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La boutique Paris a brûlé
Trois heures, vendredi dernier. La boutique Paris est pleine de monde. Ils sont une dizaine à aider la propriétaire, Roselyne Lim Feng Chow, appelée Madame Paris, à récupérer les articles qui ont pu être sauvés dans sa boutique après qu?elle a été la proie des flammes, il y a deux semaines.
?Nous lui donnons un coup de main car elle est un commis hors pair. Les facilités qu?elle nous offre, aucune autre boutique de la région n?en fait autant. Cela fait plus de 30 ans que je fais mes courses chez elle. On ne veut pas que la boutique ferme définitivement ses portes?, confie, Sobha Boojawan, venue acheter trois kilos de farine. A la vue de la voiture de l?express, Idris Ellahee, client fidèle de la boutique, sourit. ?Li bon ou fair dimun conne zistwar ca la boutik chinois-la. Longtem nu ti pé acheté planche Singapour 16 pieds six roupies et cinquante sous enn. Nu ti gagne oussi di pain, du bois?, explique t-il.
Baby Mono est parmi les volontaires qui aident Madame Paris. Comme tous les autres, elle souhaite que la boutique ne ferme pas ses portes.
La boutique Paris de Rivière-des- Anguilles respirait la vie d?antan Roselyne Feng Chow, faisait tout pour maintenir le cachet d?autrefois. De petite taille, elle gérait de main de maître son commerce.
Construite en tôle avec l?architecture de l?époque, avec un grenier au plafond, la boutique Paris offrait toujours un service devenu de plus en plus rare avec sa touche couleur locale.
Dans des barils au coin de la boutique, les clients pouvaient encore acheter un quart dl?huile de cuisson. Un demi-kilo de sel, du sucre et de la farine. De la pommade verte, devenue rare sur marché est encore disponible sur les étagères. La boutique était à la fois librairie et magasin d?articles divers alors que les parents pouvaient trouver les fournitures scolaires pour leur progéniture. Comme dans toutes les boutik chinois, il y avait un petit rayon d?articles en porcelaine.
Madame Paris, bouleversée par les récents évènements, raconte comment elle, la Mauricienne, d?origine chinoise, s?est installée à Rivière-des- Anguilles. C?était après son mariage iI y a 30 ans: elle est venue y travailler avec son mari et ils ont ouvert la boutique Paris. Veuve depuis bientôt 20 ans, elle a surmonté les obstacles tout en restant proche de ses clients. Le sort tragique qu?a connu sa boutique l?a chamboulée. ?Vous n?allez peut-être pas me croire, mais la veille du drame, une amie de ma s?ur l?a appelée. Elle lui a dit qu?elle avait rêvé que la boutique Paris était en feu. Je n?ai pas pris ces paroles au sérieux?, raconte-t-elle.
Maintenant que sa boutique a été endommagée, elle n?a pas encore décidé si elle continuera à travailler. Cependant, si elle devaitdéfinitivement partir, ce serait avec tristesse. ?Je ne sais pas encore si je vais fermer la boutique. J?aime Rivière-des-Anguilles. C?est un village tranquille et les gens sont corrects?, ajoute-t-elle. A 54 ans, Madame Paris devra décider : la retraite ou pas.
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