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La Bosnie reste dans l''impasse
Les élections générales organisées dimanche en Bosnie ont confirmé les profondes divisions ethniques, ce qui risque de peser sur les perspectives d''''adhésion à l''Union européenne de l''ensemble des pays des Balkans.
Du côté de la République serbe (région autonome), le SNSD du Premier ministre Milorad Dodik, qui menace d''engager un processus de sécession, est arrivé en tête. Du  côté de la Fédération croato-musulmane, le SDP, principal parti de l''opposition et formation multi-ethnique, est le grand vainqueur du scrutin, d''après les résultats connus ce lundi.
Le vote de dimanche illustre les divisions persistantes qui empêchent les institutions de fonctionner correctement 15 ans après la fin d''une guerre qui a fait 100.000 morts, le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Pour des diplomates et des spécialistes de la région, seule la communauté internationale, qui dispose de prérogatives importantes via son Haut Représentant, est en mesure de faire sortir la Bosnie de l''impasse, à condition que l''Union européenne et les Etats-Unis s''engagent de manière plus active et coordonnée.
Au cœur des problèmes politiques de la Bosnie se trouvent les divisions ethniques réveillées par la dislocation de l''ancienne Yougoslavie en 1991. La majorité de la population bosniaque descend des mêmes peuplades slaves du sud de l''Europe. Une frange importante s''est convertie à l''islam en raison de la domination de l''empire ottoman pendant des siècles. Quelles que soient leurs croyances, voire leur absence de foi, les habitants sont désignés en fonction de leurs origines religieuses.
Musulmans, catholiques, chrétiens orthodoxes et juifs cohabitaient pacifiquement autrefois à Sarajevo. De modèle de tolérance, la capitale bosniaque s''est transformée au début des années 1990 en symbole de haine.
Majoritaires, les musulmans réclament un Etat central fort. Deuxièmes en nombre, les Serbes prônent une plus grande autonomie. Milorad Dodik a même évoqué la possibilité d''une scission dans un délai de quelques années puisque les accords conclus en 1995 à Dayton aux Etats-Unis ont préservé l''entité serbe formée durant la guerre de 1992-1995.
Les efforts diplomatiques européens et américains pour promouvoir le changement en Bosnie en échange d''un rapprochement plus rapide avec l''UE et l''Otan ont buté sur les divisions ethniques. Pour certains observateurs, l''Europe et ses promesses de prospérité ne suffisent plus à convaincre.
Depuis la fin de la guerre, la Bosnie est divisée en deux entités, la RS et la Fédération croato-muslmane, unies par de faibles institutions centrales. La présidence collégiale bosnienne, dont les pouvoirs sont notables en matière notamment de politique étrangère et de défense, se compose de trois représentants, un Musulman, un Serbe et un Croate.
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