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La Côte d’Ivoire jette le doute sur les perspectives de paix

30 décembre 2004, 00:00

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Le gouvernement de la Côte d’Ivoire a jeté le doute sur les dernières initiatives de paix, mardi, en accusant l’opposition politique de s’opposer à une réforme constitutionnelle découlant des accords de paix conclus en 2003. Le président Laurent Gbagbo avait déjà ulcéré les rebelles en faisant savoir que la réforme en question, censée permettre au dirigeant d’opposition Alassane Ouattara de se présenter à la présidence, devrait être soumise à référendum avant d’entrer en vigueur. Les rebelles qui contrôlent le nord du pays ne veulent pas d’un référendum, les autorités considérant qu’un vote populaire ne pourrait avoir lieu que si les insurgés ont déposé les armes – ce à quoi ils se refusent.

L’ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès de l’Onu, Philippe Djangone-Bi, a corsé le problème en informant le Conseil de sécurité que la question ne pourrait même pas faire l’objet d’un référendum sans conditions, les changements constitutionnels de ce type requérant la majorité des deux tiers du parlement. Dans une lettre au Conseil, l’ambassadeur note que la majorité du parlement ivoirien souhaite l’adoption de la loi, mais que, du fait qu’il s’agit d’une loi organique, elle doit être adoptée à la majorité des deux tiers.

Les 89 représentants de l’opposition ayant refusé de voter, on se trouve dans une impasse dont la responsabilité incombe au “groupe parlementaire qui a jugé bon de s’abstenir”, ajoute l’ambassadeur, ajou- tant qu’il revient au Conseil d’aider le pays à sortir de cette impasse. Le parlement ivoirien a approuvé un amendement qui permet à toute personne née d’un seul parent ivoirien de briguer la présidence du pays, ce qui répond à une exigence clé des rebelles et autoriserait Ouattara, opposant et ex-Premier ministre, à se présenter à la magistrature suprême en 2005. En vertu des accords de paix, Gbagbo a accepté de soutenir cette mesure mais il s’est depuis lors abstenu de favoriser la suite du processus.

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