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La boutique François sert depuis 40 ans
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La boutique François sert depuis 40 ans
Malgré l?usure du temps et la prolifération des supermarchés, la boutique François, à L?Agrément, Saint-Pierre, a conservé sa réputation d?antan. On y trouve de tout et on peut encore avoir recours au fameux karne kredi pour s?approvisionner.
Le propriétaire, François Ng Yuk Shing, 68 ans, a passé quarante-trois ans derrrière le comptoir. Son épouse, Suzanne, et lui gardent le même enthousiasme qu?à leur début et sont toujours aux petits soins pour les clients. ?Nos clients sont comme des membres de notre famille. Nous opérons à la fois comme une tabagie, une boutique et une quincaillerie?, explique François, esquissant un large sourire.
Riz de ration, grains secs, cigarettes, boissons alcoolisées, peinture, accessoires pour maison et différents autres produits sont commercialisés. Au fil des années, la boutique s?est transformée en un véritable entrepôt où est stocké une multitude de produits.
Suresh Makoond, 70 ans, est l?un des fidèles clients. Souvent, il passe des heures à la boutique. Entre deux bouffées de tabac, il entame la conversation avec le couple : ?Le bâtiment abritant la boutique était une ancienne maison coloniale. Je le connais depuis mon enfance?, confie Suresh Makoond.
Le bâtiment a encore ses murs en pierre de taille et une toiture en tôle, datant de l?époque coloniale. Avant l?arrivée de François, c?est son beau-frère, George Easton, qui y exerçait comme boutiquier pendant dix-huit ans.
François reconnaît que depuis l?avènement des supermarchés, l?avenir des boutiques est sombre. ?Nous avons connu trois à quatre générations de clients. Nous accordons encore des crédits à nos clients. Il y a ceux qui s?étaient approvisionnés pour le mariage de leurs enfants depuis trente ans et qui continuent aujourd?hui encore à nous rembourser?, affirme-t-il.
Débuts difficiles
Le boutiquier se souvient de ses débuts difficiles. ?Ti letan margoz. Mo ti travay set er gramatin ziska set er tanto. Lavant ti zis Rs 10. Mo ti pe vann zis tomat, poison sale ek grain sek?, confie François.
Ce dernier est très attaché à son métier. ?J?y ai consacré toute ma vie. Cette boutique m?a permis d?élever et d?éduquer mes cinq enfants. Je travaille et je dors dans ce bâtiment que je loue. Mais je suis attristé que la relève ne sera pas assurée. Aucun de mes enfants ne voudra travailler dans la boutique?.
Comme son père était boutiquier à Mahébourg, François a commencé à exercer ce métier depuis l?âge de 13 ans.
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