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La CIA se donnait trois ans pour éliminer Ben Laden
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La CIA se donnait trois ans pour éliminer Ben Laden
Trois ans... C?est ce que la CIA s?était donnée comme objectif pour éliminer l?ennemi public numéro un avant le 11 septembre : Oussama Ben Laden. Richard Clarke, chargé la lutte antiterroriste à la Maison Blanche a déclaré mercredi 24 mars lors d?une audience de la commission d?enquête sur les attentats du 11 septembre.
Des agents secrets américains en étaient également persuadés mais les administrations Clinton et Bush auraient entravé leurs efforts pour neutraliser le chef du réseau Al-Qaida, d?après un rapport préliminaire d?une commission d?enquête sur les attentats du 11 septembre.
?Notre objectif était de l?éliminer en tant que menace pour les Etats-Unis?, a expliqué M. Clarke. ?Ce que nous voulions, c?est rendre Al-Qaida aussi inoffensif que l?organisation d?Abou Nidal à la fin de son existence, puisqu?elle ne présentait aucune menace pour les Etats-Unis?, a expliqué M. Clarke. ?C?est ce que nous voulions?, a-t-il dit en soulignant que la CIA jugeait que ?cela serait possible en trois ans au plus tôt?.
?De nombreux agents de la CIA, y compris le numéro deux chargé des opérations, Jim Pavitt, ont reproché aux responsables politiques de ne pas avoir donné à la Centrale l?autorité permettant de mener des opérations efficaces contre ben Laden? en Afghanistan, indique un rapport préliminaire de cette commission.
Alors qu?il était clair pour des membres de l?administration Clinton que le président avait donné son feu vert à la CIA pour éliminer physiquement Ben Laden, la plupart des responsables de la Centrale, y compris son directeur George Tenet, pensaient qu?ils étaient seulement autorisés à le capturer.
Pour l?administration Clinton, ?la seule façon acceptable de tuer ben Laden était dans le cadre d?une opération de capture?, note le rapport. La loi américaine interdit au président de recourir à l?assassinat dans le cadre des opérations des services secrets.
Selon ce document, le commandant Massoud, opposé aux talibans, avait lui-même jugé ridicule le souhait américain de capturer vivant ben Laden. ?Vous les Américains, vous êtes fous, vous ne changerez jamais!?, aurait-il lancé. Deux hauts responsables de la CIA, à l?identité non précisée, ont affirmé aux enquêteurs ?qu?ils auraient été moralement (...) opposés à voir la Centrale impliquée dans une opération visant à assassiner quelqu?un?.
Sandy Berger, l?ex-conseiller pour la sécurité nationale de Bill Clinton, a contesté mercredi devant la commission d?enquête les reproches faits à l?administration démocrate. ?Laissez-moi vous dire qu?il ne pouvait pas y avoir de doute sur les intentions du président Clinton quand il a donné l?ordre en août 1998 de lancer 60 missiles de croisière contre Ben Laden. Je peux vous assurer que ce n?était pas un mandat d?arrêt et que l?objectif était de tuer Ben Laden?, a-t-il ajouté. ?Je pense que le directeur de la CIA comprenait cela?, a ajouté M. Berger, assurant que la Maison Blanche avait ?donné à la Centrale toutes les autorisations qu?elle demandait?.
Peu après son élection à la fin 2000, le président républicain George W. Bush avait demandé à M. Tenet ?si l?élimination physique de Ben Laden réglerait le problème?, selon le rapport de la commission. Le patron de la CIA lui a alors répondu ?que cela aurait sans doute un effet mais ne ferait pas disparaître le danger présenté par Al-Qaïda (...), l?un des plus graves pour les Etats-Unis?.
Mardi, le secrétaire à Défense Donald Rumsfeld avait estimé que ?tuer ben Laden n?aurait pas alors éliminé? Al-Qaida en Afghanistan et ?empêché les attentats du 11 septembre? 2001 alors que des cellules de l?organisation se trouvaient déjà aux Etats-Unis. Pour M. Rumsfeld, comme pour Madeleine Albright, ex-secrétaire d?Etat de Bill Clinton, il aurait été très difficile d?avoir le soutien du Congrès et de la communauté internationale pour une action militaire préventive en Afghanistan avant le 11 septembre 2001. ?Si les agents de la CIA à tous les niveaux de responsabilité se sont (autant) interrogés sur l?efficacité des stratégies adoptées par les responsables politiques pour neutraliser les terroristes, la commission se demande pourquoi elles sont restées inchangées jusqu?au 11 septembre 2001?, indique le document.
Par ailleurs, Richard Clarke a déclaré mercredi que l?administration Bush considérait le terrorisme ?comme un problème important mais non urgent? dans les mois précédant les attentats du 11 septembre 2001. ?Je crois que l?administration Bush pendant les huit premiers mois de son mandat considérait le terrorisme comme un important problème mais non urgent?, a indiqué Richard Clarke, lors d?une audition devant une commission d?enquête sur les attentats de 2001. Il a assuré avoir «essayé» avec le directeur de la CIA George Tenet ?de faire comprendre l?urgence? du problème à l?administration Bush.
Richard Clarke est l?auteur d?un livre qui vient de paraître aux Etats-Unis critiquant l?administration Bush pour avoir, selon lui, négligé la menace d?Al-Qaida contre les Etats-Unis pour se focaliser sur l?Irak de Saddam Hussein.
© Le Monde News Service
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