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La banque centrale laissera les taux inchangés, selon les analystes

20 août 2007, 00:00

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Pas de changement de direction malgré les turbulences. Le Monetary Policy Committee (MPC) de la Banque de Maurice se réunit demain pour décider de l?évolution du repo rate (taux directeur sur le marché) pour les deux prochains mois. Le marché ne s?attend toutefois pas à un changement dans les taux d?intérêt. La crise financière internationale ne représente pour l?instant aucune menace pour l?économie mauricienne.

Le MPC avait lors de sa dernière réunion le 30 juin dernier rehaussé le taux directeur de 8,5 % à 9,25 %. Cet ajustement visait essentiellement à contenir une inflation galopante (alors 10,7 %). L?objectif est toujours le même. Les observateurs estiment cependant que la roupie va bien se comporter contre le dollar dans les prochains mois créant ainsi des conditions pour mieux gérer l?inflation importée.

Le baromètre PluriConseil-l?express qui sera publié dans l?express de mercredi prochain révèle que 80% des analystes interrogés (une trentaine) estiment que la banque centrale va laisser le repo rate inchangé non seulement cette fois-ci mais aussi lors de la réunion du MPC en octobre prochain (le comité se réunit normalement chaque deux mois).

Le marché des changes bénéficie d?une conjoncture favorable notamment avec des rentrées de devises confortables (recettes touristes et flux d?investissements étrangers) et des signaux plus clairs de la part des autorités monétaires. ?Les opérateurs voient une volonté de la Banque de Maurice de stabiliser la roupie et réduire l?inflation. De ce fait, ils ne spéculent pas contre la monnaie locale?, dit Eric Ng, directeur du cabinet PluriConseil.

?La roupie va rester stable, voire s?apprécier contre le dollar d?ici la fin de l?année. Elle peut toutefois fléchir légèrement vis-à-vis de l?euro?, pronostique Sameer Sharma, analyste financier chez Investment Professionals (IPRO). La monnaie locale pourra profiter de la faiblesse relative du billet vert dans le sillage de la crise financière internationale. ?La Réserve fédérale sera contrainte de baisser les taux d?intérêt afin d?enrayer les risques que l?économie américaine ne sombre dans une récession avec les instabilités autour du marché des crédits immobiliers à risques (sub prime mortgage)?, explique-t-il. La différentielle sur les taux d?intérêt en vigueur à Maurice et aux Etats-Unis jouera en faveur de la roupie.

Pour ces raisons, les membres du MPC n?ont pas à s?inquiéter outre mesure des répercussions possibles de l?agitation aux Etats-Unis, en Europe et en Asie sur l?économie mauricienne.

Maurice est jusqu?ici épargnée par le mouvement de désinvestissement sur les grandes places financières. Les fonds étrangers maintiennent leurs investissements à la Bourse de Maurice. En fait, le marché boursier a même enregistré une injection nette des investisseurs étrangers durant la semaine écoulée.

?Il n?y a pas d?effet de contagion sur le marché boursier local. Les étrangers continuent à investir à Maurice. Le recul qu?a connu le Semdex (l?indice principal du marché) la semaine dernière est le fait de facteurs locaux. En effet, les investisseurs estiment que le marché a atteint sa limite et ont engagé des prises de bénéfices. Cela n?a rien à voir avec la crise internationale?, soutient Eric Ng.

La Bourse mauricienne est à l?abri des instabilités surtout en raison de sa faible corrélation avec les grandes places boursières. ?Les investisseurs internationaux vont en fait profiter de la faible corrélation pour diversifier leurs risques. Ils vont explorer davantage les marchés africains car ces derniers ne bougent pas en parallèle avec les autres marchés?, souligne Sameer Sharma.

Les marchés financiers européens et asiatiques ont fait les frais de la crise du sub-prime mortgage aux Etats-Unis dans la mesure où les banques américaines engagées dans ces crédits à risques ont revendu les dettes à d?autres institutions financières à travers le monde. ?La globalisation de la finance fait que la crise est très étendue?, avance un trésorier de banque.

Les institutions financières ont commencé à liquider leurs investissements afin de couvrir les pertes encourues avec les crédits immobiliers à risque. D?où le déclin accéléré des Bourses.

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