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La Compagnie agricole de Labourdonnais proposera du rhum haut de gamme

16 octobre 2007, 00:00

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Pierre Raffray, general manager de la Compagnie agricole de Labourdonnais (CAL), peut être optimiste. La distillerie de rhum artisanal à Mapou, projet dont il a la charge, pourrait se concrétiser d?ici juillet prochain. Alors que l?industrie sucrière vit des moments difficiles, elle pourrait produire jusqu?à 15 000 litres par jour.

A la différence de ce que pratiquent d?autres distilleries, comme celle de Médine, le créneau choisi serait celui du rhum haut de gamme, avec une forte option sur l?exportation. Le rapport environment impact assessment (EIA) vient d?être déposé. S?il est approuvé en novembre et si les permis sont délivrés à temps, l?échéance de juillet 2008 devrait être respectée. Le choix des machines n?est certes pas encore finalisé, mais la distillerie présente d?ores et déjà de forts atouts.

<B>Emplois directs</B>

D?abord l?impact socioéconomique : CAL se propose non seulement d?investir sur le cachet du château voisin de Labourdonnais mais aussi de rénover une bâtisse qui abritera la distillerie et attirera les touristes. Contremaîtres, maçons, charpentiers, opérateurs? des emplois seront générés au cours de cette phase de rénovation. Il est prévu entre 20 et 30 embauches sur le chantier.

En outre, l?EIA estime que 15 emplois directs, pouvant intéresser ceux qui ont opté pour la retraite volontaire (voluntary retirement scheme), seront créés, alors que plus de 25 personnes travailleraient pour assurer la fourniture et la distribution du rhum.

Il y a deux façons de produire du rhum, explique Pierre Raffray: à la différence de ce qui se pratique à Médine, où la production se fait à partir de mélasse, la distillerie de CAL utilisera du jus de cannes. Ce jus lui sera vendu par l?usine de Belle-Vue. ?Nous bénéficions de l?expertise d?Isautier, fabricant réunionnais, qui possède une expérience de 150 ans dans le domaine et mettrait à notre disposition un procédé de transformation bien rodé.?

Le partenariat avec Isautier a d?ailleurs décidé les responsables de CAL à investir dans une production qui dépasserait la cible du marché local. ?Nous pensons que 30 % pourraient être écoulés ici alors que nous destinons les 70 % restants à des marchés émergents comme l?Inde, avec lequel on entretient depuis peu des conditions préférentielles.?

L?Europe, voire les Etats-Unis sont aussi visés. Cependant, dans le cas de l?Europe, le marché est régi par des appellations contrôlées pour ce genre de produit. ?Les producteurs sont dans l?attente de trouver leur propre dénomination. Cela pourrait se concrétiser l?an prochain avec la poursuite des négociations avec l?Union européenne.?

L?appellation contrôlée s?impose de toute manière pour des raisons de branding. Comment sinon différencier les différents producteurs mauriciens, et les catégories de produits qui seraient proposées ? Cela pourrait être déterminé par le Mauritius Standards Bureau, par Enterprise Mauritius ou encore par la Sugar Authority, commente notre interlocuteur.

<B>Développer la valeur ajoutée</B>

La production de rhum a en effet la cote, particulièrement chez certaines compagnies de l?industrie sucrière. Entre éthanol, parfums et autres produits dérivés, il s?agit aujourd?hui de développer de la valeur ajoutée. Ce genre d?initiative s?inscrit donc dans le droit fil de la diversification et de la restructuration de tout le secteur sucre.

Médine, qui, elle, possède une distillerie de rhum en vrac depuis 1926, se propose d?accroître sa production de quelque 6 millions de litres annuels et de grossir la part de l?exportation, actuellement à environ 50 %.

Saint-Aubin en est à sa quatrième année et pourrait figurer comme un bon élève en matière de clustering. A Savannah, à côté de l?éthanol, le rhum aura sa part, concrétisant ainsi le concept de flexi-industrie.

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