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La boxe, chemin du bonheur
«Ça sentait le roussi dans le domaine du travail et du sport. C?est pourquoi j?ai choisi de tout laisser à Maurice et de tenter ma chance en Tunisie, au pays de mon épouse, Sondes», confie d?emblée Mahen Jhurry. Leur histoire d?amour débute à Tunis en avril 2003. C?est là que se déroulent les championnats d?Afrique de boxe française. Celui qui est à l?époque entraîneur national y a accompagné Géraldo Thomasoo qui va devenir champion d?Afrique.
Sondes est pour sa part membre de la Fédération tunisienne de judo et elle a été invitée par la Fédération de boxe française de son pays à assister aux championnats d?Afrique qui se tenaient dans la capitale, Tunis. «Quand j?ai croisé Sondes, ce fut le coup de foudre. Nous avons échangé nos adresses électroniques et gardé contact. Je l?ai invitée à Maurice pour mon anniversaire. Elle est tombée amoureuse de moi et de l?île Maurice et nous nous sommes mariés le 14 juillet 2003», raconte Mahen Jhurry.
Pour les nouveaux mariés, la vie n?est pas facile à l?époque. « Sondes donnait des cours d?arabe, des cours de danse et de langues. Elle a aussi travaillé comme secrétaire à l?ambassade d?Egypte.» Il tenait une boutique mais la cherté de la location rendait son entreprise difficile. Il arrivait à joindre les deux bouts mais il n?était pas en mesure de voir la vie sous les meilleurs auspices. « La vie n?était ni facile ni difficile. Mais j?avais l?impression de stagner. J?étouffais face à certaines mentalités. Il fallait que j?évolue.», souligne-t-il.
D?où la décision de Mahen Jhurry après mûre réflexion de mettre le cap sur la Tunisie. Terrible défi pour celui qui a toujours vécu à Mau-rice et qui va se retrouver en pays étranger, face à une langue dont il ne comprend que quelques mots et un mode de vie totalement différent du sien.
«Quand on est un battant, on réussit toujours. Dans la vie comme dans la boxe, on peut tomber une fois, deux fois, mais on doit se relever.»
Il avait eu l?occasion durant trois voyages effectués dans ce pays de prospecter et d?étudier les perspectives qui s?offraient à lui. Il se donne alors une dernière chance de réussir à Maurice tout en songeant que la Tunisie serait son pays d?adoption si son business ne décollait pas ici.
C?est la décision qu?il prend à la fin de 2006. Et en février 2007, son épouse et lui partent pour la Tunisie. « J?étais bien placé pour décrocher un boulot dès mon arrivée mais cela a pris plus de temps que prévu car il me fallait obtenir mon permis de séjour. Mais je n?ai pas chômé un seul instant. J?ai donné des cours d?anglais à domicile, des cours d?anglais axés sur le management à des hommes d?affaires. J?ai donné aussi des cours de boxe dans trois clubs six soirs par semaine. J?ai aidé les fédérations tunisiennes de kick-boxing et de boxe française dans la préparation de leurs tireurs pour le dernier championnat du monde.» Mahen Jhurry est le cadet d?une famille de cinq enfants. Il a vu le jour dans le petit village de Saint-Hubert dans le sud de l?île. Fils de laboureur, il fréquente l?école primaire de Saint-Hubert puis poursuit ses classes au collège Presidency jusqu?au School Certificate. Il débarque à Cassis en 1983. Il découvre le monde du travail dans le commerce de son oncle tout en poursuivant ses études en Electrical and Mechanical Engineering. C?est à Port-Louis qu?il découvre la boxe française. Pas par passion mais par envie de pratiquer un sport de combat pour se défouler et apprendre à se défendre.
Il habite chez ses cousins et fait plusieurs petits boulots dans la zone franche avant d?atterrir à Gilbeys. Grâce à cette compagnie, il pourra poursuivre ses études et les terminer en Angleterre. Gilbeys le soutient également lors de ses déplacements et ses stages de boxe française et parraine même le Club du Nord qu?il a créé. Gilbeys lui offre des équipements et, chose rare dans le domaine de la boxe, un ring.
«J?y ai passé une bonne dizaine d?années avant de prendre de l?emploi dans une compagnie privée spécialisée dans le transport à l?aéroport de Plaisance. Avant de tenter en 2000 de me reconvertir en gérant de boutique.» Mais la concurrence était trop rude. D?où son choix de tourner cette page-là aussi.
Le destin lui réservait de belles surprises à El Hadika où il s?installe à son arrivée en Tunisie. Notamment celle qui s?appelle General Motors Technology. «J?ai fait mon entrée à General Motors Technology grâce à mon emploi dans un club haut de gamme nommé Aquagym. C?est un des plus grands clubs de Tunisie que fréquentent la haute société, les ministres, les hommes d?affaires. Mon futur patron Lasaad Ayari était membre de ce club et cherchait un garde du corps. Le directeur lui a confié que je serais l?homme idéal pour remplir ce poste. J?ai pris contact avec lui. Les choses sont allées bien vite. Il a été surpris par mon C.V. et le fait que je parle plusieurs langues. J?avais pour responsabilité au début de l?accompagner lors de ses voyages à l?étranger mais il m?a dit qu?il me réservait une petite surprise et, un mois plus tard, il m?a offert le poste de general manager de sa compagnie à El Manar, dans la capitale. Il m?a dit qu?il me trouvait capable d?assumer ces fonctions et je n?ai pas refusé. Je suis responsable de toute l?administration.»
General Motors Technology est présente dans l?immobilier, l?électronique, l?électroménager, l?automobile et les caméras de surveillance, entre autres. Elle possède également une usine de montage. Mahen Jhurry s?occupe des relations internationales et de la formation. « Je suis toujours aux cotés de mon patron durant ses déplacements. J?ai pris du galon et les gens me respectent même si je fais des jaloux au sein de la compagnie. La General Motors Technology est plus dans la technologie moderne et compte ouvrir une usine de montage de DVD et de CD en Tunisie. Nous nous rendons en Inde au mois de novembre pour négocier avec la compagnie Tata. Nous sommes associés avec le groupe égyptien milliardaire Bahgat dans l?immobilier. Plusieurs gros lots de terrains ont été acquis pour de grands projets.»
Cela encourage Mahen Jhurry à ouvrir sa propre boîte d?ici deux ans. « J?étudie les différentes filières. Quand on est un battant, on réussit toujours. Dans la vie comme dans la boxe, on peut tomber une fois, deux fois, mais on doit se relever. Je suis et je reste Mauricien car si je suis là aujourd?hui, c?est grâce aux leçons apprises des bonnes et mauvaises choses, à l?expérience ainsi accumulée à Maurice.»
Mahen Jhurry prépare un certain nombre de projets pour son patron afin que lui et d?autres hommes d?affaires puissent investir à Maurice. «C?est en bonne voie. Il m?a donné son aval pour plus de recherches sur Maurice, recherches que je lui ferai découvrir prochainement. Nos prochaines destinations sont Dubayy, l?Egypte, la Chine, l?Inde et finalement Maurice.»
Sa réussite, il l?associe directement à sa femme Sondes, son porte-bonheur, qui est analyste tarifaire à Air France. « Elle m?a beaucoup aidé et soutenu, à Maurice comme en Tunisie », reconnaît-il. Derrière chaque homme qui réussit, ne dit-on pas qu?il y a une femme?
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