est naturel d’abandonner le préservatif et de rechercher une contraception plus confortable. Une pilule moyennement dosée semble une bonne méthode, en l’absence de contre-indication. En cas de contre-indication aux oestro-progestatifs, une pilule microdosée, composée d’un progestatif, peut être utilisée.

Les années passant...

Lorsque le couple a déjà eu plusieurs enfants et ne désire pas en avoir d’autres rapidement, le stérilet semble une bonne méthode, car elle est très peu contraignante, sans risque d’oublis, et les stérilets à la progestérone sont très efficaces. L’âge avançant, les contre-indications de la pilule deviennent plus fréquentes.

Après 40 ans, le tabagisme contre-indique ainsi formellement la contraception orale. En l’absence de contre-indication, la préférence doit être accordée à des pilules minidosées. La contraception doit être poursuivie jusqu’à la ménopause complète, car une grossesse reste possible, même lorsque les règles deviennent irrégulières.

Les méthodes naturelles (méthode des températures...), hasardeuses à tout âge, sont encore plus dangereuses durant cette période de la vie car les cycles sont irréguliers. La méthode du retrait, certainement souvent utilisée, ne peut pas être sérieusement conseillée.

La contraception locale ou le stérilet restent de bonnes méthodes. En l’absence de contre-indication, une pilule minidosée peut avoir l’avantage de supprimer les symptômes (bouffées de chaleur, fatigue...) qui accompagnent souvent la périménopause.

Partenaires multiples

Quel que soit l’âge, le fait d’avoir plusieurs partenaires, d’avoir des rapports avec une personne ayant plusieurs partenaires, d’être toxicomane ou d’avoir des rapports avec une personne toxicomane implique un risque élevé de transmission de MST.

L’emploi du préservatif devrait être constant dans ces cas, de même que lors de toute relation débutante. Cela permet de rappeler que la contraception, comme la prévention des MST, est aussi une affaire d’homme.

La méthodes conventionnelle ou naturelle

Certaines méthodes de contraception ne font appel à aucun élément extérieur au corps. Basées sur le contrôle de l’acte sexuel ou sur la prévision des périodes de fertilité, ces méthodes de contraception sont dites conventionnelles ou naturelles.Ces techniques sont basées sur l'interruption de l'acte sexuel avant l'éjaculation ou sur l'abstinence pendant la période fertile.

Le contrôle de l’acte sexuel

La technique du retrait ou coït interrompu avec éjaculation extra-vaginale est une méthode contraceptive utilisée depuis l’antiquité. Cela n’en fait pas, loin s’en faut, la contraception la plus efficace. Outre qu’elle ne protège pas d’éventuelles infections sexuellement transmises, le risque de grossesse, varie de 10 à 20 (soit un risque statistique de 10 à 20 grossesses en un an pour cent femmes utilisant cette méthode).

Les échecs peuvent être expliqués par plusieurs éléments

  • Mauvais contrôles de l’éjaculation

  • Persistance de spermatozoïdes dans l’urètre après l’éjaculation. En cas de nouveau rapport suffisamment rapproché du précédent, ces spermatozoïdes “résiduels” sont excrétés dans le vagin en même temps que les sécrétions urétrales qui précèdent l’éjaculation

  • En cas de glaire cervicale abondante et fluide, les spermatozoïdes déposés sur la vulve peuvent y trouver un milieu suffisant pour débuter leur migration et remonter ainsi tout le vagin jusqu'au col de l’utérus.

Les techniques prévisionnelles

Différentes techniques basées sur la détection de la période fertile du cycle menstruel ont été diffusées largement dans le monde entier depuis des décennies. Elles ont comme point commun l’abstinence périodique. L’intérêt de ce mode de contraception, qui ne présente aucune contre-indication médicale et qui est préconisé par certaines instances religieuses, est de permettre aux femmes d’accroître leurs connaissances de la physiologie de la reproduction pour mettre en application l’un ou l’autre des moyens. Il oblige les deux membres du couple à s’impliquer dans le contrôle de leur fertilité, gage d’une meilleure communication au sein de ce couple.

Un contraceptif masculin enfin efficace !

Après des années d’échecs et de promesses non tenues, le premier contraceptif masculin hormonal semble à portée de main. Un institut de recherche australien vient de prouver l’efficacité de son produit en situation réelle sur 55 couples suivis pendant plus d’un an. Si demain ce traitement est commercialisé, seriez-vous prêt à l’adopter ? Depuis des années, la mise au point d’une pilule pour homme se heurte à deux problèmes majeurs : les caractéristiques reproductrices de l’homme, alors qu’une femme produit un ovule par mois et cesse d’être fertile à la ménopause, l’homme fabrique 30 millions de spermatozoïdes par jour et reste “vert” toute sa vie. Dans les testicules sont formés les spermatozoïdes mais aussi la testostérone, hormone masculine responsable des caractéristiques viriles : pilosité, musculature, etc.

