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La Banque centrale veut soulager le marché des devises

28 septembre 2006, 00:00

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L?accalmie au bout du tunnel. Le marché forex est en droit d?attendre un apaisement après une longue période de perturbation. ?La Banque centrale interviendra de manière positive et une amélioration au niveau des devises étrangères est à prévoir dans les semaines à venir sur le marché local?, indique Ramesh Basant Roi, gouverneur de la Banque de Maurice, dans une déclaration à l?express.

Les opérateurs continuent à subir les effets d?un resserrement dans l?approvisionnement de monnaies étrangères. Les importateurs craignent que les commandes passées pour les fêtes de fin d?année ne fassent les frais de cette politique de rationnement.

Même si les banques accordent une certaine préférence aux importateurs (par rapport aux investisseurs, par exemple) pour ne pas pénaliser leurs activités, il y a des contraintes qu?elles ne peuvent ignorer. Ainsi, les banques et cambistes ont approvisionné en priorité les opérateurs qui font venir des produits de première nécessité. Ceux qui importent les articles de luxe, par exemple, ont été quelque peu pénalisés.

Le manque de liquidités dans le circuit forex met la pression sur le taux de change de la roupie. Face à ce danger, la Banque centrale est intervenue à plusieurs reprises ces derniers temps pour atténuer la chute de la monnaie locale. Elle avait relevé le taux Lombard ? le taux indicateur ? de 12 % à 13 % le 11 septembre dernier. Cette démarche se voulait en premier lieu un signal aux entreprises et particuliers qui détiennent des devises, mais qui ne souhaitent pas les convertir en roupies. Ceux-ci spéculent, en fait, sur la dépréciation de la roupie et préfèrent préserver leurs précieuses monnaies étrangères.

Agir en anticipant

Ce phénomène a largement perturbé le niveau de liquidités sur le marché, surtout à un moment où les devises étaient en grande demande notamment avec le départ de nombreux Mauriciens pour des études à l?étranger.

En relevant le Lombard Rate par 100 points de base, la Banque centrale a voulu apporter plus de penchant aux actifs libellés en roupies aux yeux des investisseurs et des spéculateurs.

La Banque centrale est également intervenue directement sur le marché de change le mois dernier en y injectant des dollars pour un montant de $31 millions (Rs 1 milliard).

Pour de nombreux observateurs, ces mesures interviennent un peu tard. Ils reprochent aux autorités monétaires d?agir par réaction et non pas en anticipation pour freiner la spéculation sur la roupie.

La Banque centrale peut cette fois-ci injecter un volume plus important de billets verts sur le marché. Ou encore, elle peut rehausser une nouvelle fois le taux Lombard dans le but de tonifier la monnaie locale pour qu?elle résiste mieux aux attaques des devises fortes.

Mais les répercussions d?une hausse du loyer de l?argent sur l?investissement ne peut être ignoré. Par ailleurs, la Banque de Maurice joue aussi la prudence par rapport à l?option d?approvisionner le marché en devises.

Elle ne souhaite pas trop toucher aux réserves pour régler des déficits conjoncturels. Elle estime que le taux de change devrait refléter les fondamentaux économiques et non la situation du moment sur le marché de change.

En effet, la faiblesse de la roupie trouve son origine dans les déséquilibres structurels de l?économie mauricienne dont le faible taux de productivité et un déficit extérieur en hausse.

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