Publicité
La Cathédrale d?Ananda Devi adaptée au cinéma par son époux
Par
Partager cet article
La Cathédrale d?Ananda Devi adaptée au cinéma par son époux
Harrikrisna Anenden et Ananda Devi : le mari réalisateur et la femme écrivain se préparent à vivre ensemble une grande aventure qui réunira leurs deux passions : l?image et l?écrit. L?époux adaptera, pour le cinéma, La Cathédrale, une des premières nouvelles écrites par son épouse.
Harrikrisna Anenden a commencé à travailler depuis cinq ans sur l?adaptation d?un des ouvrages de sa femme. Il a pris tout son temps avant de porter son choix sur l?un des textes. Ananda Devi voulait que son ?uvre Le cerf-volant soit adaptée mais cela exigeait beaucoup techniquement.
Harrikrisna Anenden a choisi une autre histoire qui raconte une journée dans la vie de Lina, une jeune fille, à Port-Louis. « Nous voulions montrer l?âme de la capitale. Il a fallu modifier un peu l?histoire pour le scénario. Un des changements a été de transformer le marin en photographe. A l?époque où j?ai écrit cette nouvelle, il y avait un vrai problème social avec des marins qui séduisaient des Mauriciennes. Nous avons rendu l?histoire contemporaine », explique de sa douce voix, Ananda Devi.
Son mari, Harrikrisna Anenden travaille pour l?Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S) où il a réalisé plus de deux cent cinquante documentaires. Il a derrière lui une expérience longue de plus de vingt-cinq ans. Avant d?être à l?OMS, il a travaillé au Collège des Ondes. Installé à Genève, avec son épouse, il souhaitait depuis longtemps franchir l?étape du documentaire vers le cinéma de fiction. Nombreux ont été ceux qui l?y ont poussé mais il n?a pas cédé ne se sentant pas suffisamment prêt. « J?avais raison de ne pas m?embarquer dans un projet de fiction sur un coup de tête. Pour La Cathédrale, j?ai pris mon temps. J?y ai bien réfléchi. Pour cette fiction, qui sera du cinéma vérité, les expressions visuelles seront importantes. Il y aura pas mal de jeux de lumières afin d?aider à voir la tristesse ou la gaieté», explique le réalisateur.
La plupart des acteurs ont déjà été trouvés dans le milieu du théâtre. Certains d?entre eux sont déjà connus du public mauricien. Mais Harrikrisna Anenden n?a pas voulu révéler l?identité des acteurs pour le moment. Il attend de finaliser le nom de tous ceux qui feront partie du casting. Au départ, il était prévu que le film soit en français. Mais dès le premier jour du casting, il a été évident pour le couple que l?accent mauricien posait problème. Il a donc été décidé que le film se fera en créole à l?exception du rôle du photographe qui sera tenu par un étranger. Le film sera, par la suite, sous-titré.
<B>Problème de financement</B>
Cependant, le financement est un problème car ce n?est pas facile de trouver des bailleurs de fonds. «Le plus grand problème est le financement. Nous avons présenté un dossier à des bailleurs de fonds européens qui nous ont demandé d?étoffer le rôle du photographe. Nous l?avons fait. Nous recherchons aussi le financement d?entreprises locales. On a fait des demandes auprès des grandes entreprises de Maurice. On espère commencer le tournage en juillet. Pour cela, il faut que nous ayons au moins une partie du financement. Si nous pouvons tourner quelques scènes, nous pourrons les montrer lorsque nous demandons des financements et peut-être les avoir plus facilement», explique Harrikrisna Anenden.
Pour obtenir un financement, il faut déjà que 40% du budget soit réuni. Pour y arriver, Harrikrisna Anenden a trouvé une solution. Ceux qui travailleront sur la technique du film sont principalement des amis. Dans cette grande aventure, ils ont accepté de travailler bénévolement. Si jamais le film engrange des profits, ils seront alors rémunérés. Toutefois dans le dossier de présentation, leurs salaires sont comptés comme ayant déjà été financés. Avec ce stratagème, le réalisateur a montré détenir déjà les 40% requis. Il faut presque treize millions de roupies pour la réalisation de ce film.
Ananda Devi se dit rassurée que la première adaptation d?une de ses ?uvres soit réalisée par son mari. « Je suis moins angoissée. On peut en parler à n?importe quel moment et on discute beaucoup. Je suis de très près toutes les étapes. Je connais bien son travail. Je suis contente que mon livre vive sa vie. Je n?ai pas de sentiment de possession envers mes écrits. Toutefois, je pense que les acteurs vont modifier un peu ma manière d?imaginer mes personnages », avoue l?écrivain à succès.
Publicité
Publicité
Les plus récents