Pour stopper la formation des spermatozoïdes sans pour autant féminiser les patients, les chercheurs australiens ont mis au point une ingénieuse combinaison. Un implant qui doit être changé tous les quatre mois, contenant l’hormone sexuelle masculine, la testostérone et une injection trimestrielle de progestérone DMPA,

hormone utilisée dans la pilule pour femme. Le traitement empêche le cerveau de stimuler la production de sperme. Moins contraignant qu’une pilule quotidienne (dont la mise au point reste hypothétique), ce procédé devait ensuite être testé sur un nombre suffisant de cobayes.

55 couples australiens ont reçu ce traitement tous les trois ou quatre mois afin de stopper la production de spermatozoïde pendant plus d’un an. Durant ces 12 mois, chaque couple ne devait utiliser que ce procédé comme moyen contraceptif. De précédentes études avaient pu confirmer l’arrêt de la production de sperme, mais il s’agit de la première expérience en situation réelle. Résultat : aucune grossesse n’a été enregistrée et ce procédé s’est avéré réversible. Quelques mois après l’arrêt du traitement, tout rentrait dans l’ordre. "C’est la première étape vers un produit final contenant de la testostérone et de la progestérone qui pourra aisément être administré par le médecin généraliste tous les trois ou quatre mois, sans altérer la santé sexuelle," déclare le professeur Handelsman, directeur des recherches. Supportant seules depuis 30 ans, le risque de grossesse, les femmes vont-elles voir d’un bon oeil l’arrivée de ce nouveau procédé ? Selon une enquête internationale portant sur une "pilule masculine", seules 2 % des 2 000 femmes interrogées déclaraient qu’elles ne feraient pas confiance en matière de contraception à leur partenaire et une large majorité estimaient qu’une telle nouveauté serait une bonne idée.

Par ailleurs, les hommes seraient-ils intéressés par un tel procédé ? Une étude internationale conduite à Edimbourg, Hong-Kong, Shangai et Cape Town, estimait qu’une majorité d’hommes était prêt à franchir le pas (entre 43 et 84 % selon la ville). Aux Etats-Unis, 66 % déclaraient vouloir l’essayer en cas de mise sur le marché.

Quelle contraception après un accouchement ?

Vous venez à peine de rentrer à la maison avec votre enfant, heureuse mais fatiguée… et vous n'avez peut-être pas envie de vivre une nouvelle grossesse tout de suite ! Alors n'oubliez pas la contraception… Certaines croyances ont la vie dure… Mais en matière de contraception, il vaut mieux éviter l'approximation. Quelques idées fausses à bannir. "Il ne faut pas reprendre une activité sexuelle sitôt après l'accouchement..."

Si, pourquoi ? Si vous en avez envie, ne vous en privez pas. Il n'y a aucune restriction d'ordre médical à la reprise de l'activité sexuelle. Il vaut mieux attendre quelques jours que les pertes soient terminées, donc que le col de l'utérus soit bien refermé, pour éviter tout risque d'infection. Et si vous avez eu une épisiotomie, attendez qu'elle soit bien cicatrisée, sinon… aïe ! D'ailleurs dans la plupart des cas, c'est plutôt l'envie qui manque. C'est normal, vous êtes très fatiguée, et vous avez d'autres choses en tête. Ne vous inquiétez pas, ça reviendra. "Inutile de penser à la contraception avant le retour de couches" C'est faux... Le retour de couches, c'est la réapparition des règles à la fin d'un cycle, donc il y a déjà eu une ovulation. Il est possible d'ovuler deux semaines après un accouchement, même si dans la plupart des cas l'ovulation est plus tardive (en moyenne 45 jours après). Donc il peut arriver qu'une femme soit à nouveau enceinte aussitôt après avoir accouché. "L'allaitement est un moyen de contraception" C'est faux ! Bien sûr, le fait d'allaiter retarde la date de la première ovulation, mais il est impossible de prédire cette date à coup sûr. Il est donc dangereux de se fier à cela. En revanche, il faut prendre en compte l'allaitement pour choisir la bonne méthode contraceptive. Dans quelques semaines, vous reviendrez sans doute à votre méthode habituelle. Mais pour l'instant, il faut prendre quelques précautions, surtout si vous allaitez.

Le préservatif peut être utilisé sans problème après un accouchement, de même que les spermicides. Le diaphragme n'est plus guère utilisé de nos jours, il est de toute façon à éviter en suite de couches car il risque de bloquer l'écoulement des sécrétions et de favoriser une infection. Il n'est pas recommandé de d'utiliser le stérilet tout de suite. Il faut en effet attendre que l'utérus ait bien repris sa taille normale, sinon si le col est encore dilaté et le stérilet risque d'être expulsé. Il faut donc compter 4 à 6 semaines après un accouchement, plus en cas d'allaitement, et 6 mois après une césarienne. Vous pourrez reprendre votre pilule habituelle si vous n'allaitez pas, et si vous ne présentez pas de contre indication. Cependant il vaut mieux l'éviter dans les suites immédiates de l'accouchement, car la coagulation du sang est plus facile et le risque de phlébite est important.

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